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Services psychologiques en Ontario : des besoins criants dans les régions éloignées

Consultation chez un psychologue

Consultation chez un psychologue

Photo : getty images/istockphoto / lorenzoantonucci

Stéphany Laperrière

L'Association des psychologues de l'Ontario (OPA) demande au gouvernement ontarien de financer davantage de places dans les programmes doctoraux et de postes en résidence dans les hôpitaux pour pallier le manque de psychologues dans la province.

Actuellement, 40 % des postes en psychologie au Centre régional des sciences de la santé de Thunder Bay sont vacants, indique son vice-président responsable des soins aux patients, Peter Voros.

Le recrutement est difficile et les besoins sont grandissants dans le Nord-Ouest de l’Ontario où le taux de toxicomanie et de problèmes de santé mentale est élevé, dit-il.

Avec 26 psychologues pour 100 000 habitants, l’Ontario arrive en deuxième position dans le palmarès des provinces ayant le moins de psychologues proportionnellement à la population, derrière le Manitoba.

Le Québec est la province qui fait meilleure figure, avec 103 psychologues pour 100 000 habitants, selon des chiffres rapportés par l’OPA et provenant d’un sondage réalisé l’été dernier auprès des différents ordres professionnels au pays.

En Ontario, près de la moitié des 3800 psychologues ont une pratique se situant à moins de 30 minutes de route du centre-ville de Toronto, selon l'OPA, et le reste travaille majoritairement dans les grands centres.

Cliquez sur les villes pour plus de détails.


Un déséquilibre qui laisse les gens les plus vulnérables dans les communautés rurales ou éloignées avec peu ou pas d’accès aux services psychologiques urgemment nécessaires, préviennent l’OPA et la Société canadienne de psychologie dans un rapport récemment transmis au gouvernement ontarien.

Ce rapport demande la création de 100 places de plus dans les programmes de doctorat en psychologie et de 50 postes de résidents dans les hôpitaux, deux étapes nécessaires pour obtenir le titre de psychologue en Ontario.

On essaie de développer nos programmes universitaires dans les régions où il y a moins d’accès, comme Thunder Bay, explique le Dr Sylvain Roy, neuropsychologue et membre de l’OPA.

Bien que la proportion de psychologues à Thunder Bay soit élevée en comparaison avec d'autres régions ontariennes, une dizaine d'entre eux y travaillent comme professeurs et contribuent donc peu à l'offre de services psychologiques aux patients, précise M. Roy.

Actuellement, l’Ontario accepte en moyenne 138 étudiants chaque année dans les programmes d’études supérieures et 92 postes de résidents sont offerts, selon l’OPA.

Programmes en français

L'OPA aimerait aussi développer un programme doctoral de psychologie en français pour augmenter l'offre de services dans cette langue, un récent sondage ayant révélé que le temps d'attente pour consulter un psychologue en français dépasse les six mois pour plus du quart des patients dans le secteur public.

Nos étudiants se rendent à Ottawa ou, surtout, au Québec [pour faire un doctorat en français], et la majorité ne revient pas, explique le Dr Guy Proulx, neuropsychologue et professeur au Collège Glendon, de l'Université York.

Les données compilées par l'OPA tirées de l'annuaire des membres de l'Ordre des psychologues de l'Ontario révèlent que dans plusieurs régions, notamment celles de Thunder Bay et de Parry Sound, aucun psychologue n'a déclaré offrir des services en français.

Réponse du gouvernement

Par courriel, une porte-parole du ministère de la Formation, des Collèges et des Universités indique que les institutions postsecondaires sont libres de distribuer leur financement entre les différents programmes comme elles le souhaitent.

De son côté, le ministère de la Santé et des Soins de longue durée n'avait pas encore répondu à nos questions au moment de la publication de cet article.

En fin de journée mercredi, le ministère a ensuite transmis une réponse écrite dans laquelle son porte-parole indique que le gouvernement s'est engagé à investir 3,8 milliards de dollars au cours des dix prochaines années pour des services liés à la santé mentale.

David Jensen ajoute que le nombre de psychologues en Ontario a augmenté de 10 % entre 2013 et 2017, alors que la population de la province n'a augmenté que de 4,7 %.

Il précise aussi que le nombre de psychologues pouvant offrir des services en français est passé de 362 à 412 au cours de la même période, une hausse de près de 14 %.

Avec les infographies de Camile Gauthier

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Toronto

Santé mentale