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Greenpeace demande de nouveau à Desjardins d’abandonner le pétrole

La manifestation a commencé à midi devant le Palais des congrès de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Julien Lamoureux

Julien Lamoureux

« So, so, so, sortons des fossiles! » Le message des environnementalistes venus manifester samedi devant le Palais des congrès de Montréal pendant l'Assemblée générale du Mouvement Desjardins était on ne peut plus clair : la Caisse doit retirer ses investissements des énergies fossiles afin de lutter contre les changements climatiques.

Ils étaient près d’une centaine à affronter la pluie froide qui s’abattait sur la ville afin d’être entendus par les plus hauts dirigeants de l’institution financière.

Vendredi, la marche pour le climat des élèves du secondaire s’était terminée au même endroit afin de livrer un message similaire à Desjardins.

Les différents groupes présents samedi avaient un message commun : la première étape pour la coopérative serait de retirer ses investissements dans les oléoducs servant à transporter du pétrole des sables bitumineux. De grandes institutions sur la scène mondiale, comme BNP Paribas, se sont déjà complètement désaffiliées des sables bitumineux.

Un faux dépliant de Desjardins annonce les « Désavantages membre » et les revendications de groupes environnementaux.

Un faux dépliant de Desjardins remis par des militants à l'entrée du Palais des congrès.

Photo : Radio-Canada / Julien Lamoureux

« Desjardins, c’est la plus grosse institution financière au Québec, a rappelé Patrick Bonin, porte-parole de Greenpeace Canada. Ils disent porter des valeurs de défense de l’environnement. 35 caisses ont voté de manière démocratique des résolutions demandant au mouvement de cesser de financer les pipelines des sables bitumineux. »

Il affirme que Desjardins investit encore « dans des entreprises comme Trans Canada, comme Enbridge, qui portent des projets de pipelines ». Les caisses populaires détenaient également 145 millions de dollars dans le projet Trans Mountain avant que celui-ci ne soit racheté par le gouvernement du Canada l’an dernier.

Patrick Bonin met aussi l’accent sur les droits des communautés autochtones dont les territoires sont traversés par les projets d’oléoduc.

Diminuer « de façon progressive »

Quant à elle, la coopérative financière estime entendre le message des environnementalistes et faire ce qui est en son pouvoir pour prendre en compte le réchauffement climatique dans ses décisions.

Desjardins clame d’ailleurs que moins de 3 % de ses placements sont investis dans les énergies fossiles, ce qui est en deçà des grandes banques canadiennes. Depuis la fin de 2017, chaque nouveau projet de financement ou d’investissement doit passer par un filtre qui tient compte de l’environnement, des communautés et de la gouvernance.

On fait notre part au niveau des défis climatiques. Depuis 2005, on est très présents dans la lutte des changements climatiques.

Chantal Corbeil, porte-parole du Mouvement Desjardins

« Depuis début 2018, on a renoncé à 25 % de nos nouvelles opportunités d’affaires, principalement à cause des impacts que ça peut avoir sur l’environnement, et la plupart des demandes qu’on a refusées étaient dans les énergies fossiles », a expliqué Chantal Corbeil pendant que, de l’autre côté des portes vitrées du Palais des congrès, les slogans et discours se faisaient entendre.

« On va continuer à diminuer, mais on veut le faire de façon progressive, a-t-elle ajouté. On veut accompagner nos membres et les gens qui sont dans ce milieu-là pour les influencer à réduire leur empreinte carbone. »

Énergies renouvelables

Laure Waridel était présente avec d'autres manifestants devant le Palais des congrès.

La militante écologiste Laure Waridel lors du rassemblement devant le Palais des congrès de Montréal

Photo : Radio-Canada

La militante Laure Waridel a lu à la foule une lettre ouverte de son cru publiée le matin même dans quelques médias.

« Grâce aux pipelines, l’industrie va pouvoir produire plus, exporter plus et donc polluer plus », scande-t-elle à la foule, qui a appuyé chacun de ses propos.

Selon elle, les institutions financières ont la responsabilité de mettre fin aux investissements dans ces entreprises, car ils sont le point de départ d’une industrie à la forte empreinte carbone.

« Je crois qu’il y a de l’écoute de la part de Desjardins », a assuré Mme Waridel en entrevue après son allocution au micro. « L’idée fait son chemin tranquillement, mais il faut continuer à faire de la pression. »

« Y’a plein d’alternatives! L’avenir n’est pas dans les sables bitumineux. L’avenir est dans des énergies renouvelables, l’avenir est aussi dans des technos qui permettent de réduire les besoins énergétiques. »

La manifestation a duré environ une heure dans le calme et la bonne humeur. Plus tôt dans la journée, des militants avaient distribué des dépliants utilisant l’esthétique de Desjardins pour exposer leurs revendications.

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