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Laïcité de l'État : l'opposition en attente des réponses du gouvernement

Pour le député libéral Gaétan Barrette, la CAQ fait preuve d'improvisation dans le dossier de la laïcité.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les partis d'opposition pressent toujours le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) de clarifier les moyens auxquels il entend recourir pour faire appliquer les dispositions de son projet de loi sur le port de signes religieux par certains employés de l'État en position d'autorité, au lendemain d'un flou ministériel sur la question.

« Quand on dépose un projet de loi, il faut être ultra-préparé sur les moyens, et non pas uniquement sur les grands principes », a ainsi déclaré la députée libérale Hélène David en mêlée de presse dans les corridors de l'Assemblée nationale.

Les divers partis d'opposition ont largement critiqué la sortie, mardi, de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, qui a affirmé que la police pourrait intervenir pour faire respecter les normes du projet de loi sur le port de signes religieux.

Mme Guilbault a par la suite corrigé le tir, aidée en ce sens par la ministre de la Justice, Sonia LeBel, qui a précisé qu'il était plutôt question d'injonctions en cas de non-respect de la loi, mais le mal était fait.

« Ça me surprend [que la ministre Guilbault] ne connaisse pas la différence entre judiciaire et juridique, mais tout le monde peut se faire prendre [en répondant aux journalistes] », a tempéré Mme David.

« Je ne veux pas l'excuser, mais je comprends que ce n'est pas toujours facile. »

La députée libérale s'inquiète toutefois que ce projet de loi « d'une très grande complexité » ne concerne plus seulement les signes ostentatoires, mais plutôt tous les signes religieux.

« Improvisation »

Aux yeux de son collègue Gaétan Barrette, la CAQ fait preuve d'une « improvisation la plus totale » dans ce dossier.

Quel message envoyons-nous à la population en général? Cela devient une question de compétence, ou plutôt d'incompétence.

Le député libéral Gaétan Barrette

S'il juge la loi difficile à appliquer, l'ancien ministre de la Santé a toutefois précisé qu'« une fois adoptée, c'est une loi; on respecte la loi », et ce, même si le Parti libéral du Québec votera contre le projet caquiste.

« Je suis certain que la CAQ utilisera le bâillon » pour atteindre son objectif.

Au Parti québécois, on se montre plus favorable à l'idée de l'interdiction des signes religieux, mais le chef intérimaire Pascal Bérubé juge que, là encore, les moyens demeurent flous : « les gestionnaires devront avoir des balises » pour faire respecter la loi, dit-il.

« Appeler la police m'apparaît excessif. M. Legault peut bien contrôler ses publications Facebook et les publicités qu'il achète dans les journaux, mais lorsque ce sont les ministres qui décident de dire ça, je crois que cela en dit beaucoup plus que les publicités. »

Les ministres caquistes sont-ils inexpérimentés, comme l'a suggéré le premier ministre lui-même? « Je ne commente pas; il a fait son choix de conseil des ministres », a répondu Pascal Bérubé, sourire aux lèvres.

Legault persiste et signe

Face aux critiques de l'opposition, le premier ministre réitère que son projet de loi est « raisonnable » : « On se donne des règles, au Québec, des règles appuyées par une grande majorité des Québécois », a-t-il dit en mêlée de presse.

Que doit-on faire, par exemple, avec les futures professeures qui portent actuellement un signe religieux? « Il y a d'autres emplois de disponibles », a laissé tomber M. Legault.

« Je suis convaincu que toutes les organisations publiques feront appliquer la loi », a mentionné de son côté Simon Jolin-Barrette, le ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion, avant de participer à la période de questions à l'Assemblée nationale.

À Montréal, enfin, quelques dizaines de personnes se sont rassemblées autour d'une école secondaire de Westmount ce matin pour former une chaîne humaine et protester contre le projet de loi caquiste.

Organisée par l'un des enseignants de l'école, la brève manifestation visait à dénoncer une « attaque haineuse » contre les droits fondamentaux des enseignants et des élèves, a-t-on souligné.

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