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Une motion en faveur de la « laïcité ouverte » sera déposée par l'opposition à Montréal

Lionel Perez dans son bureau

Lionel Perez croit que Québec devrait examiner les impacts sur Montréal du projet de loi sur la laïcité de l'État.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

En réaction au dépôt du projet de loi 21 sur la laïcité de l'État québécois, l'opposition officielle à Montréal déposera au prochain conseil municipal une motion affirmant « le caractère inaliénable du principe de laïcité ouverte » et le « soutien indéfectible » de la Ville envers tous ses employés, « notamment ceux qui portent un signe religieux ».

Le texte de cette motion, que Radio-Canada a obtenu, mentionne d’entrée de jeu que « la neutralité de l’État est une composante essentielle d’une démocratie » et que la Charte montréalaise des droits et responsabilités prévoit que la Ville favorise l’inclusion des minorités, notamment dans la fonction publique.

« Dans cette vision de la laïcité [ouverte], c’est l’État qui est laïque et non l’individu. On va permettre aux individus de manifester leur religion, pour autant que ça n’affecte aucunement leurs tâches [et que cela ne soit pas] une forme de promotion active d’une religion », a dit en entrevue le chef du parti Ensemble Montréal, Lionel Perez.

M. Perez souligne qu’en plus des agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), la Ville est susceptible d’embaucher d’autres personnes dans des emplois au sein desquels la loi interdira de porter des signes religieux, comme des procureurs ou des enseignants dans certains programmes en collaboration avec des écoles.

Il mentionne aussi que le SPVM n’a toujours pas atteint les cibles qu’il s’est données en matière de diversité.

Le chef de l’opposition ne préconise toutefois pas la désobéissance civile, contrairement aux maires des villes de banlieue de l’île de Montréal, qui demandent que le milieu municipal soit exempté de la loi, et aux commissions scolaires Lester B. Pearson et English-Montréal, qui ont dit qu’elles ne l’appliqueraient pas.

« Je crois en nos institutions et à la primauté du droit, a-t-il dit. […] On a la capacité de convaincre le gouvernement de changer d’idée. »

Il a aussi dit être d’accord avec l’obligation prévue dans la loi d’offrir et de recevoir les services publics à visage découvert.

M. Perez avait proposé une motion analogue en 2013, au moment du débat sur la Charte des valeurs du Parti québécois. Elle avait été adoptée à l'unanimité.

La motion d’Ensemble Montréal sera déposée lors de la prochaine réunion du conseil municipal, le 15 avril.

L’administration n’est pas contre

Le cabinet de la mairesse Valérie Plante a fait savoir par courriel que l’administration était « à l’aise » avec la motion de l’opposition.

« Dans l’optique de parler d’une voix commune, nous allons inviter l’opposition à appuyer une déclaration au prochain conseil municipal. Il y a consensus sur le fait que Montréal est déjà une ville ouverte et inclusive et que toutes et tous sont bienvenus pour y vivre et y travailler, sans égard à la religion » ajoute-t-on.

Au moment du dépôt du projet de loi, la mairesse Plante avait fait part de ses réserves face à l’interdiction de porter des signes religieux dans certaines catégories d’emplois.

Un « chapitre Montréal »

Afin de bien mesurer les impacts éventuels de la loi sur Montréal, M. Perez demande en outre l’ajout d’un « chapitre Montréal » au texte du projet de loi, comme le mentionne l’entente-cadre sur le statut de métropole intervenue entre Québec et Montréal en décembre 2016.

Le texte de cette entente prévoit :

« L’ajout d’un chapitre Montréal dans toutes les politiques économiques et sociales identifiant clairement les impacts socio-économiques et financiers sur la métropole des mesures mises de l’avant par le gouvernement du Québec;

« La consultation de la Ville par le gouvernement en temps utile sur les lois, les règlements, les programmes, les politiques ou les directives qui la concernent ou l’affectent directement. »

Avec la collaboration de Jean-Sébastien Cloutier

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