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analyse

Les républicains traumatisés à l'idée de devoir parler de santé

Une personne tient une affiche en forme de flèche sur laquelle il est écrit «Obamacare».

La Maison-Blanche a ordonné au département de la Justice de ne plus défendre l’Obamacare devant les tribunaux.

Photo : Getty Images / Joe Raedle

Christian Latreille

S'imaginer que le Parti républicain pourrait un jour devenir le parti de la santé est aussi irréel que de croire que les démocrates seront, d'ici peu, le parti des armes à feu. Pourtant, Donald Trump a dit haut et fort la semaine dernière que son parti sera bel et bien celui de la santé aux États-Unis.

Du même souffle, la Maison-Blanche a ordonné au département de la Justice de ne plus défendre l’Obamacare, attaquée de toutes parts devant les tribunaux depuis sa mise en place en 2009. Le président Trump veut se débarrasser de l’Obamacare, mais n’a rien à proposer pour l’instant.

En réalité, depuis 10 ans, les républicains n’ont rien fait en matière de santé. Ils ont été incapables de proposer un plan de protection médicale pour les Américains. Ils n’ont même pas été en mesure d’abolir l’Obamacare, sauvée in extremis par le vote du défunt sénateur de l’Arizona, John McCain. L’acharnement de Donald Trump à vouloir éliminer un des seuls systèmes d’assurance maladie à avoir été adopté par le Congrès pourrait lui jouer des tours.

Stratégiquement, le président a raison de vouloir s’approprier la question de l’assurance maladie et éviter que cet enjeu ne soit contrôlé que par les démocrates. Cependant, les républicains ont peu de crédibilité en la matière. Leur inaction a démontré qu’ils n’ont jamais vraiment eu l’intention de remplacer l’Obamacare. Et l’idée d’être forcé de parler de protection médicale durant l’élection présidentielle de 2020 les traumatise.

Un thème pourtant cher aux Américains

Le président Trump a donc été forcé de reculer face aux craintes des élus républicains. Il a rapidement reporté après 2020 la réalisation de cette idée soudaine. Lundi soir, il parlait même d’un plan de protection pour les Américains seulement en 2021. La question de l’assurance maladie est une patate chaude. Aucun élu républicain ne veut aller en campagne sur ce sujet. Ils n’ont rien, pour l’instant, à présenter à leurs électeurs.

Le site Politico souligne que Donald Trump souhaite éliminer le virus du sida, lutter contre la crise des opioïdes et diminuer le prix des médicaments. Mais pour ce faire, affirme Politico, il a besoin de l’Obamacare qu’il souhaite détruire. La loi de 2009 est devenue tellement imbriquée dans tout le système de santé aux États-Unis que l’abolir viendrait du même coup tuer dans l’œuf toutes tentatives de régler les problèmes les plus urgents.

Sans compter que si l’Obamacare est abolie, 25 millions d’Américains perdraient leur couverture médicale. De plus, les assureurs ne seraient plus obligés d’offrir une couverture à tous ceux qui sont déjà affligés par la maladie. Sur Twitter, lundi soir, Donald Trump promettait de diminuer les primes et les franchises. « Notre plan, affirme-t-il, serait beaucoup moins cher et plus facile à utiliser. »

Bref, plusieurs bonnes intentions, mais peu d’actions en perspective pour la Maison-Blanche et pour les républicains sur le front de la santé. Les démocrates veulent d’ailleurs adopter une résolution cette semaine pour dénoncer l’intention du département de la Justice de ne plus défendre l’Obamacare en cour.

Le thème de l’assurance maladie a permis aux démocrates de remporter les élections de mi-mandat, en novembre. S’ils maintiennent leur monopole sur cet enjeu, ils pourraient encore marquer des points en 2020 contre l’actuel président, incapable de persuader son propre parti que la santé demeure la priorité des Américains.

Pendant que les républicains se déchirent entre eux sur la question, plus des deux tiers des gens qui déclarent faillite aux États-Unis le font parce qu’ils sont incapables de payer leurs factures médicales.

Donald Trump, président des États-Unis

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