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La Chine renforce son contrôle sur le fentanyl

Sur une table, deux sacs remplis de poudre sont étiquetés « fentanyl ».

Des sacs remplis de fentanyl ont été saisis par les agents des douanes américaines.

Photo : Reuters / Joshua Lott

Radio-Canada

Pékin a annoncé lundi qu'il allait inscrire tous les types de fentanyl sur sa liste des substances réglementées, un geste réclamé par les États-Unis, où sévit une crise des opioïdes qui a des échos au Canada.

« Les États-Unis s'inquiètent de toutes les variantes [de fentanyl] et cette question est entièrement résolue », a déclaré à la presse Liu Yuejin, directeur adjoint de la Commission nationale antidrogue, en annonçant l'entrée en vigueur d'une nouvelle réglementation à compter du 1er mai prochain.

Soupçonnée d'être la première source mondiale de cette drogue synthétique, la Chine a notamment fait l’objet d’enquêtes de la part de la Gendarmerie du Canada (GRC). Les enquêteurs avaient réussi à retracer des dizaines de fournisseurs chinois qui expédiaient du fentanyl vers le Canada.

Aux États-Unis, le fentanyl, qui a tué 28 000 Américains en 2017, constitue l’un des éléments du différend commercial entre Pékin et Washington. Lors de sa dernière rencontre avec le président américain Donald Trump, Xi Jinping s’était engagé à ajouter cette drogue à la liste des substances réglementées.

« Si la Chine s'en prend à cette drogue horrible et applique la peine de mort aux distributeurs et aux revendeurs, les résultats seront sensationnels », avait lancé Donald Trump.

Selon des données de la Drug Enforcement Administration (DEA), lorsque la Chine bannit certains types de fentanyl, les saisies de cette drogue aux États-Unis chutent. Avant lundi, plus d'une vingtaine de variantes du fentanyl étaient déjà réglementées par Pékin.

La substance comme telle n’étant pas illégale – elle peut notamment servir de sédatif pour les personnes souffrant du cancer –, les Américains peuvent s’en faire livrer d’une rive à l’autre du Pacifique sans trop de difficulté, en passant leur commande sur Internet.

Si Washington reproche à la Chine de ne pas suffisamment combattre la production clandestine de fentanyl sur son territoire, Pékin riposte en accusant la Maison-Blanche de ne pas réprimer comme il se doit la consommation en sol américain.

« Le gouvernement américain doit à l'évidence en faire davantage pour réduire la demande », avait estimé en décembre le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang.

Il avait par ailleurs assuré que les États-Unis n’avaient jamais réussi à démontrer, preuve à l’appui, que la Chine était l’une des principales sources du trafic de fentanyl.

Au Canada, plus de 9000 personnes sont mortes d’une surdose de fentanyl de 2016 à 2018.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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