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Armes de poing : pas de décision prévue d'Ottawa avant les élections

Une mitraillette et plusieurs revolvers sont posés sur une table.

Des armes de poing et des armes d'assaut

Photo : iStock

Radio-Canada

Le ministre fédéral de la Réduction du crime organisé, Bill Blair, refuse de s'engager à présenter son rapport sur l'idée de bannir les armes de poing avant la fin de la session législative en juin. En d'autres mots, il est très peu probable que le gouvernement Trudeau puisse faire adopter un projet de loi à ce sujet avant les élections.

Devant un comité sénatorial mercredi, le ministre Blair a refusé de donner un échéancier, affirmant que les Canadiens s'attendent à ce qu'on prenne le temps de bien faire les choses.

Le fédéral avait lancé des consultations l'automne dernier sur la possibilité d'interdire les armes de poing, à la suite de la fusillade meurtrière de l'avenue Danforth à Toronto et des appels d'élus dans la Ville Reine et à Montréal, notamment.

Le ministre Blair rétorque qu'il s'agit d'une discussion complexe.

Nous avons évalué différentes façons de maintenir la sécurité publique, mais le mandat que m'a confié le premier ministre est aussi de mener cet examen tout en respectant les Canadiens qui possèdent ces armes de manière responsable.

Bill Blair, ministre de la Réduction du crime organisé
Le portrait d'un homme devant un microAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministre Bill Blair

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Nombre de groupes de tireurs sportifs et de chasseurs ont dénoncé toute nouvelle restriction sur les armes à feu.

Même l'Association des policiers de Toronto affirme qu'interdire les armes de poing n'aurait aucun impact, étant donné que la possession de ces armes est déjà contrôlée étroitement au pays.

Des médecins contre les armes à feu

Le ministre Blair a fait ces commentaires, mercredi, devant le Comité sénatorial permanent de la sécurité nationale et de la défense qui étudie le projet de loi C-71 du fédéral visant à resserrer le contrôle des armes de feu.

Au même moment, des médecins manifestaient entre autres à Toronto et à Montréal en faveur de l'idée de bannir les armes de poing et d'assaut, citant le fléau que sont ces armes qui pullulent dans les rues et qui tuent des innocents et des jeunes.

En dépit des commentaires du ministre Blair mercredi, un porte-parole de son bureau affirme qu'Ottawa planifie toujours de rendre le rapport [sur les armes de poing] public au début 2019.

Un projet de loi prend généralement plusieurs mois avant d'être étudié et approuvé par les députés et les sénateurs pour ensuite recevoir la sanction royale. Le projet de loi C-71, par exemple a été déposé il y a plus d'un an.

Promesse brisée?

Heidi Rathjen, une survivante de la tuerie de l'École Polytechnique en 1989 à Montréal, accuse les libéraux de manquer à leur promesse faite durant la campagne électorale de 2015 de débarrasser nos rues des armes de poing et d'assaut.

Ce serait une trahison de simplement reporter la décision après les élections [d'octobre] et de promettre à nouveau quelque chose lors de la prochaine campagne.

Heidi Rathjen, militante pour un meilleur contrôle des armes à feu

Selon elle, le gouvernement Trudeau a peur du lobby des armes.

Elle propose trois solutions possibles pour les propriétaires actuels d'armes de poing :

  • Racheter les armes de poing de leurs propriétaires actuels en leur offrant une indemnité financière
  • Permettre aux propriétaires actuels d'armes de poing de les garder, mais tout en interdisant toute future acquisition
  • Restreindre l’usage et l’entreposage de ces armes dans les clubs de tir 

De son côté, la sénatrice indépendante Marilou McPhedran, qui a interrogé le ministre Blair mercredi, presse Ottawa de modifier le projet de loi C-71 pour classer les armes de poing comme « prohibées », une catégorisation qui annulerait des dizaines de milliers de permis d'arme actuels.

Pour sa part, le professeur de l'Université Simon Fraser et défenseur du droit de posséder une arme Gary Mauser rétorque ceci : Aucune étude valide n'a prouvé qu'un contrôle plus strict des armes ou même une interdiction d'en posséder une réduirait le taux d'homicide en général ou d'homicide entre conjoints.

De tous les crimes violents perpétrés en 2017 au Canada, une arme de poing avait été utilisée dans 59 % des cas, comparativement à 18 % pour un fusil et 6 % pour une arme automatique, selon Statistique Canada.

Avec les informations de CBC News

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Toronto

Politique fédérale