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Énergie NB veut sextupler son budget de tempête

Un poteau cassé et des fils électriques sur le sol devant une maison

Jusqu’à 280 équipes de travailleurs ont remplacé 614 poteaux cassés, 189 transformateurs et 52 km de fils électriques durant la crise du verglas 2017, selon Énergie NB.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La société Énergie NB met l'accent sur les périls du changement climatique dans des documents qu'elle a présentés à la Commission de l'énergie et des services publics.

Le changement climatique et l’intensité croissante des tempêtes sont de nouveaux risques à gérer, explique Énergie NB dans sa demande d’augmentation des tarifs de l’électricité.

La demande d’Énergie NB fera l’objet d’une audience de la Commission le mois prochain. La société demande l’autorisation d’augmenter ses tarifs en moyenne de 2,5 %. Un tiers des revenus supplémentaires qu’elle toucherait si sa demande est approuvée serait versé dans un fonds pour payer les réparations des dégâts causés par le mauvais temps.

Pour appuyer sa demande, Énergie NB a présenté cette semaine à la Commission des données qui démontrent à quel point les tempêtes malmènent son réseau de distribution.

Énergie NB soutient dans ces documents qu’elle a payé près de 100 millions de dollars pour réparer les dégâts causés par 64 tempêtes ces six dernières années. C’est cinq fois plus que durant les six années précédentes pendant lesquelles ont sévi 76 tempêtes.

La société d’énergie avait prévu 2,7 millions de dollars dans son budget l’an dernier pour réparer les dégâts de tempêtes. Elle avait estimé la somme en se basant sur des moyennes historiques, mais elle a dû dépenser presque six fois plus.

Des tempêtes dévastatrices

Une tempête en particulier, en novembre, a privé d’électricité plus de 140 000 abonnés lorsqu’elle battait son plein. Il a fallu six jours de travail à 300 équipes de réparateurs pour rétablir le courant. Cette tempête à elle seule a coûté 7,8 millions de dollars à Énergie NB.

C’était la quatrième tempête en six ans ayant coûté plus de 5 millions de dollars à Énergie NB. La tempête post-tropicale Arthur en 2014 a coûté 23 millions et la crise du verglas de 2017 a coûté 30 millions.

Un grand arbre couché sur les fils électriques

La tempête a déraciné des arbres qui sont tombés sur des fils électriques, comme ci-dessus le long du chemin Melanson, à Dieppe.

Photo : Radio-Canada

Tout cela reflète les effets du changement climatique dans la province, selon Énergie NB. La tendance en matière de tempête a tellement changé qu’elle ne croit plus pouvoir se baser sur les moyennes de 30 ans pour établir son budget. Elle demande à la Commission la permission d’utiliser plutôt une moyenne de 5 ans.

Si la demande est approuvée, Énergie NB inscrira 16,8 millions de dollars à son budget pour réparer les dégâts des tempêtes, soit six fois plus d’argent que prévu dans le budget de l’an dernier.

Le PDG d’Énergie NB, Gaëtan Thomas, parle des difficultés entraînées par le changement climatique depuis quelques années déjà, particulièrement depuis la tempête Arthur. Cette dernière avait privé de courant près de 200 000 foyers.

Nous sommes convaincus maintenant que le changement climatique a des impacts, a déclaré M. Thomas en 2015.

Le ministre de l’Environnement n’est pas convaincu

Le ministre de l’Environnement et des Gouvernements locaux, Jeff Carr, n’est pas aussi disposé qu’Énergie NB à établir un lien entre le changement climatique et l’intensité des tempêtes.

Il y a peut-être un lien partiel, dit-il, en expliquant que le changement climatique n’est pas le seul facteur en jeu dans la province.

Le ministre Carr ajoute qu’il ne peut se prononcer avec certitude sur un possible lien parce que les différentes études en la matière ne tirent pas toutes les mêmes conclusions.

D'après un reportage de Bob Jones, de CBC

Nouveau-Brunswick

Changements climatiques