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Les esprits s'échauffent sur la laïcité à l'Assemblée nationale

Le chef libéral intérimaire Pierre Arcand à l'Assemblée nationale.

Le chef de l'opposition officielle a vivement critiqué le gouvernement pour sa précipitation dans le dossier de la laïcité.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada

Les espoirs d'échanges sereins et cordiaux entre politiciens s'amenuisent à l'Assemblée nationale, à Québec, alors que libéraux et caquistes sont de plus en plus à couteaux tirés sur la question du projet de loi sur la laïcité de l'État.

Une semaine après le dépôt du projet de loi qui interdirait, entre autres, aux employés de l'État en position d'autorité d'arborer des signes religieux, les parlementaires donnent le ton d'un débat qui promet d'être vif.

Le chef de l'opposition officielle, le libéral Pierre Arcand, est ainsi sorti de sa réserve habituelle, jeudi, pour juger que le premier ministre François Legault avait une bien piètre opinion des citoyens dont l'avis diffère du sien, et qu'il se montrait ainsi indigne d'occuper sa fonction.

« Vous méprisez ceux qui ne pensent pas comme vous », a ainsi lâché M. Arcand, une déclaration qui a suscité l'ire dans les rangs gouvernementaux.

La réplique caquiste est venue rapidement : « Les propos du chef de l'opposition ne sont pas à la hauteur de la fonction qu'il occupe », a rétorqué le ministre Simon Jolin-Barrette, qui pilote le projet de loi.

Le Parti libéral du Québec (PLQ) juge que la Coalition avenir Québec (CAQ) met la charrue devant les boeufs en souhaitant adopter son projet de loi d'ici la pause estivale, soit en environ cinq semaines.

Chez les caquistes, on reprend l'argument avancé dimanche dernier dans la courte vidéo publiée par le premier ministre sur sa page Facebook, selon lequel la question de la laïcité étant débattue depuis plus d'une dizaine d'années, il serait temps de clore ce débat et de passer à autre chose.

« Personnellement, je pense que c’est possible de faire le débat d’ici au 14 juin, d’écouter encore une fois les groupes, d’écouter les suggestions des partis de façon constructive », a d'ailleurs précisé M. Legault, lorsqu'interrogé sur la possibilité d'adopter le projet de loi avant la relâche.

Le chef du gouvernement n'exclut toutefois pas une adoption à l'automne, si nécessaire.

Selon lui, les libéraux, qui rejettent en bloc le projet de loi 21, ne cherchent qu'à « laisser traîner » les choses. Il a même dit craindre des menaces à la paix sociale si le débat se prolongeait trop longtemps.

De son côté, le député caquiste de la circonscription de Sainte-Rose, Christopher Skeete, a soutenu qu'il était faux d'affirmer que la communauté anglophone était liguée en bloc contre le projet de loi, malgré la tenue, par exemple, d'une manifestation mercredi devant une école anglophone de Westmount.

« Je reçois des courriels du Canada anglais [où l'on écrit] : "Wow, j'aimerais ça que ma province ait le courage d'aborder ces questions de front" », a-t-il déclaré. « Au Québec, on l'a vu dans les derniers sondages, nous sommes environ à 45 % d'appuis » de la communauté anglophone en ce qui concerne le projet de loi sur la laïcité, a ajouté M. Skeete.

Avec les informations de La Presse canadienne

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