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Procès du pasteur Guillot : il pourfend Harry Potter et la masturbation

Claude Guillot

Le pasteur Claude Guillot

Photo : Radio-Canada

Le pasteur Claude Guillot a continué de témoigner pour sa défense à son procès, mercredi, citant abondamment la Bible et en écorchant au passage Harry Potter.

« Mieux vaut obéir aux lois de Dieu qu'aux lois de l'homme », a répété le pasteur aux questions de la procureure de la poursuite, Sonia Lapointe, en contre-interrogatoire.

Le pasteur de 68 ans qui témoigne pour une 14e journée est accusé de sévices physiques et psychologiques sur six enfants.

Il explique qu'il n'a fait qu'appliquer les principes bibliques, dans son « académie », soit l'école clandestine qu'il tenait dans le sous-sol de sa résidence du quartier Neufchâtel, à Québec.

Ses élèves, dont certains demeuraient avec lui, vivaient dans un environnement fermé du monde extérieur pour éviter d'être exposés à certains vices comme la prostitution, la drogue et la sorcellerie.

Claude Guillot enseignait dans le sous-sol de sa résidence.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Claude Guillot enseignait dans le sous-sol de sa résidence.

Photo : Radio-Canada / Photo présentée en preuve

Harry Potter, c'est carrément contraire à ce que la Bible enseigne, Dieu condamne toute sorcellerie.

Claude Guillot

La semaine dernière, alors qu'il était questionné par son avocate Me Susan Corriveau, il a affirmé que ses étudiants pouvaient consulter Internet, quand ils commençaient à étudier à l'université.

Par contre, il leur fallait naviguer sur des sites « recommandables selon Dieu », insiste le pasteur. Et les réseaux sociaux n'en font pas partie.

« Les médias sociaux comme Facebook, ce n'était pas recommandable d'aller là », indique-t-il.

Apprendre « à se soumettre »

Le pasteur Guillot confirme certains événements rapportés par les témoins, tout en en diminuant leur durée ou leur importance.

Certains plaignants ont dit avoir été contraints de faire du piquet durant de longues heures, pendant des semaines, leur entrainant d'importantes souffrances.

Guillot confirme qu'il a imposé cette conséquence à raison de 11 heures par jour, mais que les enfants avaient le loisir d'y mettre fin pourvu qu'ils cessent de résister à ses règles.

« S'il a compris, ça s'arrête », a résumé le pasteur, disant que dans le pire des cas, un enfant s'est soumis à cette discipline pendant six jours consécutifs avant de se soumettre.

« C'était de les freiner dans leur résistance et leur apprendre à obéir », insiste-t-il, citant encore une fois un passage de la Bible qui prône l'obéissance des enfants à leurs parents.

À plusieurs reprises durant son témoignage, il dira prendre des moyens pour que l'enfant soit « opérationnel ».

« Sombrer » dans la masturbation

Dans le ministère de Guillot, les pensées « impures » sont réprouvées, et la masturbation, proscrite.

Il a ainsi expulsé un jeune homme de 25 ans parce qu'il s'était masturbé « à deux reprises ».

Le disciple s'était lui-même dénoncé, piteusement, au pasteur.

« J'étais vraiment attristé de le voir encore sombrer là-dedans », a déploré Guillot.

Il affirme avoir avisé les autres garçons « de ne pas commencer ça, parce qu'à moment donné, vous allez être pris avec ça ».

« À moment donner je ne pouvais pas me permettre ce genre d'opération dans ma famille », a martelé le pasteur, en rappelant qu'il avait des filles.

Son témoignage se poursuit jeudi.

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