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Lock-out à l’ABI : rien ne va plus entre le syndicat et la direction

Pancarte extérieure de l'ABI l'hiver avec des pancartes syndicales en avant.

Les travailleurs de l'Aluminerie de Bécancour inc. sont en lock-out depuis le 11 janvier 2018.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Rejet de la contre-offre syndicale, accusations de parti pris contre le premier ministre et négociations au point mort : la matinée a été riche en rebondissements dans le dossier du conflit de travail à l'Aluminerie de Bécancour inc. (ABI).

Alors que le Syndicat des métallos et la direction de l’Aluminerie de Bécancour étaient de retour mercredi matin à la même table pour une séance de conciliation, l’employeur a annoncé qu’il refusait la contre-offre syndicale déposée le 21 mars dernier.

La direction de l’ABI estime que la contre-offre en vue d'une nouvelle convention collective ne répond pas aux exigences nécessaires pour un potentiel redémarrage de l’aluminerie.

L'ABI détermine cinq points conflictuels, soit la réorganisation du travail, la stabilité de la main-d’œuvre, l’absentéisme, les activités syndicales et le régime de retraite.

Elle énumère notamment que la contre-offre syndicale maintient une organisation du travail « obsolète et inefficace », qui ne donne aucune souplesse à l’employeur en matière de droits de gestion.

L'ABI soulève aussi l’absence de mesures pour réduire l’absentéisme des travailleurs, qui avoisine les 12 % dans son usine, ce qui représente selon elle le double de la moyenne de l’industrie au Québec.

La direction d'ABI aimerait voir l'aluminerie redémarrer, mais un accord sur les précédents éléments fondamentaux doit tout d'abord être conclu avec le syndicat. Une fois cela fait, la direction sera disposée à discuter du protocole de retour au travail.

Extrait du communiqué de presse du 3 avril de l'Aluminerie de Bécancour inc.

Elle rappelle que l’offre présentée par la direction le 4 mars dernier était complète et qu’elle offrait des augmentations salariales moyennes d’au moins 2,55 %.

Cette plus récente offre patronale avait été rejetée à 82 % par les travailleurs.

Le syndicat montre François Legault du doigt

Le Syndicat des métallos a déploré que l’ABI soit arrivée « les mains vides » à la rencontre de conciliation de mercredi.

La compagnie s’est présentée à la rencontre le torse bombé par les récentes déclarations inappropriées du premier ministre, qui a pris parti contre les syndiqués, a déclaré par communiqué le président de la section locale 9700 des Métallos, Clément Masse.

Des gens autour d'une table.

Le premier ministre a d'abord rencontré le syndicat, puis la direction de l'Aluminerie de Bécancour inc. (ABI), en lock-out depuis plus de 14 mois.

Photo : Twitter/François Legault

Le représentant syndical a fait savoir que la direction laisse planer la menace d’un arrêt de la dernière série de cuves de l’aluminerie, actuellement exploitée par des cadres.

Les interventions déplacées du premier ministre ont mis de l’huile sur le feu et nuisent à la résolution du conflit.

Le président de la section locale 9700 du Syndicat des métallos, Clément Masse

L’adjoint au directeur québécois des Métallos, Dominic Lemieux, a accusé le premier ministre Legault de s’acharner sur les travailleurs de l’ABI. Les syndiqués se sentent trahis par le premier ministre, qui choisit le camp de la multinationale américaine, a-t-il dénoncé dans un communiqué de presse diffusé à la sortie de la rencontre de conciliation.

Malgré le rejet de la contre-offre syndicale par la direction, le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale et député de Trois-Rivières, Jean Boulet, a espoir que les discussions vont se poursuivre.

Le conciliateur est là, il pourrait convoquer les parties à une nouvelle rencontre, dit-il. La porte n’est pas fermée.

Le premier ministre persiste et signe

François Legault a précisé sa déclaration de mardi dans laquelle il avait qualifié le syndicat de pas raisonnable.

François Legault en scrum dans un corridor de l'Assemblée nationale.

Le premier ministre du Québec François Legault a précisé sa pensée sur le conflit de travail à l'Aluminerie de Bécancour, dans lequel il trouve que le syndicat « n'est pas raisonnable. »

Photo : Radio-Canada

Le premier ministre y est allé d’exemples de demandes syndicales qu’il trouve déraisonnables. [Le syndicat] demande 10 000 heures de libération syndicale, la compagnie offre 7 500 heures. Je trouve que ce n’est pas raisonnable de demander 10 000 heures.

Il a aussi désigné la demande syndicale selon laquelle la contribution de l’employeur au régime de retraite passerait de 12 à 12,6 %, alors que celle des employés serait de 8 %.

Je trouve qu'actuellement, on joue avec le feu. On a depuis 15 mois un impact, et moi je suis là pour protéger le bien commun. Il n’y a pas qu’un impact sur les 900 employés, mais aussi pour toute l’économie de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Le premier ministre du Québec, François Legault

Il s’agit de la plus récente d’une série de déclarations du premier ministre Legault dans le dossier du conflit de travail à l'ABI.

Le Syndicat des métallos s’est indigné des commentaires et déclarations de François Legault depuis sa rencontre avec lui, lundi.

Jean Boulet dans le couloir de l'Assemblée nationale à Québec, en mêlée de presse

Le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale et député de Trois-Rivières, Jean Boulet, a commenté mercredi le rejet de la contre-offre syndicale par la direction de l'Aluminerie de Bécancour inc. (ABI).

Photo : Radio-Canada

En mêlée de presse à l'Assemblée nationale mercredi, le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale et député de Trois-Rivières, Jean Boulet, a tenu à dire que M. Legault est totalement conscient que dans tous processus de négociation raisonnée, les deux parties doivent faire des concessions.

La pression, on en a mis tant auprès de l’employeur que de la partie syndicale durant les rencontres de lundi, ajoute-t-il.

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