•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La hausse du salaire minimum préférable à un crédit d’impôt, selon un rapport

Photo d'un homme en complet derrière un lutrin en train de parler au micro.

Le directeur de la responsabilité financière de l'Ontario, Peter Weltman

Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Bureau de la responsabilité financière de l'Ontario (BRF) conclut qu'une hausse du salaire minimum à 15 $ l'heure aurait été plus bénéfique pour plus d'Ontariens gagnant le salaire minimum que le crédit d'impôt adopté par le gouvernement Ford. Ce dernier ciblera toutefois davantage les salariés à très faible revenu.

Cette analyse survient alors que les progressistes-conservateurs ont gelé le salaire minimum à 14 $.

Le salaire devait augmenter de 1 $ au début de l’année.

Au lieu de cela, ils ont adopté une réduction d’impôt pour les travailleurs à faible revenu, allant jusqu’à 850 $ par personne.

Nous avons constaté que, dans le cas d'une augmentation du salaire minimum, plus de personnes obtiendraient un avantage plus élevé par rapport au crédit d'impôt. Par contre, ce dernier est plus ciblé ou spécifiquement destiné aux personnes à très faible revenu, indique le directeur du Bureau de la responsabilité financière de l'Ontario, Peter Weltman.

Moins avantageux pour les Ontariens

Selon le BRF, sur les 2,9 millions de salariés dont le revenu est inférieur à 38 500 $ et qui sont admissibles à la réduction d'impôt, seulement 1 million en bénéficieront.

Parmi ceux-ci, seuls 19 000 Ontariens recevront le crédit maximal de 850 $, les autres recevront en moyenne 409 $.

De nombreuses personnes travaillant au salaire minimum ne paient pas l'impôt provincial et ne profiteront donc pas du crédit d'impôt, précise Peter Weltman, directeur du BRF.

Ils seront environ 800 000 travailleurs ontariens au salaire minimum, soit 60 % des travailleurs à faible revenu de l'Ontario, à ne tirer aucun avantage du nouveau crédit d'impôt du gouvernement Ford, car leurs revenus annuels sont inférieurs au seuil de paiement de tout impôt provincial sur le revenu.

En revanche, ce sont 1,3 million d'Ontariens qui auraient profité d'un avantage net après impôt de 810 $ si le salaire minimum avait augmenté à 15 $, selon l'étude, ce qui aurait représenté environ 400 $ de plus par an comparativement à la réduction d'impôt.

Des militants en faveur de l'augmentation du salaire minimum à 15 $ l'heure sont rassemblés dans la circonscription provinciale d'Eglinton-Lawrence à Toronto. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une trentaine de militants en faveur de l'augmentation du salaire minimum à 15 $ l'heure se sont rassemblés dans la circonscription provinciale de Eglinton-Lawrence à Toronto.

Photo : Radio-Canada

De son côté, le ministre des Finances, Vic Fedeli, a déclaré que le gouvernement avait adopté une approche équilibrée en mettant fin à la hausse du salaire minimum afin de donner aux entreprises le temps de s'adapter à l'augmentation tout en instaurant un crédit d'impôt pour les personnes à faible revenu.

Cibler le « revenu inférieur à la médiane »

Une personne dont le revenu est inférieur à la médiane, évaluée à environ 36 000 $ pour 2019, va par contre davantage bénéficier du crédit d'impôt, selon l'étude.

Bien que l'augmentation du salaire minimum ait représenté des avantages pour ces derniers, selon le BRF, le crédit d'impôt fournit une part plus importante de ses avantages globaux à 97 % des personnes ayant un revenu inférieur à la médiane [comparativement] à 86 % [dans le cas] d'une augmentation du salaire minimum.

Les responsables du rapport expliquent par ailleurs que le seul scénario qui permettrait à un travailleur de profiter des changements apportés par le gouvernement Ford serait de gagner beaucoup plus que le salaire minimum, mais de ne travailler qu'à temps partiel.

Un tel travailleur ne bénéficierait pas d'une augmentation de salaire minimum, mais paierait moins d'impôt tant que son revenu annuel se situe sous le seuil des 38 500 $ pour avoir droit au crédit d'impôt.

Le BRF estime également que le manque à gagner pour la province sera de 1,9 milliard de dollars sur cinq ans.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !