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Vers une meilleure compréhension du vieillissement des francophones

Gros plan sur les mains de personnes âgées.

Il n'existe pas assez de recherche scientifique portant sur le vieillissement à Sudbury, affirment plusieurs chercheurs.

Photo : iStock

Bienvenu Senga

Des chercheurs de l'Université Laurentienne veulent déployer davantage d'efforts afin d'établir le portrait exhaustif de la population vieillissante francophone de Sudbury.

Si le professeur à l’École de service social de l’Université Laurentienne, Frantz Siméon, a décidé de s’y consacrer, c’est notamment en raison du faible nombre d’études scientifiques déjà produites sur le sujet.

On ne connaît pas grand chose [...] On sait que pour avoir des politiques publiques efficaces, il faut avoir des données, note-t-il.

Je lève un drapeau rouge pour dire qu’il faut que des recherches soient engagées pour documenter, faire un portrait de la réalité de ce qui existe en matière de vieillissement à Sudbury et de pouvoir agir en fonction de ces données-là.

Frantz Siméon, professeur à l’École de service social de l’Université Laurentienne
Un homme noir qui porte un veston gris et une chemise blancheAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les recherches du professeur Frantz Siméon portent sur le vieillissement de la population francophone de Sudbury.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Le chercheur estime que les aînés francophones sont davantage touchés par ce manque de données scientifiques. Leur dénombrement par tranche d’âge, leur localisation exacte ainsi que l’identification des services offerts à leurs aidants naturels s’imposent, selon M. Siméon.

On ne perd pas ses droits en vieillissant et encore moins en vieillissant en français. Les populations francophones ont elles aussi contribué à l’édification de la société dans leur jeunesse. On a un devoir de répondre à leurs besoins de manière efficace, déclare le chercheur.

Comprendre toutes les facettes du vieillissement

D’autres chercheurs de l’Université Laurentienne spécialisés en diverses disciplines comptent aussi se pencher davantage sur l’étude du vieillissement à Sudbury, d’où la création récente de l’Institut de recherche sur le vieillissement.

La doyenne intérimaire de la Faculté de la santé de l’établissement postsecondaire, Céline Larivière, explique que l’institut aura pour principale mission de rassembler la communauté avec les chercheurs pour répondre à des questions qui sont pertinentes au vieillissement, comme l’accès aux soins de santé et au logement.

Une femme qui porte une chemise au col noirAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Céline Larivière veut que l'Institut de recherche sur le vieillissement interagisse davantage avec les organismes communautaires du Grand Sudbury.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

C’est certain que les chercheurs arrivent déjà avec leurs propres questions de recherche, mais ce qui nous intéresse, c’est d’explorer des questions dont peuvent bénéficier les populations vieillissantes, donc on veut tisser des liens avec les organismes communautaires.

Céline Larivière, doyenne intérimaire de la Faculté de la santé à l’Université Laurentienne

Mettre en place des services culturellement adaptés

L'Institut de recherche sur le vieillissement compte notamment collaborer avec les entités de planification des services de santé en français, le Réseau du mieux-être francophone du Nord de l'Ontario (RMEFNO) en l'occurrence.

Dans le but d'identifier les capacités des foyers de soins de longue durée à répondre aux besoins des francophones, l'organisme a entamé une étude en 2016 en collaboration avec les deux Réseaux locaux d'intégration des services de santé (RLISS) nord-ontariens.

Les recommandations qui en ont découlé et qui ont été remises aux 54 maisons de soins de longue durée évaluées comprennent notamment la mise en place de services culturellement adaptés dans les établissements où la population francophone est supérieure à 40 %, à savoir la création d'espaces francophones dans la mesure du possible.

Une telle mesure aurait, selon la directrice générale du RMEFNO, Diane Quintas, de multiples avantages directs sur le bien-être des aînés.

une photo de type portrait de Diane Quintas, directrice générale du Réseau du mieux-être francophone du Nord de l'OntarioAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Diane Quintas, directrice générale du Réseau du mieux-être francophone du Nord de l'Ontario

Photo : Image : Réseau du mieux-être francophone du Nord de l'Ontario

On sait que l'isolement tue, a un effet néfaste sur la santé, alors un francophone qui est capable de vivre sa vie en français est en meilleur état, en meilleure santé physique et émotionnelle, affirme Mme Quintas.

Le RMEFNO prône également l'augmentation du nombre d'établissements de soins de longue durée désignés en vertu de la Loi sur les services en français.

[Les recommandations ont] été très très bien reçues, et [les établissements] sont prêts à travailler avec nous dans ce projet-là, conclut Mme Quintas.

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