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Les pétrolières préparent leur transition énergétique

Une pompe à essence apparaît en contre-jour.

La demande mondiale en pétrole devrait atteindre un sommet entre 2020 et 2040 selon l'industrie.

Photo : Getty Images / Jeff J Mitchell

Reuters
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les sociétés pétrolières européennes ont commencé à se préoccuper de ce qui pourrait un jour menacer leur activité : la fin d'un siècle de croissance de la demande de pétrole brut dans un monde à faibles émissions de dioxyde de carbone.

Les sociétés pétrolières européennes ont entrepris de premières mesures pour modifier leurs activités de production de pétrole et de raffinage à l'électricité afin de les remplacer par le gaz naturel et les énergies renouvelables.

L'émergence du véhicule électrique ainsi que la demande des investisseurs et des consommateurs en faveur d'une énergie plus propre pour limiter les changements climatiques les ont poussées à effectuer ces changements.

Toutefois, leur financement pour l'exploration pétrolière dépasse de loin toutes ces initiatives plus vertes.

Les pétrolières ont entrepris de racheter des sociétés de production et de distribution d'électricité pour les intégrer à leurs activités dans les domaines du gaz naturel et des énergies renouvelables.

Ces investissements relativement modestes dans l'électricité visent à les aider à surmonter la transition énergétique en offrant aux particuliers et aux entreprises une énergie plus propre que le charbon.

Ils visent également à doter leurs stations-service d'un aspect écologique grâce à la recharge des véhicules électriques.

Tester des activités dans l'électricité contribue également à répondre à la demande des actionnaires qui souhaitent s'assurer de la « pérennité » de leurs activités.

L'Agence internationale de l'énergie prévoit que les modifications réglementaires visant à réduire les émissions de carbone entraîneront une croissance de la demande d'électricité beaucoup plus rapide que celle de pétrole, à mesure que la classe moyenne asiatique énergivore augmentera.

L'industrie voit la demande de pétrole atteindre un sommet entre 2020 et 2040.

Les profits avant tout

La diversification n'est pas une nouveauté dans le secteur du pétrole et du gaz.

Les grandes compagnies pétrolières ont acheté des participations dans le charbon, l'alimentation des animaux domestiques, la nutrition, le commerce de la crevette, les couches-culottes ou encore l'hôtellerie et l'acier, avec un succès limité.

Certains prédisent ainsi que l'électricité n'apportera pas les bénéfices dont les sociétés pétrolières et gazières ont besoin pour soutenir les dividendes importants auxquels leurs investisseurs sont habitués.

British Petroleum (BP) a perdu des milliards lors de sa première incursion dans les énergies renouvelables il y a 20 ans, lorsqu'il s'était renommé « Beyond Petroleum ».

Il a fermé sa division d'énergie solaire en 2011 et a tenté de se débarrasser de ses parcs éoliens, mais dit avoir désormais un modèle plus performant.

« La plupart des choses que nous faisons aujourd'hui sont liées à nos capacités qui sont au coeur de notre métier », a déclaré à Reuters Dev Sanyal, responsable de la division des énergies alternatives de BP.

Si vous pouvez commencer à combiner des molécules et des électrons dans une offre intégrée, vous commencez à créer quelque chose de plus intéressant.

Une citation de : Dev Sanyal, British Petroleum

Le profit est le premier défi à relever pour relier les points entre les énergies renouvelables, les centrales au gaz et les services collectifs confrontés à une concurrence croissante sur des marchés qui se fragmentent rapidement.

Aucune entreprise ne détaille ses résultats dans les énergies renouvelables ou l'électricité.

Vert

L'ancien directeur général de BP John Browne, qui fut à l'origine de la première incursion dans les énergies renouvelables de la compagnie basée à Londres, a déclaré que des coûts de production beaucoup plus bas pour les projets éoliens et solaires et une meilleure compréhension de la croissance future des marchés de l'électricité avaient depuis radicalement changé la donne.

« La question est de savoir si vous avez les compétences, les personnes et la détermination nécessaires pour réussir ce travail et si vous êtes heureux de constater que les rendements que vous réalisez sont meilleurs que ceux de vos autres activités », a-t-il déclaré à Reuters.

Les rendements des projets solaires et éoliens se situent généralement autour de 5 % à 10 %, selon l'organisme britannique Carbon Disclosure Project, moitié moins que ceux de nombreux projets pétroliers et gaziers.

Jusqu'ici, les grandes compagnies pétrolières ont consacré une petite partie de leurs investissements annuels aux technologies à faibles émissions de carbone, car elles équilibrent les souhaits des actionnaires entre demande de rendement et d'innovation.

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