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« Je ne crois pas que je devrais être retirée du caucus », dit Wilson-Raybould

L'ex-ministre de la Justice et procureure générale du Canada, Jody Wilson-Raybould, dit qu'elle ne devrait pas être expulsée du caucus libéral pour avoir enregistré en secret une conversation qu'elle a eue avec le greffier du Conseil privé Michael Wernick.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Alors que de plus en plus de députés libéraux disent ouvertement qu'elle doit quitter le parti, l'ex-ministre Jody Wilson-Raybould est plutôt d'avis qu'elle y a sa place. Elle refuse aussi de s'excuser pour quoi que ce soit.

À la suite de la publication, vendredi, de l’enregistrement secret d'une conversation qu'elle a eue avec Michael Wernick, alors greffier du Conseil privé, et de copies de courriels et de messages textes, l'anxiété a monté d'un cran au sein du Parti libéral du Canada (PLC).

Au cours de l'entretien téléphonique, Mme Wilson-Raybould a réaffirmé à plusieurs reprises qu'elle considérait les démarches des responsables gouvernementaux – y compris celles de M. Wernick – comme de l'ingérence politique, destinées à permettre à SNC-Lavalin d'éviter un procès criminel pour corruption.

« Je ne suis pas du tout à l'aise d'avoir cette conversation, parce qu'elle est déplacée », a-t-elle répété de différentes façons tout au long de la conversation.

De nombreux députés de son parti, notamment Marc Garneau et Diane Lebouthillier, n'ont pas du tout apprécié que Mme Wilson-Raybould enregistre une conversation à l'insu de son interlocuteur. Un nombre croissant de ses collègues ont l’impression que l'ex-ministre nuit à l'image du PLC. Ils craignent en outre que la fuite lente et continue d'informations sur l'affaire SNC-Lavalin nuise à l'avancement du programme du gouvernement et complique la réélection des députés au centre de courses serrées.

Mme Wilson-Raybould a fait face aux journalistes lundi, une première depuis la publication de la conversation par le comité de la justice de la Chambre des communes. Bombardée de questions, la députée a maintenu son attachement à son parti.

« Je ne crois pas que je devrais être retirée du caucus pour avoir fait mon travail et pour avoir fait ce que je crois être juste », a-t-elle déclaré. Abordant le malaise au sein du caucus libéral, elle a reconnu que cela est difficile pour ses collègues, dont elle dit apprécier le travail et l’engagement envers leurs électeurs.

Je suis une élue libérale du Parlement et je m'engage à continuer [...] parce que je suis profondément attachée aux principes et aux valeurs du parti et au mandat pour lequel nous avons été élus.

Jody Wilson-Raybould, lundi

Certains députés libéraux réclamaient lundi une réunion d'urgence pour décider si elle et l’ex-ministre Jane Philpott, qui a renoncé à son portefeuille quelques semaines après sa collègue, doivent être expulsées du caucus.

La direction a fermé la porte à la tenue d'une réunion d'urgence, possibilité qui avait fait l’objet d’une conférence téléphonique dimanche soir, mais le fond de la question sera abordé mercredi lors du caucus ordinaire du parti.

Les présidents régionaux de circonscriptions se rencontreront lundi soir pour fixer les modalités de la discussion. Une réunion similaire pourrait aussi avoir lieu mardi soir.

Le fait que 338 femmes du groupe Héritières du suffrage seront au parlement mercredi pour faire la promotion de la présence des femmes en politique pourrait précipiter la décision des députés libéraux.

Un enregistrement qui ajoute au malaise

Le fait que Jody Wilson-Raybould a enregistré une conversation entre elle et le greffier semble avoir été la goutte qui a fait déborder le vase pour certains libéraux.

« Je crois que c’est un acte complètement inapproprié, et ce n’est pas une chose honorable à faire », a déclaré le ministre Marc Garneau, lundi.

Avez-vous encore confiance en Mme Wilson-Raybould?, a-t-on demandé à sa collègue Diane Lebouthillier. « Pas vraiment », a-t-elle répondu.

Aux yeux du député Rob Oliphant, le geste de Mme Wilson-Raybould est « mis en scène » et ressemble à une tentative visant à « piéger » le greffier.

Si Mme Philpott et elle n’expriment pas leur confiance à l’endroit du premier ministre Justin Trudeau et de son gouvernement, elles doivent partir, estime-t-il.

Son collègue Nick Whalen s’est dit « estomaqué » d’apprendre qu’une ministre avait enregistré une conversation avec le greffier du Conseil privé et l'avait ensuite gardée secrète plutôt que de la montrer au premier ministre comme preuve des pressions indues qu’elle disait sentir.

Les conservateurs accusent le gouvernement d’avoir voulu étouffer le scandale en mettant fin prématurément aux travaux du comité de la justice.

Peu après midi, lundi, le député Pierre Poilievre a entamé un discours qu'il n'entend finir que lorsque le gouvernement libéral acceptera que le comité reprenne l'étude de cette affaire.

Il y a deux semaines, les conservateurs ont réussi à faire siéger les parlementaires nuit et jour, en imposant un vote d'une trentaine d'heures dans le but d'attirer l'attention sur l'affaire SNC-Lavalin.

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