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Échouée à Cuba depuis deux mois, la goélette Grosse-Île bientôt évacuée

La goélette Grosse-île échouée à Cuba

Selon Didier Épars, la structure du navire est en bon état bien qu'il faille pomper l'eau à l'intérieur de la goélette.

Photo : Courtoisie/Facebook / Frank Ehresmann

David Rémillard

La goélette Grosse-Île, échouée depuis deux mois à Maria la Gorda, à l'extrême ouest de Cuba, sera remorquée prochainement puis envoyée au Mexique. Son capitaine Didier Épars pourra enfin quitter la station balnéaire, où il dit être maintenu en garde à vue par l'armée cubaine depuis la fin janvier.

Didier Épars et son fils Vincent, victimes d'une tempête et d'un bris de moteur, ont volontairement échoué le bateau le 27 janvier dernier dans la baie de Corrientes.

Le capitaine, Didier Épars, est depuis coincé à Cuba. S'il abandonnait son bateau, celui-ci deviendrait la propriété du gouvernement cubain.

Après une série de désaccords avec son assureur, M. Épars peut enfin espérer quitter Cuba avec la Grosse-Île.

En attente de permis

Tout serait prêt pour sortir la goélette du territoire cubain, confirme le gestionnaire d'assurances Concept Special Risks.

Après s'être entendu avec une compagnie de sauvetage, l'assureur n'attend plus que les permis du gouvernement de Cuba pour aller de l'avant.

« Quand ces permis seront donnés, il faudra quelques jours pour que le navire de sauvetage se rende sur place », explique Mark Thomas, directeur des réclamations chez Concept Special Risks. « Je ne peux pas donner d'échéancier à savoir quand ces permis nous seront octroyés. »

La goélette Grosse-Île échouée à Maria la GordaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La goélette Grosse-Île est dans cette fâcheuse position depuis le 27 janvier.

Photo : Courtoisie/Facebook / Frank Ehresmann

Le plan consiste ensuite à remettre la goélette à flot et à la remorquer jusqu'à Isla Mujeres, une île appartenant au Mexique, au large de Cancun.

Didier et Vincent Épars seront alors rencontrés. « Si aucun doute n'est soulevé sur la couverture, la prochaine étape consistera à évaluer le navire et à mettre en place un programme de réparation », ajoute M. Thomas.

Sortir de Cuba

Tous les acteurs concernés ont indiqué à un moment ou à un autre que les négociations étaient difficiles avec les autorités cubaines.

Sortir le bateau et Didier Épars de Cuba était donc « la priorité », selon M. Thomas.

Didier souhaite que le navire soit sauvé, et c’est précisément ce que nous essayons de faire dans des circonstances très difficiles.

Mark Thomas, directeur des réclamations, Concept Special Risks

Les négociations entourant le contrat d'assurance reprendront une fois la situation régularisée, a-t-il indiqué.

« En guise de bonne foi », a-t-il ajouté, la compagnie d'assurance qu'il représente dans ce dossier, Great Lakes Insurance SE, « n'a pas insisté pour que l’assuré paie d’abord le sauvetage et cherche ensuite à se faire rembourser ».

C'est donc dire que tous les frais rattachés au sauvetage et au remorquage sont assumés par la compagnie d'assurance. Le montant n'a pas été dévoilé,

Incertitude

De l'incertitude demeure tout de même au sujet de l'avenir de la goélette et de son propriétaire Didier Épars.

En vertu du contrat d'assurance, celui qui a passé plus de 20 ans à restaurer la goélette construite en 1951 doit payer une franchise de 140 000 $US.

« Nous avons convenu de ne pas demander ce paiement pour le moment », a dit Mark Thomas, qui précise que ce montant ne pourra être annulé. « C'est très clair et sans ambiguïté dans le contrat. »

On ignore également quels dommages seront couverts, d'autant plus que des pillages ont eu lieu sur le navire depuis l'échouement.

Dans un bref échange sur les réseaux sociaux, Didier Épars a indiqué qu'il était conscient de la situation. Son principal objectif est de protéger son bateau, qu'il se refuse à abandonner. « Moi, je fais ce que je dois faire : sécuriser le navire; après nul n'est devin », a-t-il dit.

Une campagne de sociofinancement a amassé jusqu'ici un peu plus de 9000 $ pour lui venir en aide.

Le capitaine continue de déplorer les longs délais avant la mise en place du sauvetage par la compagnie d'assurance.

La goélette Grosse-Île est qualifiée par certains de dernière goélette du Saint-Laurent à toujours sillonner les eaux.

Justice et faits divers