•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Réforme du système de santé : des organismes signalent les risques pour les francophones

Une femme au micro lors d'une audience.
Le regroupement des Entités de planification des services de santé en français de l'Ontario a participé à l'audience du Comité permanent de la politique sociale pour défendre les intérêts des francophones. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Des organismes francophones en Ontario réclament des amendements au projet de loi 74 sur la réforme de la santé du gouvernement Ford. Ils craignent les répercussions qu'auront les transformations majeures du système sur l'accès à des soins en français.

Le gouvernement Ford propose notamment d’éliminer les 14 réseaux locaux d’intégration des services de (RLISS) pour les remplacer par une seule grande agence appelée Santé Ontario.

Devant ces changements majeurs, le regroupement des Entités de planification des services de santé en français de l’Ontario exige que des clarifications soient apportées au projet de loi, avant le vote final. Le regroupement redoute que les six Entités de la province, qui jouent un rôle de conseiller en matière de services en français, se retrouvent dans un vide juridique une fois la loi adoptée.

On craint de ne pas être capables de remplir notre mandat pendant un certain temps, prévient la directrice générale du Réseau des services de santé en français de l’Est de l’Ontario, Jacinthe Desaulniers.

Devant le Comité permanent de la politique sociale, qui a le mandat d’étudier le projet de loi, le regroupement n’a eu que 20 minutes pour présenter ses arguments.

On veut éviter un vide juridique, parce que lorsque les RLISS cessent d’exister, nous on cesse d’exister, indique pour sa part Diane Quintas, du Réseau du mieux-être francophone du Nord de l’Ontario.

Dans sa forme actuelle, le projet de loi confie aux Entités la mission de guider la superagence provinciale, Santé Ontario, en matière de services en français. Le texte ne prévoit cependant aucun impératif pour les fournisseurs de services de santé. Avec les modifications qu’il propose au projet de loi 74, le regroupement souhaite que les fournisseurs aient l’obligation de collaborer avec les Entités.

Oui, on va pouvoir influencer les décisions en amont, collaborer [avec la superagence], sauf que le vrai travail de livrer des services au quotidien, c’est sur le plancher des vaches que ça se passe, c’est localement, rappelle Jacinthe Desaulniers, qui est d’avis que des amendements sont nécessaires pour mettre en place les conditions gagnantes pour les Franco-Ontariens.

En période d’intégration, il y a un risque pour la communauté francophone.

Jacinthe Desaulniers, directrice générale, Réseau des services de santé en français de l’Est de l’Ontario
Une femme parle à des dames en fauteuil roulant alors qu'un caméraman tourne.La ministre Christine Elliott rencontre des patients du centre de santé Bridgepoint avant l’annonce de la réforme. Photo : La Presse canadienne / Tijana Martin

Malgré l'échéancier serré et bien qu'elles n'aient pas été consultées avant le dépôt du projet de loi, Jacinthe Desaulniers et Diane Quintas demeurent optimistes.On veut aider le gouvernement à sortir un projet de loi qui va tenir compte des besoins des francophones, explique Diane Quintas.

Inévitablement, quelques inquiétudes demeurent et les deux femmes avouent qu'il sera difficile de réparer les erreurs commises une fois le projet de loi adopté.

Si ce n'est pas écrit noir sur blanc dans la loi, ça ne se fera pas.

Diane Quintas, du Réseau du mieux-être francophone du Nord de l'Ontario

Des audiences très populaires

Seulement deux pour cent des personnes qui avaient demandé le statut d'intervenant lors des audiences du Comité permanent de la politique sociale l'ont obtenu. Au total, 30 groupes auront l’occasion de se présenter devant le comité de l'Assemblée législative responsable d’étudier le projet de loi pendant les deux jours d’audience.

Pourtant, 1400 personnes souhaitaient pouvoir prendre la parole.

Elles n'ont eu qu'une seule journée pour s'inscrire.

Les audiences du comité au sujet des modifications au système de santé ontarien proposées par le gouvernement Ford doivent se conclurent mardi.

Établissement de santé

Santé