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Le Manitoba poursuit Ottawa pour la taxe carbone

Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, porte un  costume-cravate et a la tête tournée vers la gauche lors d'un discours.

Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada

Après la Saskatchewan et l'Ontario, le Manitoba est la troisième province à intenter une poursuite contre le gouvernement fédéral au sujet de la taxe carbone.

« Nous faisons appel aux tribunaux, déclare le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister. Ottawa ne peut pas imposer sa taxe sur le carbone aux Manitobains. »

Selon Brian Pallister, le gouvernement fédéral a le pouvoir constitutionnel d'imposer une taxe sur le carbone, mais uniquement aux provinces qui ne mettent pas en œuvre leur propre plan.

Après la création de son plan vert, le premier ministre du Manitoba dit avoir demandé au gouvernement fédéral de garantir qu’il n’imposerait pas la taxe fédérale aux Manitobains. Il affirme ne pas avoir obtenu la réponse qu’il espérait.

« Ottawa a reconnu que notre plan est le meilleur au Canada, mais a été incapable de nous dire ce que nous voulions entendre. Il a décidé d’imposer aux Manitobains une taxe sur le carbone plus élevée que la nôtre et qui augmentera davantage. Il l'a fait malgré le traitement spécial et les exemptions accordées aux autres provinces », ajoute M. Pallister.

Rien ne justifie que le gouvernement fédéral rejette le plan du Manitoba tout en approuvant des plans moins efficaces d'autres provinces, assure-t-il.

Notre plan vert est meilleur pour l’économie du Manitoba et meilleur pour notre environnement.

Brian Pallister, premier ministre du Manitoba

Selon Brian Pallister, le plan fédéral, tel qu'il existe, n’est pas un plan national. Il s’agit d’une courtepointe d’ententes qui impose différents standards dans chaque province, soutient-il.

« Nous devrions être unis pour protéger le Canada contre le carbone. Nous ne devrions pas devoir nous battre en justice », affirme-t-il.

Selon lui, la conduite du gouvernement fédéral est injuste envers les Manitobains et constitue une menace pour la croissance économique de la province.

« Nourrir nos familles et de les garder au chaud en hiver coûtera plus cher. Ça fait mal au nord du Manitoba. Ça nuit à notre secteur agricole et à notre secteur des transports », ajoute M. Pallister.

Quant à une éventuelle taxe provinciale sur le carbone qui remplacerait celle du fédéral, le premier ministre n'a pas confirmé aujourd'hui si le Manitoba la chiffrerait à 25 $ la tonne. On ne sait pas non plus sur quels produits elle s’appliquerait ni quel serait son impact sur le portefeuille des Manitobains.

L’Ontario et la Saskatchewan ont déjà intenté des actions en justice contre le gouvernement fédéral pour contester la taxe sur le carbone.

Réaction du fédéral

Le gouvernement fédéral n’a pas tardé à réagir à l’annonce de Brian Pallister. Le secrétaire parlementaire de la ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Terry Duguid, a réagi par courriel : « La pollution par le carbone ne devrait pas être un enjeu partisan. Si des politiciens conservateurs choisissent de ne pas faire ce qui est bon pour le climat et nos enfants, nous le ferons. »

« Le premier ministre devrait demander aux habitants de Churchill, qui ont passé plus d’un an sans chemin de fer à cause des inondations – un chemin de fer que [Brian Pallister] a refusé d’aider à reconstruire – s’ils pensent que nous devons lutter contre le changement climatique », poursuit Terry Duguid.

« Le Canada a un plan sérieux, qui consiste à fixer un prix sur la pollution par le carbone, car il s’agit d’un moyen pratique et abordable de réduire la pollution, ajoute-t-il. Cela garantit également que les Canadiens seront mieux nantis. Cette année, une famille de quatre personnes au Manitoba recevra 339 $ dans le cadre de l’Incitatif à agir pour le climat. »

« Au lieu de gaspiller l’argent des contribuables devant les tribunaux pour lutter contre les mesures climatiques, nous aurions espéré voir le premier ministre lutter contre les changements climatiques, affirme le député libéral. Cette semaine, les scientifiques ont clairement fait comprendre que le Canada se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde. Il est temps d’agir. »

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