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La mission de l’ONU joue un rôle clé dans la stabilisation du Mali, plaide le premier ministre

Une patrouille de Casques bleus de l'ONU à Kidal, au Mali.

Une patrouille de Casques bleus de l'ONU à Kidal, au Mali.

Photo : Reuters/Adama Diarra

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Alors que le Canada a annoncé qu'il ne poursuivra pas sa mission au Mali, le premier ministre de ce pays en proie à des violences demande au Conseil de sécurité de l'ONU de conserver sa mission de maintien de la paix, qui mobilise plus de 14 000 Casques bleus.

Si la ministre canadienne Chrystia Freeland n’a pas donné de raisons pour expliquer cette décision, les États-Unis, de leur côté, ont fait part de leurs réserves quant au maintien de la mission MINUSMA de l’ONU, s’opposant ainsi à l’avis de la France et de la Russie.

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU vendredi, le sous-secrétaire d'État américain aux Affaires politiques, David Hale, n’a pas caché sa déception « devant le manque de progrès significatifs » dans la mise en oeuvre de l'accord de paix de 2015. Il a appelé à une réévaluation de la mission de maintien de la paix.

Justin Trudeau est penché sur une carte, un soldat lui pointe quelque chose en parlant.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Justin Trudeau a notamment participé à une simulation d'évacuation pendant sa visite.

Photo : Radio-Canada / Philippe-Vincent Foisy

M. Hale estime que la lenteur des progrès dans la mise en œuvre de l'accord de paix a affecté la capacité de la mission de maintien de la paix à mener à bien ses mandats.

Dans la perspective du renouvellement du mandat de la mission de l’ONU en juin, « nous demandons au secrétaire général des options pour adapter le mandat de la MINUSMA » si la situation ne s'améliore pas, a-t-il dit.

Selon l'ONU, des retards ont été pris dans la réforme constitutionnelle, prévue dans l'accord de paix pour créer un Sénat, une Cour des comptes et inscrire la décentralisation dans la Constitution. Le déploiement de services administratifs et de forces de sécurité dans le nord accuse aussi du retard.

Un soldat canadien portant tout son équipement et des lunettes fumées, près d'un hélicoptère dont la porte arrière est ouverte. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un soldat canadien se prépare pour une sortie en hélicoptère, le 1er août, à Gao, au Mali.

Photo : Getty Images / SEYLLOU

La France a sa propre force au Mali pour lutter contre les extrémistes, mais le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a déclaré au Conseil que la MINUSMA était « la seule présence internationale » capable de soutenir le gouvernement malien.

Dangers en cas de retrait

Pour le premier ministre malien, Soumeylou Boubeye Maïga, le retrait des Casques bleus pourrait renforcer les militants islamistes et mettre en danger le processus de paix fragile qui a été entamé.

Le premier ministre a insisté sur le fait que pour la première fois depuis la signature de l’accord de paix de 2015, il y a eu « des progrès significatifs », ce qui atteste la nécessité de la poursuite de la mission MINUSMA.

« Aujourd'hui, la MINUSMA fournit des services essentiels aux personnes fragiles et aide à la reconstruction de l'État malien. Elle joue un rôle clé dans la stabilisation du pays. »

— Une citation de  Soumeylou Boubeye Maïga, premier ministre du Mali

Réduire les effectifs de la mission « aura des conséquences extrêmement négatives sur la situation économique, ce qui conduira au renforcement des groupes terroristes et à une nouvelle aggravation de la situation », a averti M. Maïga.

« Les initiatives pour réduire le budget ou reconfigurer le mandat » de la MINUSMA « risquent de remettre en cause des acquis fragiles », a-t-il averti, en réclamant au contraire un « renforcement des capacités » de la force de l'ONU.

Le premier ministre malien Soumeylou Boubeye Maïga.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le premier ministre malien Soumeylou Boubeye Maïga.

Photo : Getty Images / Habibou Kouyate

Pour lui, le Mali agit comme un barrage contre le danger du mouvement terroriste, dont il ne faut pas sous-estimer la dimension ou la capacité à aller au-delà de ses frontières ou même au-delà du continent.

« Nous ne pouvons empêcher une violence et une instabilité accrues qu'en nous attaquant aux causes profondes : pauvreté, changements climatiques et concurrence pour les ressources, sous-développement et manque d'opportunités pour les jeunes. »

— Une citation de  Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies

« J'engage la communauté internationale à maintenir son appui » au Mali, a souligné Antonio Guterres, tout en affirmant voir « de forts risques que la situation dégénère ».

Situation instable

Le Mali est dans la tourmente depuis le coup d’État de 2012 qui a renversé le président.

Ce vide a conduit à une insurrection islamique et à une guerre sous commandement français qui a chassé les djihadistes du pouvoir en 2013.

Trois ans et demi après l'accord de paix de 2015, des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et onusiennes, régulièrement visées par des attaques meurtrières.

Les insurgés, dont un certain nombre est affilié à des groupes extrémistes comme Al-Qaïda et à l'organisation de l'État islamique, restent actifs dans le pays entier.

Les attaques se sont peu à peu déplacées du nord aride vers le centre du pays, plus peuplé.

Le 23 mars, des chasseurs de l’ethnie dogon ont attaqué un village du centre du Mali peuplé de bergers peuls. Plus de 150 villageois ont été massacrés. Vendredi, un procureur malien a annoncé l’arrestation de cinq personnes soupçonnées d’avoir participé à ce que beaucoup appellent un véritable pogrom.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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