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Le pape reconnaît les « abus et la violence machiste » de l'Église

Le document publié par le pape contient 50 pages et a été publié mardi.

Le pape François invite l'Église à reconnaître son passé de domination masculine et les violences sexuelles infligées aux femmes et aux enfants.

Photo : Reuters / Gonzalo Fuentes

Radio-Canada avec AFP et Reuters
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Dans un souci de ramener les jeunes dans le giron de l'Église catholique, le pape François exhorte ses fidèles à reconnaître la domination masculine et les violences sexuelles infligées aux femmes et aux enfants qui jalonnent son histoire.

Le pape écrit qu’« une Église vivante peut réagir en prêtant attention aux revendications légitimes des femmes qui demandent plus de justice et d'égalité ».

Inspirée du synode épiscopal sur « Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel », qui s’est déroulé en octobre au Vatican, l’« Exhortation apostolique post-synodale », intitulée Christus Vivit et publiée mardi, le pape résume les grandes lignes des réflexions de 267 cardinaux et évêques qui ont pris part à l'exercice.

«  »

— Une citation de  Le pape François

Grâce à cette prise de conscience, le pape estime que l’Église peut porter les revendications des femmes et apporter sa contribution pour développer « une plus grande réciprocité entre hommes et femmes ».

Le pape prend toutefois le soin de préciser que l’Église « n’est pas d’accord avec tout ce que proposent certains groupes féministes ».

Les 11 femmes, qui constituaient le comité de rédaction du magazine Donne Chiesa Mondo [Femmes, Église, Monde] – un supplément mensuel de L’Osservatore Romano - ont d’ailleurs démissionné en bloc le mois dernier. Elles accusent le nouveau directeur de la publication, Andrea Monda, de vouloir contrôler leur travail et limiter leur autonomie.

La démission de ces 11 femmes, qui se disent victimes de l’autoritarisme d’un directeur, survient dans la foulée de la publication de plusieurs articles controversés, notamment sur les religieuses victimes d’agressions sexuelles de la part de prêtres.

Synode et L'Osservatore romano

Institution permanente, le synode épiscopal est une assemblée internationale de hauts dirigeants de l’Église catholique – cardinaux et évêques des cinq continents - discutant des orientations à donner à la mission de l’Église sur des enjeux majeurs. Le synode informe et conseille le pape et il peut prendre des décisions, à la majorité des deux tiers, qui doivent toutefois être entérinées par l’évêque de Rome.

Fondé en 1861 par deux journalistes catholiques, L’Osservatore romano est le quotidien officiel du Vatican. Il fait la promotion de l’Église et publie des articles de réflexions sur la place de la religion dans la société de même que les textes et documents pontificaux. Il publie aussi une édition hebdomadaire dans plusieurs langues, dont le français depuis 1950, et un supplément consacré à la place des femmes au sein de l’Église, depuis 2012.

L’aliénation de la jeunesse

Le pape reconnaît également la désaffection d’un important nombre de jeunes, dont « certains demandent expressément qu’elle [l’Église] les laisse tranquilles, car ils sentent sa présence comme désagréable, sinon irritante ».

«  »

— Une citation de  Le pape François

Le pape souligne que cette attitude des jeunes « ne découle pas toujours d’un mépris non critique ou impulsif », mais qu’elle peut avoir des « raisons sérieuses et compréhensibles ». Il énumère les scandales sexuels et financiers de même qu’une déconnexion du clergé avec la réalité des jeunes pour illustrer son propos.

Quelques mois avant le synode de l’automne dernier, le pape reconnaissait que les jeunes femmes avaient besoin d’une nouvelle vague de leader. « Certaines jeunes femmes estiment qu’elles ont besoin de plus d’exemples de leadership féminin au sein de l’Église et elles désirent avec leurs dons intellectuels et professionnels participer à l’Église », affirme le pape dans son sous-chapitre « l’accompagnement par les adultes ».

Jésus « est en ligne » avec vous

Dans une autre partie de son « Exhortation apostolique post-synodale, le pape met les jeunes en garde contre la « solitude et la violence » qui règne souvent dans l’espace numérique. Il souligne les « gigantesques intérêts économiques » derrière la toile et les pièges – fausses nouvelles, intoxication de l’information et promotion d’idéologies factices – qu’ils peuvent leur tendre.

Le souverain pontife prévient que les acteurs économiques du numérique « sont capables de mettre en place des formes de contrôle aussi subtiles qu'envahissantes, créant des mécanismes de manipulation des consciences et des processus démocratiques ».

Il dénonce aussi les algorithmes qui manipulent la circulation de l’information en créant des « circuits fermés » de personnes qui pensent de la même façon, une situation qui facilite « la diffusion de fausses informations et de fausses nouvelles, fomentant les préjugés et la haine ».

Le successeur de Saint-Pierre présente la prolifération de fausses nouvelles comme l’expression d’une culture qui a « perdu le sens de la vérité » et qui « soumet les faits » aux impératifs de ses propres intérêts.

Avançant que la mémoire de Dieu « n'est pas un disque dur » et que Jésus « est en ligne » avec eux, le pape alerte les jeunes contre l’attrait des idéologies qui « méprisent l’histoire » et qui les incitent à tourner le dos à leurs « racines ».

« Si quelqu'un vous fait une proposition et vous dit d'ignorer l'histoire, de ne pas reconnaître l'expérience des aînés, de mépriser le passé et de regarder seulement vers l'avenir qu'il vous propose, n'est-ce pas une manière facile de vous piéger? », interroge François.

Le pape n’en est pas à ses premières mises en garde envers les dérives d’Internet. Lors des Journées mondiales de la jeunesse en janvier dernier, le souverain pontife avait mis en garde les pèlerins, rassemblés à Panama, des dangers de vivre dans le monde virtuel de l’Internet.

À la conclusion du synode, l’Église est demeurée divisée face à l’urgence d’agir face aux scandales d’abus sexuels. Mais, le pape a tranché et il a organisé un sommet sur la pédophilie au sein du clergé qui a toutefois accouché d’une souris le mois dernier.

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