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Yasmina Khadra, le président humaniste au Salon international du livre de Québec

L'auteur algérien Yasmina Khadra, alias Mohammed Moulessehoul.

L'auteur algérien Yasmina Khadra, alias Mohammed Moulessehoul.

Photo : Radio-Canada / Alice Chiche

Anne-Josée Cameron

Le Salon international du livre de Québec a pour président cette année un écrivain célébré, au parcours atypique : Yasmina Khadra. Cet ancien haut gradé de l'armée algérienne, candidat à l'élection présidentielle algérienne de 2014, a su au fil des ans créer une oeuvre littéraire profondément humaniste. Rencontre avec un auteur singulier.

En entrevue téléphonique un peu plus tôt cette semaine, Mohammed Moulessehoul alias Yasmina Khadra se montre disert au sujet de son parcours, de son oeuvre et de la société dans laquelle il évolue.

Devenir Yasmina Khadra

Mohammed Moulessehoul prend le pseudonyme de Yasmina Khadra au tournant des années 90. À l'époque, il a déjà publié six romans sous son nom, mais sa notoriété commence à irriter ses supérieurs militaires.

« J'étais soldat, se souvient-il, et à un certain moment devant la petite notoriété que je commençais à avoir en Algérie, ma hiérarchie militaire a voulu m'imposer un comité de censure, et comme je m'autocensurais déjà en tant que soldat, je m'étais demandé ce qu'ils pouvaient en rester de mes livres si ils passaient en plus par un comité de censure. J'ai donc arrêté d'écrire, et j'étais devenu malheureux. »

Le voyant dépérir, sa femme lui suggère de prendre un nom de plume, ce qu'il fera en prenant les prénoms de son épouse, Yasmina Khadra.

La clandestinité m'a permis de me libérer parce que je n'avais plus de compte à rendre.

Yasmina Khadra , au sujet de son nom de plume

« J'écrivais sous un nom qui échappait à la hiérarchie militaire, se rappelle l'ancien militaire, et par voie de conséquence, j'avais le sentiment pour une fois d'exercer ma véritable fonction d'écrivain, à savoir m'attaquer aux véritables sujets qui m'importaient et les traiter avec la sincérité qu'il fallait. »

Il publiera Le dingue au bistouri, La foire des enfoirés et Morituri en 1997.

Quand rêver est synonyme d'espoir

L'écrivain à qui on doit une quarantaine de romans s'intéresse depuis ses débuts à la corruption, au terrorisme et plus largement aux laissés pour compte de ce monde.

« Je suis toujours attiré par les fragilités humaines, avance l'homme de lettres. Ç'a été le centre de tous mes travaux, de toutes mes recherches, de tous mes romans. »

Il regarde avec intensité la caméra.

L'auteur algérien Mohammed Moulessehoul, alias Yasmina Khadra

Photo : Getty/AFP/Joël Saget

Ces êtres invisibles, on les retrouve dans pratiquement tous les romans de l'auteur que ce soit dans Khalil, L'attentat ou encore dans Les anges meurent de nos blessures.

Chez l'auteur algérien, l'invisibilité mène très souvent aux pires extrémités. Il écrit donc pour témoigner de la présence de ceux dont on parle trop peu. « C'est le rêve qui permet aux individus d'espérer une vie meilleure », croit l'écrivain.

Quelqu'un qui s'accroche à ses rêves, c'est quelqu'un qui n'a plus peur de l'adversité. Il subit toutes sortes d'échecs, mais il ne baisse jamais les bras.

Yasmina Khadra, écrivain

Écrire

Yasmina Khadra est placé très jeune à l'école militaire des cadets de la Révolution, une institution qui accueille principalement les orphelins de la guerre d'Algérie. « Je n'ai pas choisi d'être soldat à l'âge de 9 ans, mon père m'a mis dans une institution militaire, mais à l'âge de 11 ans, j'ai commencé à écrire des nouvelles. »

« Ce rêve d'écrire ne m'a jamais quitté. La preuve, j'ai réussi à devenir un écrivain alors que j'ai évolué pendant 36 ans dans un milieu qui se situe aux antipodes de la vocation d'écrire. Le rêve est essentiel. »

Ce rêve d'écrire, de devenir écrivain a permis au romancier d'affronter l'existence et d'entrer en lien avec les autres.

« L'écriture me permet d'être en phase avec mes rêves. L'écriture, c'est un appel permanent de l'autre, c'est une sonde que je lance dans le cosmos humain en quête d'un écho et quand il y a une réaction, je me dis : "Tiens, j'existe! »

Yasmina Khadra sera à Québec dans le cadre du Salon international du livre de Québec, qui se tiendra du 10 au 14 avril au Centre des congrès de Québec.

Présence de Yasmina Khadra au Salon du livre de Québec

Le 10 avril, 16 h
Rencontre d’auteur avec Yasmina Khadra, président d’honneur
Lieu : Scène des Rendez-vous littéraires
Durée : 25 minutes

Samedi 13 avril, 12 h 30
Table ronde Naviguer entre la réalité et la fiction avec Yasmina Khadra, président d’honneur, Khalil (Julliard), Simon Boulerice, Je t’aime beaucoup cependant (Leméac) et Daniel Grenier, Françoise en dernier (le Quartanier).
Lieu : Scène des Rendez-vous littéraires
Durée :55 minutes

Québec

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