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Analyse

Plateformes électorales : des budgets équilibrés à l’optimisme

Le drapeau albertain flotte devant le dôme de l'assemblée albertaine à Edmonton

Conservateurs et néo-démocrates se basent sur des prévisions budgétaires très optimistes.

Photo : Radio-Canada / Gaetan Lamarre

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les deux principaux partis politiques albertains ont dévoilé leur plateforme en fin de semaine. Les promesses sont ambitieuses et reposent parfois sur des hypothèses très optimistes.

Les néo-démocrates de Rachel Notley et les conservateurs unis de Jason Kenney promettent tous les deux d’équilibrer le budget provincial : en 2022, pour le PCU, et en 2023, pour le NPD.

Le Nouveau Parti démocratique de l’Alberta mise largement sur la continuité de son bilan. Le parti ne propose pas de changement dans les impôts et s’engage à augmenter de manière régulière et limitée les dépenses de la santé, de l’éducation, de l’éducation supérieure et des services sociaux pour répondre à la croissance des besoins de la population.

Les dépenses des autres ministères seraient gelées pour la plus grande part.

La promesse la plus spectaculaire est celle d’un programme de garderies à 25 $ par jour pour tous les enfants. Les néo-démocrates veulent aussi construire des écoles et continuer de subventionner le développement de la pétrochimie.

Rachel Notley, entourée d'enfants, sourit en montrant le dessin d'un enfant.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La promesse la plus dispendieuse du parti NPD est celle de déployer un programme de garderies à travers la province.

Photo : Radio-Canada / Katrine Deniset

Au total, les néo-démocrates pensent augmenter les dépenses de 7 milliards de dollars par an entre cette année et le budget 2023-2024.

C’est à ce moment qu’ils comptent équilibrer le budget de la province, en très grande partie grâce à une forte augmentation des revenus tirés des ressources naturelles.

Explosion des revenus pétroliers?

Ces revenus passeraient de 5,3 milliards de dollars, cette année, à 12,3 milliards, en 2023. Comment? Le gouvernement prévoit une hausse du baril de pétrole, une augmentation de la production et des impôts versés par les exploitants.

« Je ne crois pas que ces projections vont se réaliser », affirme Joseph Doucet, doyen de la faculté d’administration de l’Université de l’Alberta.

L’économiste Trevor Tombe, de l’Université de Calgary, estime que ce plan est trop optimiste de 3 milliards de dollars. « Ça mine la crédibilité de leur plan », conclut-il.

Baisse d’impôts, hausse des revenus?

Les conservateurs unis de Jason Kenney misent avant tout sur une relance de l’économie grâce au retour de la confiance des entreprises.

Ils annoncent la baisse progressive du taux d’imposition des entreprises de 12 %, actuellement à 8 %, en 2022.

Le parti affirme que la baisse du taux d’imposition des entreprises donnerait un tel coup de fouet à l’économie que la perte de revenu pour la province serait plus que compensée par l’augmentation de l’activité.

Jason Kenney en plein discours devant le terminal de Trans Mountain.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

S'il est élu comme premier ministre, Jason Kenney va mettre en place des stratégies pour lutter contre les discours anti-pétrole et anti-pipeline.

Photo : Radio-Canada / Héloïse Rodriguez

Ce scénario n’est pas crédible, juge Trevor Tombe, qui pense que l’effet positif d’une baisse d’impôt serait inférieur à son coût. Anupam Das, de l’Université Mount Royal, ajoute que « les entreprises peuvent très bien décider de ne pas investir, même si les impôts chutent », car leurs décisions dépendent de beaucoup d’autres facteurs.

Les conservateurs veulent aussi supprimer la taxe sur le carbone.

Au total, les baisses d’impôts qu’ils envisagent coûteraient 3,7 milliards de dollars de recettes en moins en 2022-2023, l’année où ils pensent ramener le budget provincial à l’équilibre.

Comment y arriver? Au-delà d’annonces modestes dont le coût devrait à peine dépasser 200 millions de dollars la première année, la solution du PCU est un gel des dépenses dans tous les ministères.

Jason Kenney promet que les services actuels pourront continuer à être assurés, grâce à des économies réalisées dans le fonctionnement des ministères.

En intégrant l'inflation et l'augmentation de la population, ça reviendrait à une baisse de dépense par habitant d'environ 14 %, calcule Trevor Tombe. « Où exactement et comment parvenir à ces économies? Le plan est silencieux et manque de détails. »

Pas crédibles, les promesses de 2019? Des estimations exagérées, c’est courant en campagne, affirme Joseph Doucet. « J’espère que les Albertains prennent toutes les promesses électorales avec un grain de sel. »

Notre dossier sur les élections provinciales 2019 en Alberta

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