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La refonte du programme ontarien de l’autisme en 5 temps

Des gens avec une pancarte où il est écrit: «l'autisme ne se termine pas avec Ford».

Des centaines de manifestants devant Queen's Park pour manifester contre la réforme du gouvernement Ford dans le dossier de l'autisme.

Photo : Radio-Canada / Ali Chiasson

Charlotte Mondoux-Fournier

La réforme du gouvernement Ford sur les services aux enfants autistes qui est entrée en vigueur le 1er avril en Ontario a connu un parcours sinueux. Depuis l'annonce, en février, les changements proposés ont suscité la controverse et de vives critiques. Après une volte-face de la part du gouvernement, des modifications au nouveau programme pourraient encore être à prévoir. Voici cinq moments clés pour comprendre l'évolution de cette réforme.

1. Un plan nouveau

Le 6 février, le gouvernement annonce son projet de réforme sur les services aux enfants autistes, lequel vise à écourter la liste des 23 000 enfants qui attendent de recevoir des services subventionnés.

Cette réforme offre un financement direct à tous les parents dont les enfants ont reçu un diagnostic d'autisme pour des soins privés.

À l'heure actuelle, près de trois enfants sur quatre qui ont besoin de soutien en matière d'autisme continuent à languir sur des listes d'attente, en raison du cynisme et de l'incompétence du précédent gouvernement.

Lisa MacLeod, ministre des Services à l'enfance

Le gouvernement promet que les parents obtiendront du financement, pour un maximum de 140 000 $, jusqu'à ce que leur enfant ait 18 ans. Cette somme sera néanmoins plafonnée en fonction de l'âge de l'enfant des revenus familiaux.

Ainsi, un enfant qui accède au programme à l'âge de 2 ans pourra toucher jusqu'à 140 000 $ jusqu’à ses 18 ans, alors que le montant maximum sera de 55 000 $ pour un enfant de 7 ans.

Seuls les ménages dont le revenu annuel est inférieur à 55 000 $ sont admissibles à l’octroi du montant maximal et les familles qui gagnent plus de 250 000 $ n'auront droit à aucune aide financière.


2. Lisa MacLeod dans l’embarras

Une semaine après l’annonce, la ministre des Services à l’enfance, Lisa MacLeod, est plongée dans une controverse lorsqu’une association de spécialistes l’accuse d’avoir tenté de contraindre l’organisation à appuyer sa réforme des services en matière d’autisme.

L’Ontario Association for Behaviour Analysis (ONTABA) affirme que la ministre MacLeod et son personnel lui ont demandé une citation favorable à la réforme du gouvernement, sinon le groupe ferait face à quatre longues années.

Qui plus est, l’ONTABA s’oppose à la réforme du gouvernement, jugeant que les sommes offertes aux parents sont déterminées de façon arbitraire et que les fonds promis sont insuffisants pour offrir des soins de qualité.

La chef du NPD, Andrea Horwath, demande la démission de la ministre MacLeod.

La ministre des Services à l'enfance s’excuse auprès des personnes qui ont été mal à l'aise ou qui se sont senties menacées.


3. Levée de boucliers

La réforme du programme ontarien pour l’autisme provoque une véritable vague d'indignation chez les acteurs interpellés.

Dans les jours suivant l’annonce, Bruce McIntosh, un employé de la députée conservatrice Amy Fee et ancien président de la Ontario Autism Coalition, claque la porte à son parti.

Ce dernier, qui est également père d’un enfant autiste, estime que l'approche du gouvernement est « indéfendable » et que le financement ne suffit pas.

D’un bout à l’autre de la province, les parents d’enfants autistes sont nombreux à contester le plan. Plusieurs craignent que le financement provincial insuffisant empêche leur enfant de bénéficier des thérapies intensives plus coûteuses.

Pendant les mois de février et mars, parents, thérapeutes et membres de syndicats organisent des manifestations devant Queen’s Park et ailleurs pour exprimer leur mécontentement.


4. Le gouvernement cède à la pression

Fin mars, le gouvernement met de l'eau dans son vin et annonce son intention de revoir le programme provincial.

Ce nouveau programme prévoit la suppression du critère du revenu établi à 55 000 $ et promet d'élargir l'éventail de services admissibles.

Ces changements pourraient coûter 300 millions de dollars de plus au gouvernement et feraient ainsi doubler le budget annuel dédié aux services pour l'autisme.

Notre plan est le meilleur, c’est toujours le meilleur, on vient juste l’améliorer.

Lisa MacLeod, ministre des Services à l’enfance

Malgré le léger recul de la part du gouvernement, certaines critiques persistent.

Plusieurs parents et organismes s’opposent encore à ce qu'ils qualifient de discrimination fondée sur l’âge dans le programme réformé.


5. Des consultations publiques

À l’occasion de la Journée internationale de l’autisme, le 2 avril, le gouvernement annonce une série de consultations pour améliorer l’aide offerte aux familles d'enfants autistes.

Le gouvernement mènera des consultations publiques en ligne et par téléphone à compter du mois de mai, espérant ainsi mieux répondre aux besoins des familles.

Un comité consultatif composé de parents, d'adultes autistes et d'éducateurs spécialisés sera ensuite mis sur pied pour analyser les résultats des consultations.

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Toronto

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