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La formation aux adultes manque de fonds, déplore un syndicat

Une pile de manuels scolaires, dictionnaire, atlas sur un bureau en bois dans une salle de classe.

Il y a autant d'élèves à l'éducation des adultes que dans le réseau collégial public.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Lacelle

La Presse canadienne

L'éducation des adultes souffre d'un sous-financement, le soutien aux élèves est inadéquat, et les trois quarts des enseignants de ce secteur ont un statut précaire, dénonce un important syndicat d'enseignants.

La Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE), un syndicat affilié à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), estime qu'il s'agit d'obstacles nuisant à la capacité d'action du secteur. Le syndicat dresse ce constat à la veille de la deuxième Semaine de la formation générale des adultes, qu'elle organise.

L'éducation des adultes, qui a été créée pour répondre aux besoins d'adultes qui retournaient suivre une formation, est de plus en plus devenue une courroie pour des jeunes qui n'ont pas terminé leur secondaire, explique la présidente de la FSE, Josée Scalabrini.

« On n'a jamais pris l'ampleur des besoins », dit-elle.

Plusieurs de ces décrocheurs bénéficiaient de l'aide de professionnels en comportement ou en santé mentale quand ils étaient au secondaire. Or, Mme Scalabrini dit qu'à l'éducation des adultes les enseignants ne sont pas appuyés par les services dont ils ont besoin.

« Un jeune qui avait une difficulté d'apprentissage au secondaire a encore la même difficulté d'apprentissage », lance-t-elle.

En entrevue avec La Presse canadienne, Mme Scalabrini, ajoute que les enseignants se retrouvent dans des situations où ils enseignent différentes matières à des élèves de différents âges et de différents niveaux.

« Tu peux te retrouver dans une classe dans laquelle est enseigné de l'univers social, des mathématiques et du français, à des gens qui ont des besoins équivalents à un secondaire un, trois et cinq en même temps », raconte-t-elle.

Selon elle, les enseignants ne sont ni plus ni moins que « des hommes et des femmes-orchestres qui font des miracles avec des élèves très différents les uns des autres ».

Près de 200 000 élèves

Selon la FSE, la solution passe d'abord par une meilleure connaissance de ce secteur par la population et les décideurs. « Qui sait qu'il y a autant d'élèves à l'éducation des adultes qu'au collégial [public]? », demande Josée Scalabrini.

Mme Scalabrini souligne également que 16 % des diplômés du secondaire sont issus de ce secteur.

« Plus on va le faire connaître, plus le financement qui devrait être là et l'accompagnement qu'on doit donner à ces gens-là suivront », estime-t-elle.

Selon Josée Scalabrini, cette formation permet à des jeunes qui ont décroché de regagner confiance en eux et de poursuivre leur parcours.

Selon la Fédération des cégeps, la population totale du réseau collégial public est de 195 653 étudiants.

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