•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'indépendance de la défenseure des enfants à l'Î.-P.-É. s'invite dans la campagne électorale

Deux femmes discutent ensemble dans une pièce.

La commissaire et défenseure des droits des enfants de l'Île-du-Prince-Édouard, Michele Dorsey, avec l'ancienne ministre des Services à la famille, Tina Mundy.

Photo : Radio-Canada / François Pierre Dufault

François Pierre Dufault

L'indépendance de la nouvelle commissaire et défenseure des droits des enfants de l'Île-du-Prince-Édouard est devenue un enjeu électoral. Alors que la mise sur pied du bureau de Michele Dorsey prend du retard, des partis politiques promettent de rendre le nouveau poste totalement indépendant du gouvernement.

Lors de sa nomination en janvier dernier, la nouvelle protectrice des enfants avait reconnu qu'elle pouvait difficilement exercer ses fonctions à partir de son bureau du 5e étage de l'édifice Shaw, au centre-ville de Charlottetown, où se trouvent aussi les bureaux du premier ministre et du Conseil exécutif. Ce n'est pas l'endroit le plus accessible, avait-elle indiqué.

Michele Dorsey avait alors promis d'établir son bureau ailleurs avant le 1er avril.

La nouvelle protectrice des enfants se rapporte directement au conseil des ministres, contrairement à ses homologues des autres provinces qui sont indépendants.

Mardi, le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard a cependant confirmé à Radio-Canada que la commissaire et défenseure des droits des enfants était toujours à la recherche d'un bureau principal à Charlottetown et de bureaux satellites ailleurs dans la province.

Michele Dorsey n'était pas disponible pour une entrevue.

En pleine campagne électorale, ce retard relance le débat sur l'indépendance de la nouvelle commissaire et défenseure des droits des enfants.

Le Parti vert de l'Île-du-Prince-Édouard promet de créer un bureau totalement indépendant, comme c'est le cas dans les autres provinces. Le chef du parti, Peter Bevan-Baker, reproche au gouvernement libéral sortant d'être réticent à toute forme de surveillance.

Un défenseur des enfants est là, bien sûr, pour défendre les enfants, mais aussi pour critiquer le gouvernement et lui suggérer des lois ou des mesures qui pourraient améliorer le bien-être des enfants.

Peter Bevan-Baker, chef du Parti vert de l'Île-du-Prince-Édouard

Les progressistes-conservateurs abondent dans le même sens. Ils promettent, eux aussi, de donner son indépendance à la commissaire et défenseure des droits des enfants. Ce retard dans l'établissement d'un bureau ailleurs qu'au 5e étage [de l'édifice Shaw] est la preuve que [les libéraux] ne veulent pas d'un défenseur indépendant, déplore le député sortant James Aylward. Je trouve leur refus scandaleux.

En 2015, le coroner Roy Montgomery, qui enquêtait sur un meurtre-suicide impliquant un bambin, avait recommandé au gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard de créer un poste de défenseur des enfants. Une longue bataille juridique pour la garde de l'enfant aurait mené au drame.

Depuis, l'opposition à l'Assemblée législative a souvent réclamé la création d'un poste de défenseur indépendant des droits des enfants. Le premier ministre sortant Wade MacLauchlan s'y était d'abord opposé bec et ongles, disant qu'il préférait investir dans les services de première ligne. Il a par la suite nuancé ses propos.

Les libéraux n'ont pas donné suite à nos demandes d'entrevue, mardi.

Mercredi, Wade MacLauchlan a fermé la porte à l'indépendance de la commissaire et défenseure des droits des enfants. Selon lui, la fonctionnaire a les coudées franches pour bien faire son travail, même si son poste dépend directement du conseil des ministres. Tous nos fonctionnaires sont professionnels et indépendants et ils ont un mandat à remplir, a déclaré le chef libéral, en marge d'une annonce électorale à Charlottetown.

Les élections à l'Île-du-Prince-Édouard auront lieu le 23 avril.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Île-du-Prince-Édouard

Politique provinciale