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Macron annonce une commission sur le rôle de la France dans le génocide au Rwanda

Le président Macron a promis une commission d'historiens de «toutes les archives françaises» sur la période 1990-1994, pour déterminer entre autres le rôle de la France.

Photo : Reuters / Philippe Wojazer

Radio-Canada

25 ans après le génocide du Rwanda, qui a fait 800 000 victimes en 1994, le président français Emmanuel Macron a annoncé vendredi la mise sur pied d'une commission qui aura pour mandat de fouiller les archives afin de déterminer le rôle joué à l'époque par la France.

M. Macron a promis cette commission composée notamment d’historiens pour apaiser les tensions avec les survivants, dont certains croient que la France a facilité le massacre des Tutsis par le gouvernement rwandais, formé par les Hutus.

À l'époque, au début des années 1990, des soldats français ont été déployés au Rwanda dans le cadre de l'opération Turquoise, autorisée par l'ONU. Si les militaires avaient surtout un mandat humanitaire, très tôt, des doigts accusateurs ont commencé à pointer les troupes françaises, leur reprochant de soutenir le pouvoir génocidaire.

Le président rwandais, Paul Kagame, avait accusé la France d'avoir armé le gouvernement hutu.

Parmi les voix qui s'élèvent pour dénoncer la complaisance de la République française se trouve Guillaume Ancel, un lieutenant-colonel qui a participé à l'opération Turquoise. Selon lui, la vraie nature de la mission, au départ, n'était pas humanitaire.

La seule mission de l'opération Turquoise, c'était d'empêcher les ennemis des génocidaires d'avancer. Donc on [protégeait] les génocidaires.

Guillaume Ancel, ancien soldat, opération turquoise

« On n'a jamais participé au génocide, mais ce qu'on a fait, c'est les protéger. Et les réarmer », poursuit-il, affirmant avoir assisté à une livraison d'armes, ce qui était en totale violation de l'embargo.

Walfroy Dauchy, un ancien gestionnaire de la Croix rouge française, affirme lui aussi avoir été témoin à plusieurs reprises de ce genre de livraisons de la part de militaires français.

« [Ma] réaction [a été] de me dire : "Si je comprends bien, ce que j'ai sous les yeux, c'est un énorme scandale" », raconte-t-il.

L'ancien secrétaire général de l'Élysée sous François Mitterrand, le président français de l'époque, réfute « ces accusations qui semblent complètement sorties de leur contexte ». Aux yeux d'Hubert Védrine, les militaires envoyés au Rwanda n'avaient « pas de vision d'ensemble de ce qui se passait ».

S'il reconnaît l'échec de la France, M. Védrine dit toutefois avoir la conscience tranquille. Il défend le président Mitterrand, dont la seule volonté, selon ses dires, était d'éviter le massacre.

Le Rwanda tiendra une cérémonie dimanche en mémoire aux victimes du génocide. Le président Paul Kagame allumera une flamme du souvenir au mémorial de Gisozi, à Kigali, avant de prononcer un discours au stade Amahoro. La journée marquera le début d'une semaine d'événements prévus pour échanger, et inaugurera 100 jours de deuil qui prendront fin le 4 juillet.

D'après le reportage de Jean-François Bélanger.

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