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Un Néo-Brunswickois compte déménager en Nouvelle-Écosse pour obtenir une nouvelle prothèse

Marc Polley enfile sa prothèse couverte de ruban adhésif rouge et gris.

Dans sa quête pour changer sa prothèse devenue douloureuse, Marc Polley s'est buté à la rigidité du ministère du Développement social.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hughes

Jean-Philippe Hughes
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Amputé d'une jambe en 1997, Marc Polley a tout fait pour demeurer actif. Confronté au refus du Nouveau-Brunswick de lui payer une nouvelle prothèse, il sera peut-être contraint de déménager en Nouvelle-Écosse.

Professeur de yoga, technologue en génie civil et amateur de vélo de montagne, Marc Polley n’a jamais baissé les bras. Équipé d’une prothèse, il a surmonté toutes les épreuves qui se sont dressées devant lui après son accident de moto, en 1997.

Marc Polley grimpe une échelle dans sa cour.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marc Polley est demeuré actif depuis l'accident de 1997.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hughes

Cet hiver, sa résidence de Pointe-du-Chêne a été ravagée par un incendie majeur. Je n’ai aucun matériel, c’est tout détruit dans le feu.

Il s’en est sorti indemne, mais deux jours plus tard, sa prothèse le faisait souffrir.

Mon genou a commencé à mal fonctionner et, si je suis en train de marcher, mon pied va coller dans le plancher, ça fait mal à mon corps, ça détruit le corps en réalité.

Depuis décembre, il tente d’obtenir une nouvelle prothèse, mais la province n'est prête à financer qu’une prothèse d’entrée de gamme, d’une valeur de 25 000 $. Ce modèle ne correspond pas aux besoins d’une personne active physiquement. Celle qui convient à Marc Polley coûte plus de 30 000 $.

Marc Polley assis, avec la prothèse dans ses mains.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marc Polley a tenté de réparer sa prothèse, tant bien que mal.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hughes

Vendredi, il a essuyé un refus du gouvernement.

Notre programme est conçu pour les clients du Développement social afin de recevoir le financement pour des biens médicaux, afin de pourvoir [à] leurs besoins de base, lui a répondu une employée du ministère du Développement social par courriel.

La plante du pied sur sa prothèse est plate et la motricité du genou laisse à désirer. Il peine à pratiquer certains de ses sports préférés. Il a dû apposer du ruban adhésif pour que sa prothèse actuelle, vieille de trois ans, tienne en place confortablement.

Le pied de la prothèse, couverte de ruban adhésif gris.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Sa prothèse actuelle a atteint ses limites, et la plante plate du pied est inconfortable pour la pratique de certains sports.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hughes

La prothèse au Nouveau-Brunswick coûte 36 000 $. En Nouvelle-Écosse je peux l’acheter n’importe quand pour 18 000 $, affirme-t-il. Je vais déménager en Nouvelle-Écosse.

Depuis l’accident de 1997, Marc Polley a passé une bonne partie de sa vie en Alberta et en Nouvelle-Écosse, des provinces qui l’ont aidé à obtenir une prothèse qui répondait à ses besoins.

Mes parents sont en train de vieillir, ma soeur a eu un bébé, alors je suis revenu [au Nouveau-Brunswick], explique-t-il. Il a déjà entrepris des démarches en vue de déménager en Nouvelle-Écosse, persuadé d’y obtenir une prothèse de qualité.

Avec le genou de sa jambe amputée accoté sur le comptoir, Marc Polley lave la vaisselle.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marc Polley habite chez son père âgé de 76 ans depuis l'incendie de sa maison, à Pointe-du-Chêne.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hughes

Il attribue la résistance du Nouveau-Brunswick aux contraintes imposées par le ministère du Développement social. Seules trois compagnies sont autorisées à desservir les clients approuvés par le ministère. Faute de concurrence, croit M. Polley, les prix sont plus élevés ici qu’ailleurs au pays.

« Le profit que le gouvernement laisse aux compagnies avec ses politiques, c’est difficile pour nous les amputés. »

— Une citation de  Marc Polley

Avant de quitter sa province natale de nouveau, il aimerait contribuer à améliorer les services offerts aux amputés. Moi je veux changer les politiques qui font que ce problème-là est en place. Mais il s’est rapidement buté à l’appareil administratif.

J’apprécie grandement vos commentaires et même si nous ne pouvons pas changer la politique, c’est une occasion pour nous d’apprendre à propos de votre expérience, lui a répondu une employée du ministère du Développement social.

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