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Nouveau président au Mexique : de l'espoir aux craintes

Assise dans son bureau, Soledad Loaeza.

La politologue mexicaine Soledad Loaeza.

Photo : Radio-Canada / Yves de Vathaire

Michel Désautels

Les premiers mois de la nouvelle administration d'Andres Manuel Lopez Obrador font craindre le pire à la politologue mexicaine Soledad Loaeza. Rencontre.

La dernière année politique au Mexique a été marquée par l’élection du président Andres Manuel Lopez Obrador, candidat populiste de gauche, dont la victoire personnelle a été accompagnée d’une majorité de députés au Congrès et de l'accession des candidats de sa formation (Mouvement de régénération nationale) aux postes de gouverneurs.

En infligeant une défaite spectaculaire à ses opposants, AMLO, comme on l’appelle familièrement, a renvoyé le Parti révolutionnaire institutionnel qui régnait pratiquement sans partage sur le pays depuis 70 ans se refaire une virginité sur les rares banquettes de l’opposition qui lui restent.

Ce résultat en inquiète plusieurs dans le pays, qui craignent de voir le président durcir sa manière de lutter contre la corruption, un combat dopé par son mépris pour les fonctionnaires et les experts, qu’il accuse de complicité avec l’ancien pouvoir.

La politologue Soledad Loaeza fait partie des intellectuels mexicains qui étaient d’accord avec le constat d’incompétence des gouvernements précédents (PRI et PAN confondus). Toutefois, les premiers mois de la nouvelle administration lui font craindre le pire. Elle voit les signes d’une présidence qui ne comprend pas le rôle de l’opposition dans une démocratie, d’un homme qui rêve de diriger par référendum et que les questions internationales n’intéressent guère.

Pire encore : Lopez Obrador amorce des rapprochements avec l’Église catholique comme avec l’armée. Mme Loaeza parle d’une situation non seulement inusitée, mais aussi dangereuse.

L'entrevue de Michel Désautels avec Soledad Loaeza est présentée le 7 avril à Désautels le dimanche dans le cadre de la série Le Mexique, entre l'ombre et la lumière.

Ces attitudes, selon elle, laissent entrevoir un président centralisateur qui ne s’intéresse pas à celles et ceux qui l’ont fait élire (la classe moyenne) et ne propose rien de structurel pour alléger les difficultés économiques des plus pauvres (qui ont massivement voté pour lui).

Enfin, elle perçoit une vraie angoisse dans les milieux d’affaires qui n’ont plus d’interlocuteur familier en face d’eux. Une incertitude qui n’augure rien de bon pour un pays qui a un vrai besoin de relance économique.

Vous l’aurez compris, c’est une politologue inquiète qui m’a reçu dans son bureau du Collegio de Mexico il y a quelques semaines. Une femme qui craint que cette élection porteuse de si grands espoirs marque dans les faits un recul pour la société mexicaine qui ne peut se le permettre.

Écoutez l'entrevue de Michel Désautels avec la politologue Soledad Loaeza :

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