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Les services de garde en milieu familial non subventionnés se liguent

Gros plan sur des blocs déposés sur une table, avec des enfants en arrière plan

La Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec est de passage en Outaouais lundi.

Photo : Radio-Canada / Patrick Pilon

Les services de garde en milieu familial non subventionnés parleront bientôt d'une même voix devant le ministère de la Famille puisqu'ils craignent de faire face à une centaine de fermetures d'ici septembre, et ce, dans toutes les régions du Québec.

Alors qu'approche l'échéance à laquelle ces services de garde devront se conformer à plusieurs nouvelles règles du ministère, la création de l'Association québécoise des milieux familiaux éducatifs privés est en voie d'être officialisée.

Une centaine de responsables en sont membres pour le moment. L'association espère en rejoindre des centaines d'autres.

Les propriétaires de services de garde privés en milieu familial non subventionnés doivent se soumettre à de nouvelles dispositions d'ici le 1er septembre.

Si le ministère n'assouplit pas la nouvelle loi 143, des fermetures massives de ces garderies en milieu familial pourraient survenir, indique la vice-présidente de la nouvelle association, Audrey Blouin. On prévoit notamment une vague de fermetures le 1er août.

Par exemple, en vertu de ces règles, il sera impossible pour un propriétaire d'être remplacé en cas d'empêchement. La seule option sera de fermer le service pour la journée si une responsable doit s'absenter.

Les changements apportés aux ratios imposent aussi des contraintes et de l'incertitude financière. Ces services de garde ne pourront accueillir plus de six enfants, dont un maximum de deux poupons de moins de 18 mois.

De plus, les propres enfants des propriétaires, s'ils sont âgés de moins de neuf ans, devront être comptabilisés dans ce ratio, ce qui n'était pas le cas auparavant.

Une mère qui a déjà deux enfants ne pourrait donc en accueillir que quatre, ce qui représente une perte de revenus.

Il y a beaucoup de milieux familiaux qui ont fermé leurs portes. Avec la baisse de ratio et le non-remplacement, les filles se trouvent dépourvues par la nouvelle loi.

Audrey Blouin, vice-présidente de l'Association québécoise des milieux éducatifs familiaux privés

Melody Normandin, de Gatineau, prévoit fermer le 1er août. Elle doit s'absenter à quelques reprises chaque année pour des suivis médicaux. La nouvelle politique l'empêchant d'être remplacée la décourage de continuer. « Ça deviendrait ridicule de toujours fermer », dit-elle.

Mère de trois enfants de moins de neuf ans, elle n'aurait pas le choix d'envoyer ses propres enfants en milieu de garde ailleurs, ou encore de laisser partir deux des cinq enfants dont elle s'occupe actuellement.

Mme Normandin charge 30$ par jour par enfant. Elle se refuse à augmenter ses tarifs.

Une voix plus forte

La création de l'association permettra à ces éducatrices d'être entendues, affirme Mme Blouin. Elles étaient auparavant tenues « à l'écart ». On va avoir une voix collective au gouvernement. Quand on s’expliquait, on s’expliquait individuellement pour notre milieu de garde », précise-t-elle.

Une centaine de responsables en sont membres. Mme Blouin espère aller chercher « la majorité » des « quelques miliers » de propriétaires. Les parents utilisateurs sont aussi invités à appuyer le mouvement.

Audrey Blouin, vice-présidente de l’Association québécoise des milieux éducatifs familiaux privésAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Audrey Blouin, vice-présidente de l’Association québécoise des milieux éducatifs familiaux privés.

Photo : Radio-Canada

L'association n'est pas contre l'ensemble des dispositions de la loi 143. Selon Audrey Blouin, certaines règles, comme la formation RCR obligatoire, viennent uniformiser la qualité des services.

« Je crois que les milieux qui étaient moins conformes vont naturellement se tasser pour faire place aux milieux de qualité », dit-elle.

Mme Blouin, qui travaille à Sherbrooke, a déjà rencontré sa députée locale, Geneviève Hébert, de la Coalition avenir Québec. C'est elle qui doit remettre le dossier au ministre de la Famille, Mathieu Lacombe.

Ce dernier a annoncé, en février, des mesures « d'accélération » pour développer des places en garderies subventionnées au Québec.

En marge de cette annonce, le premier ministre François Legault affirmait que son plan de développement pour les classes de maternelle 4 ans ne devait pas faire peur aux centres de la petite enfance (CPE) subventionnés.

« Peut-être que les garderies privées pourraient être inquiètes, mais pas les CPE », avait-il dit.

Avec la collaboration de Charles D'Amboise

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