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Wilson-Raybould nie avoir tenté d'influencer son successeur dans l'affaire SNC-Lavalin

Jody Wilson-Raybould.

Jody Wilson-Raybould, ancienne ministre de la Justice

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Anne Marie Lecomte

« Jamais je n'aurais porté atteinte à l'indépendance du procureur général », a déclaré Jody Wilson-Raybould en réplique aux fuites voulant qu'elle ait tenté d'infléchir la décision de son successeur, David Lametti, quant au sort de SNC-Lavalin. L'ex-procureure générale et ministre de la Justice du Canada a tenu ces propos vendredi sur les ondes de la radio de CBC à Vancouver.

Plus tôt cette semaine, des sources de CBC et du Toronto Star alléguaient que Mme Wilson-Raybould avait réclamé du premier ministre que David Lametti maintienne la décision qu'elle avait prise relativement à SNC-Lavalin.

Selon ces sources anonymes, l'ex-ministre posait la condition, entre autres, que son successeur n’oblige pas la directrice des poursuites pénales (DPP) à offrir un accord de réparation à SNC-Lavalin, ce qui aurait évité à la firme de génie-conseil de subir un procès pour fraude et corruption.

En entrevue téléphonique vendredi, Jody Wilson-Raybould s'est refusée à confirmer « des informations provenant de sources anonymes » au sujet de conditions qu'elle aurait posées à Justin Trudeau afin de clore la crise politique provoquée par l'affaire SNC-Lavalin.

« Il y a eu un certain nombre de discussions », a-t-elle affirmé à CBC Radio en faisant référence aux événements qui ont précédé son expulsion du caucus libéral.

Mais en ce qui a trait à sa présumée tentative d'ingérence dans le travail de David Lametti, Mme Wilson-Raybould apporte un démenti catégorique. « Je n'aurais, absolument, jamais fait ça », maintient-elle.

Un lien de confiance rompu

CBC a recontacté ses sources après le démenti de Mme Wilson-Raybould. L'une d'elles soutient que l'ex-procureure générale a directement demandé à Justin Trudeau que soit maintenue la décision de la directrice des poursuites pénales à l'encontre de SNC-Lavalin. Mme Wilson-Raybould en aurait fait la demande à M. Trudeau lors de conversations qui ont eu lieu à Vancouver, avant qu'elle ne démissionne du Cabinet.

Deux mois après le début d'une tourmente qui fragilise le Parti libéral du Canada (PLQ) en pleine année électorale, le premier ministre Justin Trudeau a expulsé mardi dernier les députées Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott du caucus libéral. Mme Philpott avait quitté la présidence du Conseil du Trésor, en guise de solidarité avec Mme Wilson-Raybould.

« Le lien de confiance qui a déjà existé entre ces deux personnes et notre équipe a été brisé, a déclaré Justin Trudeau, que ce soit en enregistrant des conversations [avec quelqu’un] sans son consentement ou en exprimant à répétition un manque de confiance à l’égard de notre gouvernement ou à mon égard en tant que leader. »

Pourquoi enregistrer un haut fonctionnaire?

Un photomontage montre Jody Wilson-Raybould et Michael Wernick pendant leur témoignage respectifs devant le comité de la justice.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jody Wilson-Raybould et Michael Wernick

Photo : Radio-Canada

Le 19 décembre 2018, Jody Wilson-Raybould a enregistré une conversation téléphonique avec le greffier du Conseil privé, Michael Wernick, et ce, à l'insu de ce dernier. Elle a inclus cet enregistrement dans la soumission écrite qu'elle a remise au comité de la justice de la Chambre des communes, vendredi dernier.

M. Wernick a annoncé son départ à la retraite à la mi-février. Devant le comité parlementaire de la justice qui se penche sur l'affaire SNC-Lavalin, il avait admis que l'ex-procureure générale Jody Wilson-Raybould avait subi des pressions dans ce dossier, tout en assurant qu'elles n'étaient pas inappropriées.

En entrevue vendredi, Mme Wilson-Raybould a expliqué pourquoi elle avait enregistré secrètement M. Wernick : « Je faisais l'objet de pressions soutenues depuis des mois [...] et j'ai pensé que quelque chose d'inapproprié allait survenir durant cette conversation [avec M. Wernick]. J'ai ressenti le besoin de me protéger. »

« Je n'avais nullement l'intention de rendre l'enregistrement public », a-t-elle ajouté. Et si elle l'a finalement divulgué, c'est parce que des « témoins ont dit des faussetés devant le comité et j'ai voulu que les gens entendent l'enregistrement pour se faire leur propre idée ».

J'ai eu, tout au long, l'espoir que le premier ministre allait accepter une part de responsabilité pour les irrégularités qui sont survenues dans ce dossier et, essentiellement, présenter ses excuses aux Canadiens.

Jody Wilson-Raybould en entrevue à The Early Edition sur CBC Radio

Elle ne regrette rien

Bien qu'elle ait préféré que « les choses tournent différemment », Jody Wilson-Raybould affirme qu'elle ne regrette rien des décisions qu'elle a prises dans cette affaire, y compris l'enregistrement de M. Wernick.

Elle dit cependant être consciente que ses actions ont nui au PLC.

Interrogée sur la question de savoir si une éventuelle victoire du Parti conservateur aux élections cet automne pouvait représenter un recul pour les droits des peuples autochtones, elle a eu cette réponse : « C'est une inquiétude. Il ne doit pas revenir à un seul parti politique de résoudre les problèmes et de reconnaître les droits des Autochtones, que ce soit le parti qui forme le gouvernement, le Parti conservateur, le Nouveau Parti démocratique et d'autres partis. »

Prête à rester en politique

Jody Wilson-Raybould affirme qu'elle partage encore les valeurs des libéraux en matière d'égalité et d'élaboration des politiques.

Et elle se dit « incroyablement favorable » à l'idée de jouer de nouveau un rôle sur la scène politique fédérale. « Je crois que ma voix a encore son importance », dit-elle.

Avec les informations de CBC

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