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En bleu pour le mois de l'autisme en Mauricie

Femme en bleu autour d'une table
Des membres d'Autisme Mauricie se sont rassemblés dans un restaurant de Trois-Rivières pour la journée de sensibilisation à l'autisme. Photo: Radio-Canada / Anne-Marie Lemay
Anne-Marie Lemay

À l'occasion de la journée de sensibilisation à l'autisme, le 2 avril, des femmes se sont rassemblées dans un restaurant de Trois-Rivières, arborant un sourire et la couleur bleue. L'ambiance était festive. C'était aussi l'occasion de célébrer l'anniversaire de fondation d'Autisme Mauricie, qui souffle ses 38 bougies en 2019.

Le bleu symbolise la prévalence de l'autisme chez les garçons, puisqu'il est cinq fois plus présent chez eux que chez les filles. Les femmes qui le portent autour de la table font partie des quelque 300 membres d'Autisme Mauricie. Elles sont mamans d'enfants autistes ou vivent elles-mêmes avec le trouble du spectre de l'autisme.

Audrey Brisson trouve important que la cause ait tout le mois d'avril pour sensibiliser la population à sa réalité. Personnellement, ça n'a pas toujours été facile, dit-elle. Il y a eu du monde qui n'a pas trop été gentil avec moi. Ça aide qu'il y ait plus de monde qui comprenne ce que c'est.

Femme assise dans un restaurantAudrey Brisson vit avec un trouble du spectre de l'autisme. Photo : Radio-Canada

Sensibiliser, accepter et intégrer

Autisme Mauricie aimerait que les employeurs de la région intègrent davantage ses membres. Cette année, on a misé sur des publicités pour l'inclusion pour les personnes en milieu de travail, dans un travail régulier, affirme la directrice générale d'Autisme Mauricie, Martine Quessy.

C’est un défi que connaît trop bien Michelle Bourassa. À 31 ans, sa fille a réussi à développer une belle autonomie, mais elle est toujours à la recherche d'un travail régulier. Pourtant, Judy a des facultés exceptionnelles qui pourraient être mises à profit dans un travail; elle a une mémoire phénoménale.

Femme debout dans un restaurantMichelle Bourassa, mère d'un enfant autiste Photo : Radio-Canada

Un moment donné, Judy a travaillé dans un magasin à grande surface et elle connaissait le magasin par coeur. Elle pouvait diriger les clients tout de suite en partant! Mais, ce n’était pas pour ça qu'elle avait été engagée. Ils ne la laissaient pas faire, c'est de valeur, explique Michelle.

Autisme Mauricie profite aussi du mois d'avril pour militer pour l'équité financière. Selon Martine Quessy, les personnes qui vivent dans leur famille reçoivent moins que s'ils sont placés dans une ressource.

Ensemble pour mieux se comprendre

Chacune des femmes autour de la table couvre une partie du spectre. L'une est maman d'un garçon de 6 ans encore aux couches, avec de grandes difficultés de communication.

L'autre est mère d'un jeune adulte fonctionnel dans la plupart des situations. Même si leur réalité diffère, une solidarité précieuse les unit.

Ces rencontres nous font réaliser qu'on n'est pas toutes seules dans ce qu'on vit, parce que quand j'étais plus jeune, j'avais l'impression d'être seule parce que j'avais de la misère à me faire des amis, raconte Audrey Brisson.

Femme debout dans un restaurantMartine Quessy, directrice générale d'Autisme Mauricie Photo : Radio-Canada / Anne-Marie Lemay

Martine Quessy évoque la douleur qui peut être ressentie par les proches des personnes autistes. Une fête d'enfants où tu n'as aucune réponse aux cartons d'invitation qui sont envoyés. On le ressent ça, mais parmi les mères, on se dit : "On va y aller, nous, à la fête!"

Ce réseautage est aussi l'occasion pour Josée Létourneau de décrocher. Ça nous sort de notre quotidien, explique-t-elle. C'est faire quelque chose pour nous pour une fois et non toujours pour nos enfants.

Femme assise dans un restaurant avec un micro de Radio-CanadaJosée Létourneau, mère d'un enfant autiste Photo : Radio-Canada

Entre elles, les mères se permettent de dédramatiser ce qu'elles vivent. Souvent, on va en rire, on va le présenter avec un côté humoristique parce que les gens nous comprennent. On vit une telle réalité qu'on est mieux d'en rire que d'en pleurer, ajoute Josée.

Ces propos trouvent écho chez certaines mamans autour de la table, elles qui doivent rester anonymes parce que leurs enfants, au tournant de la vingtaine, ne veulent pas que leur diagnostic soit public.

Plus la cause investira l'espace public, à l'occasion de mois comme celui-ci, plus elles peuvent rêver de voir leurs enfants accepter publiquement leur différence, preuve qu'il y a encore du chemin à faire pour l'acceptation et l'inclusion des personnes autistes.

Mauricie et Centre du Québec

Santé physique et mentale