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Pêches et Océans annule la baisse de quotas de crevette

Un employé transfère des crevettes cuites dans des sacs en plastique

Arrivage de crevettes nordiques

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Joane Bérubé

Pêches et Océans Canada révise sa décision et se rend aux arguments des pêcheurs. Les baisses de quotas pour la saison de pêche 2019, annoncés la semaine dernière, n'auront pas lieu.

Les taux de capture autorisés (TAC) seront les mêmes que ceux de la saison 2018. La décision concerne les quatre zones du golfe du Saint-Laurent.

Les pêcheurs pourront prendre :

  • 239 t dans la zone 12 (de l’Estuaire)
  • 4267 t dans la zone 10 (de Sept-Îles)
  • 6871 t dans la zone 9 (d’Anticosti)
  • 5960 t dans la zone 8 (d’Esquiman)

Lors de l’annonce du plan de pêche 2019, les crevettiers avaient vivement protesté contre une quatrième baisse de quotas en quatre ans. Plusieurs pêcheurs estimaient qu’ils avaient perdu la moitié de leurs prises autorisées depuis 2017.

Un comité avait été formé pour demander à Pêches et Océans de revoir sa décision.

Pêches et Océans précise que sa décision est le résultat de longues discussions où ont été considérés l’avis des scientifiques, la situation économique et les interventions des pêcheurs et communautés autochtones.

Le Ministère ajoute que le groupe de travail, qui comprend des pêcheurs et des représentants des communautés autochtones, poursuivra son analyse de l’avenir de la pêche à la crevette nordique dans l’estuaire et le golfe Saint-Laurent.

Des contenants remplis de crevettes crues sortent d'un bateau de pêche au quai de Sept-Îles

Débarquement de crevettes crues au quai des pêcheurs à Sept-Îles

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Les stocks de crevettes sont en déclin depuis 2015, notamment en raison de la prédation du sébaste et du réchauffement de l’eau. Pêches et Océans spécifie toutefois que cette nouvelle décision respecte l’approche de précaution de la crevette de l’estuaire et du golfe.

Réactions de l'industrie

Il est rare qu’un plan de pêche annoncé par le ministre soit ainsi modifié.

Le directeur général de l’Association québécoise de l’industrie de la pêche, Jean-Paul Gagné, se montre d’ailleurs prudent et s’interroge sur les motivations de ce revirement. On se pose des questions. Est-ce que c’est politique ou autre? Il y a des élections cette année, commente M. Gagné.

Le directeur de l’AQIP hésite à parler d’une bonne nouvelle. En autant, dit-il, que la crevette soit encore là, l’année prochaine et les autres années. Est-ce que les scientifiques sont d’accord avec ça?

Patrice Element, directeur de l'Office des pêcheurs de crevettes de la ville de Gaspé

Patrice Element, directeur de l'Office des pêcheurs de crevettes de la ville de Gaspé

Photo : Radio-Canada

Le directeur de l'Office des pêcheurs de crevette de la ville de Gaspé, Patrice Element, a moins de réserve.

Il estime que c’est une décision intéressante tant pour les pêcheurs, pour les transformateurs que pour les communautés. Ce qui est clair dans notre esprit, c’est que sur le plan de l’écologie et de la protection de la ressource, considérant le faible impact de l’effort de pêche comparativement à la prédation du sébaste, on est convaincu que cela n’aura pas d’impact négatif sur la conservation de la ressource.

Il faut quand même saluer l’ouverture de Pêches et Océans Canada à tenir compte de l’impact de leurs décisions sur les communautés qui en vivent.

Patrice Element, directeur de l'Office des pêcheurs de crevette de la ville de Gaspé

Négociations toujours en cours

Les négociations se poursuivent entre les usines du Grand Gaspé et les crevettiers. Les industriels ont offert le prix de l’an passé jusqu’au 1er juillet. Même si la crevette est plus rare dans l’estuaire et le golfe, elle est abondante ailleurs, soutient Jean-Paul Gagné.

C’est clair qu’entre les transformateurs et les pêcheurs, il y a une compréhension différente du marché, souligne Patrice Element.

Les deux parties indiquent en arriver à une entente négociée. Sans entente, la cause sera entendue en arbitrage le 11 avril prochain.

Des travailleurs à l'usine des Pêcheries Marinard

Des travailleurs à l'usine des Pêcheries Marinard

Photo : Myriam Fimbry

Contrairement aux années antérieures, les pêcheurs partiront quand même en mer selon les nouvelles règles qui s’appliquent en vertu d’une décision récente de la Régie des marchés agricoles.

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