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Alberta 2019 : les chefs montent aux barricades lors du débat de mi-campagne

Les quatre chefs sont debout derrière des podiums. Une affiche dit « 2019 Alberta leaders debate ».

Les quatre chefs de parti ont répondu aux questions de journalistes pendant le débat de mi-campagne.

Photo : Radio-Canada

Mirna Djukic

Les chefs des quatre principaux partis de l'Alberta ont gardé le cap sur leurs stratégies électorales respectives lors du débat de mi-campagne, mais ils n'ont pas pu s'empêcher de se lancer quelques piques, notamment sur des questions d'intégrité et de leadership.

Le débat s’est ouvert, jeudi, sur des terrains où le chef du Parti conservateur uni (PCU), Jason Kenney, et la chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Rachel Notley, se sont déjà souvent affrontés : l’absence de pipelines et la péréquation.

Jason Kenney a prôné la ligne dure, envers la Colombie-Britannique et le Québec, qui bloquent la construction d’oléoducs. Il a accusé sa principale adversaire de ne pas savoir se tenir debout devant Ottawa et d’avoir manqué d’audace dans sa défense des pipelines.

Cette première ministre n’a rien fait de significatif pour empêcher Justin Trudeau de tuer le projet Énergie Est, et ce gouvernement ne nous a laissé qu’un faible espoir pour un seul pipeline.

Jason Kenney, chef du PCU

Mme Notley s’est défendue en rappelant que le chef du PCU avait lui-même siégé à Ottawa sans réussir à faire construire un pipeline.

« Votre décennie à Ottawa est un dossier d’échecs », a-t-elle lancé.

Ils ont tous les deux dû répondre aux critiques du chef du Parti libéral de l’Alberta (PLA), David Khan, et du chef du Parti albertain, Stephen Mandel, qui tentaient de se faire une place dans le débat.

« Tout ce que M. Kenney vient de dire n’est que du théâtre politique. Ça ne donnera pas de pipeline, c’est seulement pour acheter des votes et profiter des anxiétés économiques des Albertains », a lancé David Khan.

Débat en français : Radio-Canada convie le public à assister à un débat en français avec des candidats des quatre partis, le samedi 6 avril, dans le salon des étudiants du Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, à Edmonton. Soyez sur place à 13 h 45. Le débat aura lieu à 14 h et durera environ une heure.

Les deux chefs des petits partis se sont aussi retournés l’un contre l’autre un peu plus tard, lorsque David Khan a accusé Stephen Mandel d’avoir prôné la privatisation du système de santé. Ces propos ont fait bondir le chef du Parti albertain, qui a accusé David Khan d’avoir tout imaginé.

« Peut-être que vous aviez fumé quelque chose que vous n’auriez pas dû », lui a-t-il lancé.

Tir groupé contre Ottawa

Bien que la première ministre sortante ait dû se défendre à quelques reprises, elle n’a pas été victime de tirs groupés comme cela avait été le cas du chef conservateur Jim Prentice en 2015. Les deux chefs centristes ont cette fois réparti leurs attaques entre elle et Jason Kenney, qui mène présentement dans les sondages.

Les quatre chefs se sont cependant découvert un ennemi commun : Ottawa. Ils ont tous admis que les Albertains étaient « en colère », avec raison, et que la péréquation les pénalisait injustement.

Le débat s’échauffe autour des questions éthiques

Aussi polarisants qu’ils soient, les sujets économiques n’ont pas suffi à faire dévier Rachel Notley et Jason Kenney de leur texte. C’est lorsque le débat s’est tourné vers les questions d’éthique et d’intégrité que le ton a commencé à monter.

Rachel Notley n’a pas manqué l’occasion de rappeler les scandales entourant la course à la chefferie du PCU de Jeff Callaway, soupçonné d’être un candidat « kamikaze », c’est-à-dire qu’il se serait lancé dans la course dans le seul but de nuire à l’adversaire principal de Jason Kenney, Brian Jean.

Si Jason Kenney est prêt à manipuler les membres de son propre parti, seulement pour une chance de devenir premier ministre, que va-t-il faire au peuple albertain pour garder cet emploi?

Rachel Notley, chef du NPD

Jason Kenney a immédiatement qualifié ces propos de « diffamatoires ».

Rachel Notley s’est également retrouvée dans l'embarras à cause d’allégations de harcèlement touchant deux de ses députés. Stephen Mandel l’a notamment critiquée pour ne pas avoir déclenché d’enquête indépendante sur le sujet.

Selon le politologue Frédéric Boily, de l'Université de l'Alberta, M. Mandel a ainsi donné un bon coup de main à Jason Kenney, pour éviter le terrain glissant de divers agissements au sein de son propre parti. Bien que les propos extrémistes, homophobes et misogynes de certains membres du PCU aient été mentionnés, ils n’ont pas accaparé le débat, remarque l’expert.

Pas de grande surprise

Contrairement au débat de 2015, qui avait été catastrophique pour le premier ministre sortant de l’époque, Jim Prentice, celui-ci n’aura causé de tort irréparable à aucun candidat, selon Frédéric Boily.

Il estime qu’il n’y a pas non plus de gagnant clair, mais que Stephen Mandel s’en est relativement bien sorti.

« Il a peut-être offert une possibilité pour les électeurs indécis de dire : "Les deux partis sont trop à gauche ou trop à droite, alors on peut aller se réfugier chez le Parti albertain." », pense-t-il.

Les élections auront lieu le 16 avril prochain.

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