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Lutte contre le réchauffement climatique : les résultats de l'Allemagne font pâlir ceux du Canada

Un cycliste roule sur une piste cyclable faite de cellules photovoltaïques.

Un Allemand fait du vélo sur un prototype de piste cyclable produisant de l'énergie solaire qui a été inaugurée en novembre dernier à Erftstadt, près de Cologne.

Photo : Getty Images / HENNING KAISER

François Messier

L'Allemagne, première économie d'Europe, a réussi à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 4,2 % en 2018, selon la plus récente estimation publiée mardi par le ministère de l'Environnement.

Le pays de 80 millions d’habitants a relâché un total de 868,7 millions de tonnes métriques d’équivalent CO2 dans l’atmosphère l’an dernier, soit 38 millions de moins que l’année précédente. Il s’agit d’une première baisse du genre en quatre ans.

Selon la ministre sociale-démocrate de l’Environnement, Svenja Schulze, l’Allemagne est parvenue à ce résultat en tirant « plus d’énergie du vent et du soleil et moins du charbon, du pétrole et du gaz ». Les émissions attribuables au secteur des transports ont aussi reculé.

La météo très clémente dont le pays a bénéficié l’an dernier a contribué à cette hausse de production des énergies renouvelables, a convenu Mme Schulze.

Depuis 1990, année de référence de sa politique climatique, l’Allemagne a réduit ses émissions de GES, responsables du réchauffement climatique de 30,6 %. Elle a abandonné l'an dernier son objectif de les réduire de 40 % d'ici 2020, mais cherche toujours officiellement à les réduire de 55 % d’ici 2030, puis à devenir carboneutre en 2050.

Pour parvenir à ses fins, l’Allemagne a déjà annoncé l’abandon du charbon comme source d’énergie d’ici 2038. Mme Schulze prévoit en outre publier cette année « une feuille de route détaillée » qui pourrait inclure des objectifs pour chaque secteur de l’économie.

Le Royaume-Uni, deuxième économie d’Europe, a aussi réduit ses émissions de GES de 3 % pour atteindre 449 millions de tonnes métriques d’équivalent CO2 l’an dernier, selon une estimation publiée la semaine dernière par le ministère des Affaires, de l’Énergie et des Stratégies industrielles.

Cette baisse, la sixième consécutive déclarée par le gouvernement britannique, est aussi attribuable à une baisse de l’énergie produite à partir de charbon dans le pays de 65 millions d’habitants.

Ottawa et Québec pâlissent de la comparaison

Bien qu’il soit beaucoup moins peuplé que l’Allemagne et le Royaume-Uni avec ses quelque 37 millions d’habitants, le Canada a pour sa part produit 704 millions de tonnes de GES en 2016, selon les dernières données officielles publiées en avril 2018.

Cela représentait une légère baisse de 1,4 % par rapport à l’année précédente, mais de seulement 3,8 % ou 28 millions de tonnes par rapport aux données de 2005, année de référence pour ses objectifs climatiques.

L’objectif canadien, fixé par le gouvernement Harper, puis maintenu par le gouvernement Trudeau, consiste à réduire les émissions de GES de 30 % sous le niveau de 2005 d’ici 2030.

Ottawa, qui vient d’imposer une tarification du carbone dans quatre provinces canadiennes n'ayant encore rien fait en ce sens, doit donc retrancher encore 187 millions de tonnes de GES d’ici 2030 pour y parvenir.

Les émissions de GES du Canada sont passées de 611 à 738 mégatonnes entre 1990 et 2005. En cherchant à réduire ses émissions de 30 % par rapport à 2005, le Canada vise en fait à les abaisser d'environ 15 % par rapport à 1990. Son objectif est donc beaucoup moins ambitieux que celui de l'Allemagne.

Au Québec, les émissions de GES ont atteint 78,56 millions de tonnes de GES en 2016, selon les données publiées en novembre par le ministère de l'Environnement, en hausse de 0,01 mégatonne par rapport à 2015.

Au total, ces émissions ont reculé de 9,1 % par rapport à celles constatées en 1990. L’objectif officiel du gouvernement du Québec consiste à parvenir à une réduction de 20 % en 2020 et de 37,5 % en 2030.

Le gouvernement Legault maintient cette cible à l'horizon 2030, mais refuse de s'engager à respecter celles fixées pour 2020.

En vertu de l’Accord de Paris, signé en décembre 2015, les États signataires doivent maintenir la hausse de la température globale de la planète « nettement en dessous de 2 degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels et de poursuivre l'action menée pour limiter l'élévation des températures à 1,5 degré Celsius ».

Pour y parvenir, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) estime que le monde doit réduire ses émissions de GES de 45 % par rapport au niveau de 2010 d’ici 2030, avant de devenir carboneutre en 2050.

À défaut d'y parvenir, le monde doit se préparer notamment à vivre davantage de vagues de chaleur, à constater l'extinction de plus d'espèces, et à assister à une montée du niveau des océans à long terme.

Dans un rapport publié l'automne dernier, le groupe de scientifiques a cependant conclu que le réchauffement se chiffrera à 3 degrés Celsius à la fin du siècle si les États s'en tiennent à leurs engagements actuels.

Le Canada se réchauffe d'ailleurs en moyenne à un rythme deux fois plus élevé que le reste de la planète, selon un rapport d'Environnement Canada rendu public lundi.

Avec les informations d'AFP, Reuters et Associated Press

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