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Des mesures réclamées pour contrer le mouvement antivaccins

Une personne reçoit un vaccin contre la grippe.

La Commission de la santé publique de Toronto se réunit le lundi 8 avril pour discuter de la façon de traiter un nombre croissant de personnes hésitantes par rapport aux vaccins.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Camille Feireisen

La Commission de la santé publique de Toronto se penchera lundi prochain sur un rapport de la médecin hygiéniste de la Ville qui propose plusieurs recommandations afin de réglementer les campagnes mettant en garde contre la vaccination. L'objectif est aussi de demander à Santé Canada et à l'Organisation mondiale de la santé un cadre plus strict pour restreindre l'activité des groupes antivaccins.

Nous souhaitons que la Commission de la santé publique demande à Santé Canada de voir comment réduire la propagation et la diffusion d’informations erronées et d’allégations fausses sur les vaccins, indique la médecin hygiéniste adjointe, la Dre Vinita Dubey.

Elle explique qu’environ 20 % des Canadiens hésiteraient à faire vacciner leurs enfants après avoir entendu ou lu des choses en ligne qui ont eu un impact sur leur confiance. Mme Dubey ajoute toutefois que seuls 5 % des parents refusent réellement les vaccins. C’est vraiment cette hésitation face aux vaccins qu’on voit augmenter et qui préoccupe les autorités de santé partout dans le monde, souligne-t-elle.

Selon elle, pour contrer ce problème, il faudrait que l’Organisation mondiale de la santé examine des recommandations similaires à celles de la Convention-cadre pour la lutte antitabac, par exemple, en réglementant la publicité en ligne de groupes antivaccins.

Le conseiller municipal et président de la Commission de la santé publique de Toronto, Joe Cressy, considère qu’il s’agit d’une préoccupation urgente. La désinformation antivaccin se propage sur les réseaux sociaux et c’est dur de la contrôler, indique-t-il.

Nous sommes vraiment inquiets de voir que des maladies presque éradiquées ressurgissent.

Joe Cressy, président de la Commission de la santé publique de Toronto
Le conseiller Joe Cressy en entrevue avec CBC, dans un couloir, il porte une chemise blanche et un veston noir, il a les cheveux châtains clairs

Le conseiller municipal Joe Cressy siège au conseil d'administration du centre Harbourfront.

Photo : Radio-Canada / Yan Jun Li

Il aimerait aussi que la Ville de Toronto soit autorisée à bannir ces publicités, comme nous refusons des campagnes proarmes ou protabac, et puisse mener sa propre campagne de sensibilisation du public sur les vaccins.

Il faudra également que les organisations de professionnels de la santé fassent la promotion des vaccins et proposent une approche pour réduire l’hésitation, selon la médecin hygiéniste adjointe.

Sur les réseaux sociaux

Des entreprises technologiques telles que Facebook, Instagram et Google ont reconnu le rôle préjudiciable que ces plateformes ont joué pour répandre des informations erronées sur les vaccins et ont pris des mesures pour remédier à ce problème, rappelle Caroline Quach, pédiatre infectiologue au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine.

La grande majorité des gens qui ne font pas vacciner sont des parents hésitants et qui cherchent plus d’information pour prendre une décision éclairée. Le problème, c’est qu’ils se heurtent à plein d’informations, certaines vraies et d’autres fausses, juge-t-elle.

Un enfant est sur le point de recevoir un vaccin.

De nouveaux cas de rougeole sont rapportés au Canada, où cette maladie avait été éradiquée il y a plus de 20 ans.

Photo : iStock

De récentes éclosions

Bien que les dernières statistiques canadiennes montraient une couverture vaccinale de 85 % environ, elle rappelle qu’il y a eu des résurgences de la rougeole aux États-Unis, qui fait face à de multiples éclosions, mais aussi en Colombie-Britannique récemment.

Il faut maintenir une protection de la population à 95-96 % pour que ça ne se propage pas, précise la Dre Quach.

À Toronto, il y a eu deux cas de rougeole depuis le début de l’année. La ville en compte cinq par année en moyenne. La plupart sont dus à des voyages. Mais c’est sûr que quand la couverture vaccinale baisse, il y a des maladies qu’on ne voyait pas qui ressurgissent, explique-t-elle.

Caroline Quach, pédiatre infectiologue au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine.

Caroline Quach, pédiatre infectiologue au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine.

Photo : Photo remise

De son côté, l’infectiologue à l’Hôpital général juif de Montréal Karl Weiss qualifie cela de problème d’une société riche où l’on ne voit plus les conséquences de la non-vaccination, ou alors très rarement, parce que l’impact du vaccin a été réel, donc certains se posent des questions sur le fait de vacciner ou non.

Il estime toutefois que des règles strictes pour empêcher des groupes antivaccins de s’exprimer pourraient mener à des démarches devant les tribunaux.

On vit dans une société de droit, donc ce serait difficile de se montrer trop coercitifs, je pense, conclut-il.

Toronto

Santé publique