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La rémunération des fonctionnaires provinciaux dans la mire du gouvernement Ford

Le président du Conseil du Trésor Peter Bethlenfalvy devant les journalistes.

Le président du Conseil du Trésor, Peter Bethlenfalvy, demande l'aide des syndicats pour mieux gérer l'augmentation de la rémunération dans le secteur public.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le gouvernement Ford entreprend une nouvelle croisade : il veut limiter l'augmentation de la masse salariale au sein de la fonction publique en Ontario. Devant la communauté d'affaires de Toronto, le président du Conseil du Trésor a annoncé la tenue de consultations avec les syndicats. Peter Bethlenfalvy demande leur collaboration pour en arriver à une « augmentation raisonnable » de la rémunération des employés de la province.

Questionné plusieurs fois sur le caractère utopique de ses consultations, le ministre a répondu approcher l'exercice avec honnêteté et ouverture. Peter Bethlenfalvy veut étudier plusieurs options avec les syndicats, mais il n’écarte pas la possibilité de mesures législatives.

Le ministre espère que les syndicats seront prêts à faire des compromis pour que les salaires soient inférieurs à la courbe actuelle. Aucune cible n'a encore été déterminée quant à l'ampleur des économies que souhaite réaliser le gouvernement. Nous sommes ouverts, nous n'avons pas de cible, mais enfin, nous devons rétablir la viabilité des finances de la province de manière ouverte et raisonnable, a indiqué Peter Bethlenfalvy.

Les consultations doivent s’amorcer le 15 avril, après le dépôt du budget, et elles dureront six semaines. Selon le gouvernement, 72 milliards de dollars sont versés chaque année en rémunération aux employés du secteur public ontarien.

Les syndicats prêts à se battre

Rejoint au téléphone peu de temps après l’annonce du ministre, le président du syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO), Smokey Thomas, s’est dit ouvert à la collaboration, sans pour autant comprendre les objectifs du gouvernement.

Je ne comprends pas ce qu’ils entendent par augmentation raisonnable, a-t-il lancé. Selon Smokey Thomas, les augmentations salariales prévues par la majorité des conventions collectives actuellement en vigueur dans le secteur public suivent approximativement le taux d’inflation.

Je ne leur fais pas du tout confiance.

Smokey Thomas, président du syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO)

Il assure déjà que son syndicat sera présent pour les consultations, une question de responsabilité, selon lui. Smokey Thomas est cependant prêt à se battre pour les 155 000 membres qu’il représente, d’autant plus qu’il mène déjà bon nombre de batailles contre le gouvernement Ford. Le SEFPO s’oppose par exemple aux changements apportés par le gouvernement provincial au programme ontarien de l’autisme.

Le gouvernement est peut-être en train de déclarer la guerre, prévient Smokey Thomas.

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), le plus important syndicat en Ontario, s'est aussi indigné de cette invitation à la consultation.

Pourquoi le gouvernement veut-il nous consulter sur la manière de réduire les revenus des travailleurs alors que les accords salariaux du secteur public en 2018 en Ontario étaient déjà à 1,6 %, bien en dessous du taux d'inflation? , demande la porte-parole Candace Rennick.

Le SCFP ne croit pas que ses membres sont trop payés et considère que des réductions salariales mettent en péril la croissance économique dans la province.

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