•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'ex-vice-président américain Joe Biden promet de respecter « l'espace personnel » des femmes

Trois impressions d'écran de la vidéo de Joe Biden, où on le voit s'adresser à la caméra en gesticulant.
Dans une vidéo, Joe Biden s'engage à respecter l'espace personnel de ses interlocuteurs – et sans doute davantage encore celui de ses interlocutrices. Photo: Reuters / Vidéo de Joe Biden
Radio-Canada

Critiqué pour des contacts physiques jugés déplacés, Joe Biden, pressenti pour être candidat à l'investiture démocrate, a expliqué ses gestes par sa nature humaine chaleureuse, mais a assuré avoir compris le message.

Dans une vidéo de deux minutes mise en ligne sur son compte Twitter, l'ex-vice-président, accusé d'être trop familier dans ses relations avec les femmes, a abordé de front la controverse dans laquelle il est plongé depuis quelques jours.

Reconnaissant d'emblée le malaise qu'ont exprimé publiquement certaines personnes devant ses gestes, il les a cependant associés à une manifestation de « soutien » et d'« encouragement ».

Au cours des derniers jours, quatre femmes sont sorties sur la place publique pour témoigner de situations les ayant indisposées.

« Tout au long de ma carrière, j'ai toujours tenté d'établir des liens avec les gens, c'est ma responsabilité, je crois. Je serre des mains, je prends les gens dans mes bras, je mets mes mains sur les épaules des hommes et des femmes pour leur dire : ''Vous pouvez réussir'' ­­­[...] C'est ma façon de montrer que je me soucie d'eux et que je les écoute », a déclaré M. Biden.

Je croirai toujours que gouverner – je dirais la même chose de la vie, d'ailleurs – se rapporte aux liens qu'on noue avec les gens. Cela ne changera pas, mais je serai beaucoup plus attentif [à la situation] et respectueux de l'espace personnel des gens, et c'est une bonne chose.

Joe Biden

« Je n'ai jamais perçu la politique comme quelque chose de froid et d'aseptique, j'ai toujours pensé qu'elle avait pour but de créer des liens avec les gens », affirme-t-il.

« Les normes sociales ont cependant commencé à changer [...] et les limites protégeant l'espace personnel des gens ne sont plus les mêmes et je le comprends. Je le comprends », a-t-il soutenu.

Malaise ou réconfort?

Le style affectueux de Joe Biden est bien connu, mais sa tendance à privilégier la proximité physique est davantage scrutée à l'ère du mouvement #MoiAussi.

Vendredi dernier, Lucy Flores, une ex-élue démocrate de l'Assemblée du Nevada de 39 ans, a écrit dans un magazine new-yorkais pour lui reprocher de lui avoir embrassé le haut de la tête lors d'un rassemblement de campagne, en 2014.

« Mon cerveau ne pouvait pas comprendre ce qui se passait. J'étais gênée. J'étais sous le choc. J'étais confuse. [...] Je ne pouvais pas bouger et je ne pouvais rien dire. Je voulais seulement que Biden s'éloigne de moi », a-t-elle écrit dans The Cut.

Lundi, une autre femme, Amy Lappos, a raconté qu'en 2009, M. Biden avait frotté son nez contre le sien. « Pendant qu'il m'attirait à lui, j'ai cru qu'il allait m'embrasser sur la bouche », a-t-elle dit.

Deux autres femmes ont confié au New York Times avoir vécu des moments similaires.

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a estimé que le style politique parfois trop affectueux de Joe Biden ne le disqualifierait pas comme candidat à l'élection présidentielle, mais elle lui a conseillé publiquement de garder ses mains pour lui.

Les médias américains ont diffusé en boucle des images le montrant dans des situations susceptibles de le faire mal paraître.

L'une des femmes au centre de ces images a cependant nié que la photo où elle apparaissait avec Joe Biden, en 2015, trahissait son malaise, comme certains l'ont affirmé. Stephanie Carter, l'épouse de l'ex-secrétaire à la Défense Ashton Carter, a affirmé sur le site Medium que la scène, captée en 2015 à la Maison-Blanche, traduisait plutôt un moment de complicité et de solidarité avec l'ex-vice-président, qui la tenait par les épaules.

L'ex-sénatrice Jean Carnahan a elle aussi pris sa défense sur Twitter. Dans une série de messages, elle a louangé « l'empathie et les encouragements » démontrés par celui qui était alors sénateur du Delaware, lors de son arrivée au Congrès, en 2001, après qu'elle eut perdu son mari et son fils dans un écrasement d'avion quelques semaines auparavant.

Après sa prestation de serment, raconte-t-elle, Joe Biden, l'attendait même s'il ne la connaissait pas. M. Biden, qui a perdu sa femme et sa fille dans un accident de voiture survenu en 1972, lui avait pris les mains pour lui dire qu'il comprenait ce qu'elle vivait, un geste qui l'avait réconfortée, a-t-elle dit.

Une controverse qui nuira à son éventuelle candidature?

Figure appréciée des démocrates, le candidat potentiel devance ses éventuels adversaires dans les sondages réalisés au cours des derniers mois.

Plusieurs observateurs se sont interrogés sur l'impact de cette controverse sur sa décision de briguer l'investiture démocrate.

Au début de la vidéo, Joe Biden déclare aux Américains qu'il s'attend à aborder avec eux « plusieurs enjeux », ce qui peut être perçu comme un indice supplémentaire de l'annonce prochaine de sa candidature.

La façon discutable dont il avait présidé les audiences de confirmation du juge Clarence Thomas, nommé à la Cour suprême en 1991 en dépit d’allégations de harcèlement sexuel formulées par Anita Hill, pourrait elle aussi le rattraper.

En décembre dernier, celui qui a été vice-président sous Barack Obama s'est dit le candidat « le plus qualifié », malgré sa propension à commettre des gaffes.

Bannière vers notre dossier sur les candidats démocrates à la présidentielle de 2020
Avec les informations de Associated Press

Amériques

International