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Retour vers le futur : pour ses 70 ans, l'OTAN discute des « agressions » russes

Un F-16 norvégien participe à un exercice de l'OTAN près de Trondheim, en Norvège, le 30 octobre 2018.

Un F-16 norvégien participe à un exercice de l'OTAN près de Trondheim, en Norvège, le 30 octobre 2018.

Photo : AFP/Getty Images / Jonathan Nackstrand

Agence France Presse

Les 29 pays membres de l'OTAN tentent jeudi à Washington d'afficher leur unité face aux « agressions » de la Russie, lors d'un anniversaire terni par des différends entre les États-Unis et deux alliés clés, la Turquie et l'Allemagne.

Retour aux fondamentaux, 70 ans jour pour jour après la signature par 12 pays fondateurs, le 4 avril 1949 dans la capitale américaine, du traité de l'Alliance atlantique née pour contrer l'Union soviétique au début de la guerre froide.

Le monde a changé depuis, mais Moscou reste la principale « menace » aux yeux de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN), célébrée comme l'alliance la plus ancienne et « la plus efficace de l'histoire ».

« Nous ne voulons pas d'une nouvelle guerre froide », mais l'OTAN n'hésitera pas à assurer sa défense, a martelé mercredi son secrétaire général, Jens Stoltenberg.

Jeudi, à l'ouverture d'une réunion des ministres des Affaires étrangères alliés, il a de nouveau accusé la Russie de « violer » le traité de désarmement sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF) « en déployant des missiles susceptibles d'être armés d'ogives nucléaires en Europe ».

Le Conseil de l'Atlantique Nord, plus haute autorité de l'OTAN, s'est réuni jeudi, dans le cadre de la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays membres de l'OTAN qui se tient actuellement à Washington. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Conseil de l'Atlantique Nord, plus haute autorité de l'OTAN, a tenu une réunion, jeudi, dans le cadre de la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays membres de l'OTAN qui se tient actuellement à Washington.

Photo : AFP/Getty Images / Mandel Ngan

Le président américain Donald Trump a dénoncé début février ce texte signé avec Moscou pendant la guerre froide. Son homologue l'a imité en suspendant à son tour la participation de la Russie, et les négociations semblent dans l'impasse.

Soulignant l'importance de ce traité pour « la sécurité de l'Europe », Jens Stoltenberg a appelé les Russes à le respecter. « Mais l'OTAN est aussi unie désormais pour se préparer à vivre dans un monde sans traité INF », a-t-il prévenu.

Les Alliés doivent aussi aborder « les actes d'agression de la Russie dans la région de la mer Noire », a-t-il ajouté, tandis que le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, hôte de la réunion, a placé « l'agression russe » en tête des « menaces » face auxquelles il faut « adapter » l'Alliance.

Les ministres doivent adopter des mesures pour « renforcer la surveillance » aérienne et maritime en mer Noire, où ils comptent déployer davantage de navires. Objectif : « faire en sorte que les bateaux ukrainiens puissent passer en toute sécurité par le détroit de Kertch et la mer d'Azov », a expliqué mardi l'ambassadrice des États-Unis auprès de l'OTAN, Kay Bailey Hutchison.

Il s'agit d'une réponse à l'affrontement armé entre les marines russe et ukrainienne en novembre au large de la péninsule de Crimée, dont l'annexion il y a cinq ans par la Russie n'a jamais été reconnue par les Occidentaux.

Turcs et Russes fâchés

Avant même la réunion de Washington, le Kremlin a dénoncé ce plan, qu'il voit « de manière négative ».

La confrontation avec la Russie offre aux Alliés une occasion de refaire leur unité, mise à mal par plusieurs bisbilles internes.

Mercredi, le vice-président américain Mike Pence a ravivé les tensions avec l'Allemagne, accusée de ne pas mettre suffisamment la main au portefeuille pour contribuer aux dépenses militaires. Cette question du « partage du fardeau », principal cheval de bataille de Donald Trump qui n'a eu de cesse de bousculer ses alliés depuis deux ans, revient jeudi au menu d'un déjeuner ministériel.

Le président américain Donald Trump a participé au sommet de l'OTAN à Bruxelles, en Belgique, le 12 juillet 2018.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président américain Donald Trump a participé au sommet de l'OTAN à Bruxelles, en Belgique, le 12 juillet 2018.

Photo : Reuters / Reinhard Krause

L'administration Trump a aussi haussé le ton contre un autre État membre, la Turquie, qui a entrepris d'acheter à la fois un système de défense antimissile russe, les S-400, et des avions de chasse américains, les F-35. Washington menace Ankara de sanctions économiques si elle persiste dans l'achat d'armes russes.

Mais le gouvernement turc lui a opposé une fin de non-recevoir.

Selon le département d'État américain, Mike Pompeo a en outre mis en garde mercredi son homologue turc Mevlut Cavusoglu contre « les conséquences potentiellement dévastatrices d'une action militaire turque unilatérale » dans le nord-est de la Syrie, où Ankara entend déloger les combattants kurdes alliés des États-Unis dans la lutte antidjihadiste.

Signe que leur rencontre à Washington n'a pas apaisé les esprits, la diplomatie turque s'est offusquée d'un compte rendu américain qui « ne reflète par le contenu de l'entretien ».

« Seule l'unité interne peut permettre de présenter un front uni et fort sur la scène internationale », a prévenu dans la capitale américaine le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas. Et face aux nouveaux défis, de la Chine aux cyberattaques en passant par la menace terroriste, « nous en avons urgemment besoin ».

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