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Des insectes et un homme : rencontre avec Georges Brossard

Georges Brossard tient une mygale dans sa main.

L'entomologiste Georges Brossard s'est étaient.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Une rencontre avec l'entomologiste Georges Brossard est à l'image de sa vie : une aventure. Lorsqu'il parle, l'homme derrière l'Insectarium de Montréal et le film Le Papillon bleu, pour ne nommer que ces quelques réalisations, s'anime d'une passion peu commune qui amène ses interlocuteurs dans un monde de découvertes. Jeudi soir, son éloquence servait toutefois à d'autres fins : elle visait à appuyer l'organisme Handi Apte de Sherbrooke.

S’il aime particulièrement démystifier le monde des insectes, Georges Brossard apprécie tout autant aider son prochain. Pour cette conférence caritative présentée au théâtre Granada, il est appuyé d’une projection audiovisuelle, d’une table remplie de papillons et de mygales naturalisés et de piles de son bouquin. Ces papillons sous verre et ces livres sont tous à vendre et les fonds serviront à aider ceux qui aident les autres.

Il cache bien dans son sac quelques petits trésors pour émerveiller l’audience, mais il ne faut pas se leurrer. La véritable attraction, c’est lui et son puits de connaissances, qui dépasse le monde des bestioles.

Un scarabée couvert de joyaux.

Un scarabée couvert de joyaux.

Photo : Radio-Canada

J’ai 31 sujets ce soir. J’ai fait un melting pot hommage au Québec, hommage aux Québécois, hommage aux bénévoles. Les aidants ne sont pas reconnus, déplore-t-il.

Celui qui n’hésite pas à saisir un scorpion à l’aiguillon, chose à laquelle peu de gens se frotteraient, avoue pourtant être incapable de s’imaginer aidant naturel et voue une admiration sans bornes envers les bénévoles.

Ils changent des couches, ils font manger des gens. Moi, c’est la dernière affaire que je voudrais faire, je ne serais pas capable.

C’est donc pour aider l’organisme, les aidants naturels et les personnes atteintes d’un trouble du spectre de l’autisme, une autre de ses passions, que Georges Brossard partage ainsi son savoir.

Un amour des incompris

Georges Brossard est surtout connu pour son œuvre qui vise à faire aimer les insectes à un public rébarbatif. Lorsqu’il parle d’une mygale, c’est avec tendresse.

Elle est très gentille, elle est maternelle, elle pond plusieurs bébés par année, mentionne-t-il en souriant devant l’arachnide qui se promène doucement dans sa main. Je m’en sers pour enlever la peur de l’araignée chez les enfants.

Mais il est également animé d’un fervent désir de donner un coup de main à ceux qui en ont besoin. Par exemple, s’il évoque avec fierté le millipède, ce n’est pas cette fois-ci pour redorer le blason de la bestiole, mais pour expliquer l’impact qu’elle a sur les enfants ayant un trouble du spectre de l’autisme. Il raconte avec émotion les difficultés que les mères célibataires vivent à élever leurs enfants, et comment il a voulu faire sa part, pour donner un coup de main.

Ces enfants-là, je les amène chez moi. Je leur enlève la peur en leur mettant des insectes vivants dans la main. Et je leur donne chacun un millipède. L’enfant développe envers le millipède un sentiment d’appartenance, de respect, de protection, de responsabilité. Cela a un effet exceptionnel. Zoothérapie

Georges Brossard, entomologiste
Les oeuvres mises en vente par Georges Brossard.

Les oeuvres mises en vente par Georges Brossard.

Photo : Radio-Canada

Des insectes et des hommes

Celui qui est retraité depuis l’âge de 38 ans a une feuille de route impressionnante : une carrière explosive dans le domaine du notariat, 130 pays au compteur, des centaines de conférences auprès d’enfants et de grands gestionnaires, la création de onze insectariums à travers le monde, un livre, un film, etc.

Il partage cette large expérience avec fougue, passant aussi facilement de l’économie municipale de Sherbrooke (Quel dynamisme et quelle générosité!) qu’aux scarabées mexicains bariolés de joyaux.

Cet amoureux des insectes garde espoir que ses interventions continueront à faire évoluer les mentalités, notamment en raison des changements climatiques et de la déforestation qui détruisent l’habitat des arthropodes. Des signes encourageants lui donnent raison, dont la multiplication des papillons monarques, qui étaient auparavant en déclin.

Les insectes sont des modèles de réussite. De tous les animaux qui vivent sur Terre, ce sont eux qui ont le mieux réussi. Il n’y a que 4000 mammifères, 18 000 poissons, mais 160 000 papillons et 500 000 scarabées. Incroyable.

Incroyable était probablement également aux lèvres de ceux qui ont assisté à son allocution. Cette fois-ci, pour son travail sur le genre humain.

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