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Les producteurs de bois de la Gaspésie gardent un œil sur le chaga

Une  image en noir et blanc de chaga qui pousse sur un arbre avec en entête « Achetons chaga sec ou frais ».

Une publicité a été distribuée dans les foyers de la Gaspésie qui propose aux propriétaires d'érablières d'acheter le chaga qui pousse sur leurs terres.

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Radio-Canada

La popularité du chaga inquiète le Syndicat des producteurs de bois de la Gaspésie. Les producteurs craignent que trop de gens inexpérimentés s'aventurent en forêt à la recherche du champignon parasite du bouleau.

Le chaga est comestible, mais c’est surtout pour les propriétés médicinales qu’on lui attribue qu’il est de plus en plus convoité.

Une récente publicité distribuée dans le Publi-Sac d’une acheteuse de chaga, qui invitait les propriétaires et employés d’érablières à la contacter, a rappelé de mauvais souvenirs aux producteurs de bois.

Marie-Louis Bourdages, président du Syndicat des producteurs de bois de la Gaspésie, se souvient notamment des épisodes des chercheurs d’érable « piqué » ou de branches de sapin.  Il y a une inquiétude, dit-il, qui s’installe par rapport à la circulation sur le terrain. Souvent, on va briser beaucoup pour ce que ça va rapporter.  

Marie-Louis Bourdages note toutefois que si les propriétaires de lots boisés y voient un revenu d’appoint, la cueillette du chaga pourrait les intéresser.

Le champignon peut se vendre entre 40 $ et 100 $ le kilo et demeure un produit de niche.

Le chaga est reconnu pour ses propriétés médicinales.

Le chaga est reconnu pour ses propriétés médicinales

Photo : Radio-Canada

Le chaga est plus souvent consommé en infusion, comme le thé ou une tisane.

Des recherches en cours

Professeure en chimie, biochimie et physique, Isabel Desgagné-Penix supervise un projet de recherche sur le champignon à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

Elle confirme que les recherches démontrent que le chaga détient en effet des propriétés médicinales, dont des propriétés anti-cancer. Les propriétés antioxydantes du chaga sont aussi supérieures aux raisins rouges, poursuit Mme Desgagné-Penix.

Les recherches menées à l’UQTR devraient pouvoir rassurer les producteurs de bois puisque l’objectif est de tenter de reproduire en laboratoire les molécules du chaga ciblées pour leurs vertus médicinales.

Si, explique la chercheuse, on est capable de découvrir quelle est la recette à l’intérieur et qu’on est capable de le faire en laboratoire, dans ce cas-là, on n’a plus besoin d’aller arracher des champignons dans la forêt. On peut seulement avoir une culture de chaga en laboratoire, comme on le fait avec des levures, et produire les molécules d’intérêt pharmaceutique.

Une personne tient du chaga dans ses mains

Le chaga est le champignon vedette de l'entreprise Chaga du Bas.

Photo : Radio-Canada

En attendant les résultats de ces recherches, le chaga reste un champignon assez commun dans les forêts de feuillus. Il ne pousse pas qu’en Amérique du Nord, mais aussi ailleurs dans le monde comme en Chine ou en Russie.

Il est recommandé de retirer seulement la moitié du champignon lors de la cueillette afin de lui permettre de poursuivre sa croissance.

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