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Des mesures législatives sur la violence au travail entrent en vigueur lundi

Le poing d'un homme avec la silhouette floue d'une femme derrière.

La violence au travail a récemment fait les manchettes alors qu'une infirmière a été sauvagement agressée par le conjoint d'une patiente à l'Hôpital Georges-L.-Dumont à Moncton.

Photo : iStock

Radio-Canada

Certains employeurs seront désormais obligés d'adopter un code de directives pratiques pour prévenir la violence au travail, en vertu de nouvelles mesures ajoutées à la loi sur l'hygiène et la sécurité au travail du Nouveau-Brunswick. Le syndicat des infirmières a mis de la pression pour que le gouvernement mette en oeuvre ces mesures.

Au cours des trois dernières années, des infirmières autorisées et des infirmières auxiliaires autorisées ont signalé 868 incidents de violence dans l'ensemble du réseau de santé Horizon. Ces incidents varient entre des menaces verbales et de la violence physique.

Le réseau précise que 88 % des 433 incidents qui touchent, en moyenne, ses employés chaque année sont classés quasi-incidents sans blessure ou avec blessure nécessitant seulement des premiers soins mineurs sur place. Dans les 12 % restants, l’employé doit obtenir des soins médicaux et plus de la moitié de ces cas, soit 7 %, se soldent par une interruption de travail.

Entrée de l'Hôpital de Moncton Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Réseau de santé Horizon a remarqué une augmentation du nombre de césariennes d'urgence au courant des deux dernières années.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hugues

Du côté de Vitalité, 1974 incidents de violence de patients envers les employés (agressions physiques et menaces/altercations verbales) ont été enregistrés. Il est important de noter que le réseau Horizon a fourni les statistiques seulement pour les infirmières alors que Vitalité a fourni les statistiques pour tous les employés. Les chiffres n'indiquent donc pas nécessairement qu'il y a plus de violence au sein du réseau de santé Vitalité.

Une infirmière de l’Hôpital Georges-L.-Dumont à Moncton a d’ailleurs récemment été violemment battue par le conjoint d’une patiente, au point de souffrir d’une contusion au cerveau et de devoir arrêter de travailler pour une durée indéterminée.

Des mesures préventives

À la lecture de ces statistiques, il n’est pas surprenant que le Syndicat des infirmières et des infirmiers du Nouveau-Brunswick ait poussé le gouvernement provincial à adopter des mesures contre la violence au travail.

Ces mesures entrent en vigueur lundi. En vertu des nouvelles mesures législatives, tous les employeurs doivent rédiger et mettre en oeuvre un code de directives pratiques pour prévenir le harcèlement en milieu de travail, peut-on lire dans le communiqué de Travail sécuritaire NB. Ils doivent également effectuer une évaluation du risque pour déterminer la probabilité que la violence ne survienne à leur lieu de travail.

Travail sécuritaire NB reconnaît cependant que ces mesures n’élimineront pas la violence au travail du jour au lendemain. Il s’agit plutôt de sensibiliser les employeurs et les employés à ce danger.

Ça va encadrer, ça va être des mécanismes pour prévenir, dit Geneviève Pilon, directrice adjointe de Travail sécuritaire NB. Elle ajoute que la question pouvait autrefois être tabou et qu’on souhaite ouvrir la discussion avec ces nouveaux règlements.

Si les infirmières et les autres personnels ont la chance d'avoir de l'éducation pour savoir comment s'apercevoir, comment observer qu’il y a peut-être un potentiel qu'il pourrait y avoir de la violence, on pourra peut être prévenir des incidents, ajoute Maria Richard, vice-présidente du Syndicat des infirmières et des infirmiers du Nouveau-Brunswick.

Maria Richard en point de presse. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Maria Richard, vice-présidente du Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

Celle-ci considère d’ailleurs que le cas de l’infirmière sauvagement agressée à l’Hôpital Georges-L.-Dumont a pu se produire parce qu’il y avait des indices qui étaient manqués et les évaluations de risques n’étaient pas assez robustes.

Les employeurs ont accès à des modèles de codes de directives et d’évaluation du risque sur le site web de Travail sécuritaire NB.

D’après un reportage de Wildinette Paul

Nouveau-Brunswick

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