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Pas de ruée vers les maternelles 4 ans

Des élèves d'une classe de maternelle 4 ans de l'école Sainte-Odile de Québec

Photo : Radio-Canada / Frédéric Bissonnette

Mathieu Dion

Avec toute l'insistance que met le gouvernement Legault, on aurait pu croire que les classes de maternelle 4 ans ajoutées pour la rentrée seraient déjà remplies. Il n'en est rien. Un peu partout au Québec, les périodes d'inscription ont dû être prolongées.

À la mi-février, le ministère de l’Éducation autorisait 250 classes de maternelle 4 ans de plus dès septembre pour un total de 644. Nous avons donc contacté l’ensemble des commissions scolaires afin de connaître l’engouement pour ces nouvelles classes, et un peu plus de la moitié d'entre elles nous ont fourni des réponses.

Pour nombre de commissions scolaires, le blitz d’inscriptions avait lieu au mois de mars. Dans la majorité des cas, il est toujours possible d’y inscrire son enfant. Un minimum de 6 élèves est nécessaire pour ouvrir une classe, jusqu’à un maximum de 17.

À Montréal, où très peu de classes ont été ajoutées faute d’espace, les classes sont remplies au maximum. Situation semblable à Laval, où la commission scolaire n’obtient rien de plus que les 6 classes qu’elle possédait déjà. « On n’a pas de place, répond du tac au tac la présidente Louise Lortie. […] Il y a plusieurs enfants qu’on ne dessert pas et qui ne sont pas desservis du tout par les services de garde. »

Dans la région de la Capitale-Nationale, une quarantaine de classes de plus sont prévues. Bien que les inscriptions doivent normalement être terminées, toute demande est encore acceptée, puisque des dizaines de places ne sont pas remplies.

Des hauts et des bas à l’extérieur des grands centres

L’exemple le plus patent est celui de la Commission scolaire de Kamouraska–Rivière-du-Loup, qui devait passer de 6 classes cette année à 24 en septembre. « Dix-huit de plus, c'est au-delà de notre capacité et de la réponse des parents, explique le porte-parole Éric Choinière. On a des petits milieux. » Onze classes seulement ouvriront et moins de la moitié d’entre elles auront près du maximum d’élèves permis.

Le portrait est similaire à la Commission scolaire René-Lévesque, où 18 classes ont été autorisées, 5 de plus que cette année. « Ce n’est pas une ruée, admet la directrice des services éducatifs, Monica Pichette. Dans certains milieux, on n’a pas la population d’enfants pour permettre l’ouverture d’un groupe. »

Le cas de la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe révèle un déséquilibre entre la ville et les petites municipalités. Elle passe de 7 à 16 classes autorisées à la rentrée, mais pourrait ne pas pouvoir en ouvrir la totalité.

La directrice des services éducatifs, Karine St-Germain, affirme qu’elle a trois groupes pour lesquels « ce sera peut-être difficile de les ouvrir » et qu’une « relance sera faite à cet effet ». En raison du manque de locaux en ville, les quatre classes sont remplies au maximum, alors qu’à l’extérieur du milieu urbain, elles peinent à se remplir.

Un ballon qui se dégonfle

Le gouvernement caquiste s’est engagé en début de mandat à ouvrir 5000 classes de maternelle 4 ans sur le territoire québécois afin que tous y aient accès.

Au récent budget, il calmait ses ardeurs en vue de ce déploiement. Avec les 436 millions prévus d'ici 5 ans, la moitié des classes promises seraient au rendez-vous.

« On s’ajustera au besoin », avait expliqué alors le président du Conseil du Trésor, Christian Dubé.

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