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Découvrir la communauté franco-torontoise un clic à la fois

Une jeune femme et un jeune homme donne des conseils à une dame âgée assise devant une tablette.

Le vendredi matin, Alaina Thomas et Juan Moncaleano donnent des cours d'initiation aux médias sociaux au Centre Héritage de Toronto dans le cadre d'un programme de stage en français au Collège universitaire Glendon.

Photo : Radio-Canada / Paul Andre St-Onge Fleurent

Xavier Savard-Fournier

Ils sont deux jeunes universitaires du Collège universitaire Glendon, l'une anglophone, l'autre hispanophone, et pourtant, c'est au Centre d'accueil Héritage de Toronto qu'ils préfèrent passer leurs vendredis, entourés de francophones.

Depuis maintenant 12 semaines, Juan Moncaleano et Alaina Thomas sont stagiaires au centre, où ils ont pour mission de prodiguer des conseils en matière de nouvelles technologies et de médias sociaux aux résidents.

J’ai toujours voulu faire un stage pour améliorer mon français, surtout avec les personnes âgées. Je trouve que c’est une population que les personnes comme moi, étudiantes, anglophones, n’ont pas souvent l’occasion de rencontrer, raconte Alaina Thomas.

Mais qui apprend vraiment le plus de l’autre? Ce n’est pas si évident. L’échange permet surtout aux deux comparses de s’immerger dans la culture franco-ontarienne et francophone de Toronto.

Au début j’étais un peu gêné, parce que j’ai encore l’accent espagnol. Mais les gens étaient gentils, ils étaient accueillants , explique Juan Moncaleano, un Colombien arrivé au pays il y a sept ans. J’ai trouvé qu’ils étaient vraiment ouverts à de nouvelles personnes. S’ils voient que tu fais un effort pour parler français, ils vont vraiment t’aider.

Juan Moncaleano en discussion avec un résident du Centre d'accueil Héritage de TorontoAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Juan Moncaleano en discussion avec un résident du Centre Héritage de Toronto

Photo : Radio-Canada / Paul Andre St-Onge Fleurent

Entre la création de comptes Facebook et les cours d’utilisation de tablettes électroniques, Juan et Alaina ont appris bien plus que le français. Ils ont pris conscience de la diversité de la francophonie torontoise, de son histoire et de ses défis, notamment de la discrimination dont certains résidents du centre ont dit avoir souffert au cours de leur vie.

Perdre sa culture

Une autre chose qu'ont remarquée les deux étudiants, c’est la peur des résidents de voir leurs enfants perdre leur culture francophone et ne plus parler français.

Ils sont très fiers de leur culture française, alors c’est difficile pour eux de parler avec leur famille en anglais.

Juan Moncaleano

Les stagiaires comprennent alors ce que peut représenter le désir de protéger sa culture, de se battre pour parler français.

Dans le cas de Juan, pas de surprise ici. Il connaît très bien l’importance de valoriser ses propres racines. C’est un discours que ses parents lui tiennent chaque jour depuis son arrivée au Canada.

Je vois que mes parents essayent de faire la même chose avec moi. Même si je suis dans un environnement anglais ou français, ils veulent que je protège mon identité espagnole. Donc, avec les résidents, c’était la même chose, et j’ai vraiment aimé ça, explique dans un sourire le jeune homme de 20 ans.

Pour Alaina, c’était l’occasion de mieux comprendre la distance qui sépare parfois anglophones et francophones à Toronto. Une distance influencée encore plus, dans ce cas, par l’âge des interlocuteurs.

Alaina Thomas, étudiante au Collège universitaire Glendon à TorontoAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Alaina Thomas, étudiante au Collège Glendon à Toronto

Photo : Radio-Canada / Paul Andre St-Onge Fleurent

D’avoir la chance d’écouter leurs histoires, c’était tellement fascinant pour moi qui est anglophone, parce qu’ils ont un âge si différent du mien. Certains résidents étaient réticents à me parler au début, parce que j’ai un accent anglophone. Mais je pense qu’après avoir parlé avec eux, on était plus proches, raconte Alaina.

Un programme misant sur l’immersion en français

Le stage auquel participent Juan et Alaina à leur université leur a donc permis d’ouvrir les yeux sur une communauté linguistique qui passait pourtant sous leur radar.

C’est d’ailleurs l’objectif du programme de stage en français du Collège universitaire Glendon : permettre aux étudiants de se plonger dans une immersion sociolinguistique et culturelle afin de comprendre la genèse des expressions et des accents qu’ils entendent au quotidien.

Usha A. Viswanathan, directrice du centre de formation linguistique pour les études en français du Collège universitaire Glendon.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Usha A. Viswanathan, directrice du centre de formation linguistique pour les études en français du Collège Glendon.

Photo : Radio-Canada / Xavier Savard-Fournier

Je pense qu’il est très important que la majorité comprenne les défis d’être francophone à Toronto.

Usha A. Viswanathan, directrice du centre de formation linguistique pour les études en français du Collège universitaire Glendon

Toutefois, n’entre pas qui veut dans le programme de stage. Le cours est extrêmement populaire, et les places sont limitées.

Cette année, par exemple, sur les 45 étudiants ayant manifesté un intérêt pour les stages, seulement 22 ont été acceptés.

Certains n’avaient pas le niveau de français exigé, mais c’est principalement le nombre de stages disponibles qui a fait défaut cette année.

En 2018-2019, des stages au Centre francophone de Toronto, au Centre d’accueil Héritage, à l’Alliance française de Toronto et à TFO étaient notamment offerts.

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