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Algérie : Bouteflika démissionnera avant le 28 avril

Le dirigeant algérien Abdelaziz Bouteflika assis sur une chaise roulante dans un bureau de vote lors des dernières élections parlementaires de mai 2017. Le président sortant, qui vient d'avoir 82 ans, apparaît rarement en public depuis qu'il a subi un accident vasculaire cérébral en 2013.

Le dirigeant algérien Abdelaziz Bouteflika assis sur une chaise roulante dans un bureau de vote lors des dernières élections parlementaires de mai 2017. Le président sortant, qui vient d'avoir 82 ans, apparaît rarement en public depuis qu'il a subi un accident vasculaire cérébral en 2013.

Photo : AFP/Getty Images / RYAD KRAMDI

Radio-Canada

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika démissionnera avant l'expiration de son mandat, le 28 avril, a annoncé la présidence de la République dans un communiqué cité par l'agence de presse officielle APS.

Le chef de l'État prendra auparavant des « mesures pour assurer la continuité du fonctionnement des institutions de l'État durant la période de transition », poursuit le communiqué, précisant que sa « démission [...] interviendra avant le 28 avril 2019 », sans autre détail.

Dimanche, le président Bouteflika avait annoncé la formation d'un nouveau gouvernement composé de 28 personnes, dont huit de l'ancienne équipe. Le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée algérienne, a notamment conservé son poste de vice-ministre de la Défense.

Mardi dernier, le général Salah avait demandé à ce que le président Bouteflika soit déclaré inapte à gouverner, afin de « sortir de la crise » engendrée par les manifestations pacifiques contre son maintien au pouvoir qui secouent le pays depuis plus d'un mois.

L'affaire n'a pas calmé la grogne, puisque des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées vendredi dans la capitale Alger pour réclamer la fin du régime en place. « Le peuple veut que vous partiez tous! », scandait la foule.

Le mouvement populaire de contestation trouve son origine dans la décision du président Bouteflika, au pouvoir depuis deux décennies, de briguer un cinquième mandat lors d'une élection présidentielle qui devait avoir lieu le 18 avril.

Un mois plus tard, il avait annoncé qu'il renonçait à se présenter, face aux pressions de la rue algérienne. Il avait du même coup reporté la présidentielle sine die, le temps d'élaborer un nouveau projet de Constitution.

L'affaire n'a pas calmé les manifestants, qui y ont vu un stratagème destiné à assurer son maintien au pouvoir.

En cas de démission, la Constitution algérienne prévoit que le poste soit confié sur une base intérimaire au président du Conseil de la Nation, la chambre haute du Parlement, qui doit organiser une présidentielle dans les 90 jours. Cette fonction est assumée depuis maintenant près de 17 ans par Abdelkader Bensalah.

Abdelaziz Bouteflika, âgé de 82 ans, n'est que très rarement apparu en public depuis qu'il a subi un accident vasculaire cérébral en 2013.

Des suspects de corruption interdits de quitter le territoire

Plus tôt en matinée, la justice algérienne a annoncé l'ouverture d'enquêtes sur « des faits de corruption et de transfert illicite de capitaux vers l'étranger » et a interdit à certaines personnes de quitter le pays.

Le parquet n’identifie pas les personnes visées par ces enquêtes préliminaires, mais sa décision s’inscrit dans la foulée d’autres développements récents laissant croire que l’étau se resserre sur certains caciques du régime.

Dimanche, les autorités aéronautiques algériennes ont par exemple interdit le décollage et l’atterrissage d’avions privés appartenant à des ressortissants algériens jusqu’au 30 avril.

Les motifs de cette interdiction n’ont pas été précisés, mais des médias algériens avançaient dès dimanche qu’il s’agissait d’empêcher des personnalités susceptibles de faire l’objet d’enquêtes de quitter le pays.

Dans la nuit de samedi à dimanche, l’influent homme d’affaires Ali Haddad, considéré comme proche du président Bouteflika, a pour sa part été arrêté alors qu’il tentait d’entrer en Tunisie. Les raisons de cette interpellation n’ont pas été dévoilées.

Ali Haddad, dans un fauteuil, avec des écouteurs sur les oreilles.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ali Haddad président jusqu'à la semaine dernière le Forum des chefs d’entreprise, principale organisation patronale du pays.

Photo : Getty Images / RYAD KRAMDI

M. Haddad, magnat de la presse et dirigeant du principal groupe de bâtiments et travaux publics de l’Algérie, a démissionné la semaine dernière du Forum des chefs d’entreprise, principale organisation patronale du pays.

Avec les informations d'AFP

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