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Des femmes autochtones du Downtown Eastside veulent contrer la violence à leur endroit

Deux femmes sont assises.

Sophie Merasty (à droite) soutient que les effets négatifs de la colonisation sont profonds dans les communautés autochtones.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Lamic

Anaïs Elboujdaïni

Dans un nouveau rapport, l'organisme Downtown Eastside Women's Centre appelle à une présence accrue de femmes autochtones dans toutes les sphères décisionnelles pour mettre fin à la violence faite aux femmes autochtones de ce quartier défavorisé de Vancouver.

Le rapport, intitulé « Red Women Rising », met en lumière les cas de violences vécues par 113 femmes autochtones du Downtown Eastside.

En ressortent 200 recommandations sur le logement et la santé ainsi que sur des réformes essentielles à apporter au système de justice canadien. Par exemple, le rapport propose d’offrir des abris d’urgence ouverts 24 heures sur 24 ou d’abolir les accusations à l'encontre des personnes qui sont interpellées en possession de petites quantités de drogue.

Une femme parle, elle porte un anneau dans le nez et des lunettes.  Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La situation des femmes autochtones du Downtown Eastside est toujours précaire, rappelle Harsha Walia, coordonnatrice du rapport Red Women Rising.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Lamic

« La question la plus urgente, c’est de savoir si tous les ordres de gouvernement mettront en place les recommandations de l’Enquête [nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) et] de les prendre au sérieux », espère la coordonnatrice du projet, Harsha Walia.

Le rapport, d’abord soumis dans le cadre de l’ENFFADA, a été rendu public mercredi. Pour sa part, cette dernière a jusqu’au 30 avril pour publier son rapport final.

Les témoignages de ces femmes donnent une voix qui n’est filtrée ni par les médias ni par le gouvernement, estiment les responsables du rapport.

« Je suis une survivante du Downtown Eastside. [...] Tout ce que je veux, c’est qu’on nous voie comme des personnes et qu’on arrête de nous voir à travers des stéréotypes », dit Suzanne Kilroy, une des participantes, qui a cessé de consommer de l’héroïne.

Un portrait de Suzanne qui parle.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Suzanne Kilroy a déménagé dans le Downtown Eastside alors qu'elle avait 17 ans.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Lamic

« Je suis étonnée d’être encore en vie. Des 17 amies qui ont quitté l’Okanagan en même temps que moi pour Vancouver, je suis la seule qui est toujours vivante », témoigne-t-elle.

Nous avons besoin de plus de logements sécuritaires

Suzanne Kilroy, participante au rapport « Red Women Rising »

La violence omniprésente

La preuve de l’existence de cette violence transparaît même dans les plus hauts échelons de la politique canadienne, comme en témoigne l’expulsion du caucus libéral des députées Jody Wilson Raybould et Jane Philpott, selon Stewart Phillip, le grand chef de l’Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique.

« C’est la preuve irréfutable qu’il existe de la violence collatérale envers les femmes, même au plus haut niveau du gouvernement canadien », estime-t-il.

Ce dernier était présent à la conférence de presse, puisque l’Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique appuie également ce rapport, qui en appelle notamment à la mise en oeuvre de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.

« Au coeur de ce rapport, nous voulons la vérité et nous exigeons des changements radicaux dans nos institutions », conclut Stewart Phillip.

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Colombie-Britannique et Yukon

Autochtones