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Taxe carbone : réactions mixtes en Saskatchewan

Un panneau d'affichage numérique du prix régulier de l'essence et du diesel.

La taxe sur le carbone fera augmenter le prix de l'essence à la pompe d'environ 0,04 $ le litre.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des réactions mixtes au sujet de la taxe sur le carbone s'emparent de la Saskatchewan au moment de l'entrée en vigueur de la taxe fédérale. Lundi, Ottawa a imposé son prix sur la pollution aux quatre provinces « récalcitrantes » à la tarification du carbone, l'Ontario, le Manitoba, le Nouveau-Brunswick et la Saskatchewan.

« [La taxe carbone] ne fonctionne pas. C’est une énorme dépense pour les familles qui vivent dans la province et un coût sur notre économie basée principalement sur l’exportation », a déclaré le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, lundi matin.

Depuis son entrée en fonction, le premier ministre saskatchewanais est un farouche opposant à la taxe carbone qu'Ottawa a imposée à plusieurs provinces pour lutter contre les changements climatiques.

Selon lui, la taxe sur le carbone nuira à la compétitivité des industries de la province. Il déplore aussi que la taxe soit appliquée aux factures d’électricité, de gaz naturel, d’essence et aussi sur la taxe de produits et services (TPS).

La Saskatchewan a d’ailleurs attaqué la constitutionnalité de cette taxe devant les tribunaux en février dernier.

Scott Moe s'adressant aux médias lors d'une conférence de presse mardi matin.

Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe.

Photo : Radio-Canada

Compétitivité réduite?

L’Association des producteurs de blé de l'Ouest canadien soutient que la taxe sur le carbone du gouvernement fédéral réduira davantage la marge de profits des producteurs et leur compétitivité sur les marchés.

« Le transport des céréales, des semences, des engrais, du carburant et des pièces entraîne des coûts supplémentaires impossibles à répercuter sur le consommateur final, car les céréales sont vendues aux prix mondiaux », avance l’Association dans un communiqué de presse.

L’agriculteur Michel Lepage pense, quant à lui, que les fermiers sont « pris entre deux murs ».

Il estime qu’il coûtera plus de 300 dollars de plus par année aux agriculteurs pour payer l’essence. « Nous, on ne peut rien faire sans se servir des produits de pétrole pour faire fonctionner nos machines », explique-t-il.

Des impacts minimes

Le chercheur en politiques environnementales et énergétiques de l'Université d'Ottawa, Nicholas Rivers, se fait rassurant. Selon lui, les impacts de la taxe carbone sur l’économie et les familles de la Saskatchewan seront minimes, parce que les revenus de la taxe seront retournés aux ménages.

De son côté, Jeremy Rayner, professeur à l'École d'études supérieures en politiques publiques Johnson-Shoyama, à l’Université de la Saskatchewan, estime qu’une taxe sur la pollution modifierait le comportement de certains consommateurs, mais que ces changements ne suffiraient probablement pas à permettre au Canada de réduire ses émissions de façon globale.

La tarification du carbone s’applique déjà aux émetteurs industriels depuis le 1er janvier.

Avec des informations d'Emmanuelle Poisson, de Samuel Desbiens et de CBC News

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