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Shell appuie la taxe carbone et accentue la pression sur le lobby pétrolier

Un bidon de pétrole jaune avec le logo Shell.

Shell demande au plus important groupe de pression canadien du secteur pétrolier et gazier de soutenir les politiques de taxe sur le carbone.

Photo : Reuters

Radio-Canada

Au lendemain de l'entrée en vigueur de la taxe carbone dans quatre des provinces canadiennes, l'entreprise Shell demande à l'Association canadienne des producteurs pétroliers (ACPP) de changer de politique quant à cette taxe. En cas de refus, la pétrolière énergétique néerlandaise menace de quitter l'organisme.

Un nouveau rapport de Royal Dutch Shell exhorte le plus important groupe de pression du secteur pétrolier et gazier au Canada à soutenir les politiques de taxe sur le carbone au Canada.

En prenant cette position inédite, Shell s'éloigne de l'attitude de la moitié des associations de l’industrie auxquelles la firme appartient.

Shell déplore que l’ACPP n’ait pas commenté l'Accord de Paris sur le climat ou soutenu publiquement les taxes fédérales et provinciales sur le carbone au Canada. Pour sa part, la pétrolière met en avant son soutien à ces politiques.

« La publication de ce rapport est un premier pas vers une plus grande transparence de nos activités dans ce domaine », déclare Shell dans son rapport, publié mardi.

« Les investisseurs de Shell, et plus largement la société civile, doivent être convaincus que nous collaborons de manière constructive avec les autres sur le changement climatique », souligne l'entreprise.

Shell a également annoncé se retirer de l’Association des fabricants américains de carburants et de produits pétrochimiques (AFPM), estimant sa politique climatique trop en décalage avec la sienne.

Logo de Shell

L'annonce de Shell arrive au lendemain de l'entrée en vigueur de la taxe carbone dans quatre provinces canadiennes.

Photo : CBC / David Bell

« Pas la pire chose »

« Il serait sage que l'ACPP se penche sur les propos d'une entreprise comme Shell. Shell affirme vouloir adopter une réglementation, ce qui suppose une taxe sur le carbone », soutient le directeur de l'Institute for Energy and Environmental Policy de l'Université Queen's, en Ontario, Warren Mabee.

« On doit comprendre par cette démarche qu'un prix sur le carbone pourrait ne pas être la pire chose pour l'entreprise », observe Warren Mabee.

Si le Canada souhaite attirer davantage d'investissements étrangers dans les sables bitumineux, Warren Mabee explique que cette décision laisse supposer qu'une réglementation plus stricte pourrait, en réalité, aider cette cause.

Il s'agit d'une bonne nouvelle pour le stratégiste principal en énergie de Greenpeace Canada, Keith Stewart. « Cela va aider à bousculer l'industrie dans le bon sens », estime-t-il.

Shell étudie la façon dont elle peut encore prospérer dans un monde à faible émission de carbone. La plupart des sociétés pétrolières n'en sont pas encore là.

Keith Stewart, stratégiste principal en énergie de Greenpeace Canada

Shell, en tête de l’exportation de gaz au Canada

La société détient toujours une participation dans les sables bitumineux, tout en exerçant des activités dans les domaines du gaz naturel, du pétrole, du raffinage et autres.

Shell est également à la tête du consortium d'entreprises propriétaire de LNG Canada, qui construit la première installation d'exportation de gaz naturel liquéfié au Canada sur la côte de la Colombie-Britannique.

Avec des informations de Meegan Read

Industrie pétrolière

Économie