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Des dizaines de milliers de Palestiniens dénoncent le blocus israélien de Gaza

Des jeunes manifestants portant le drapeau palestinien au milieu d'une fumée de gaz lacrymogène, non loin de la frontière israélienne.

Des soldats israéliens utilisent du gaz lacrymogène pour disperser des manifestant palestiniens rassemblés non loin de la frontière.

Photo : AFP/Getty Images / JACK GUEZ

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des dizaines de milliers de Gazaouis ont convergé samedi vers la frontière israélienne, où les violences avec les soldats israéliens ont fait quatre morts et des dizaines de blessés palestiniens.

Les Gazaouis, appelés à se rassembler en masse pour le premier anniversaire du mouvement de protestation appelé « grandes marches du retour », ont pris la direction de la frontière en brandissant des drapeaux palestiniens.

Les manifestants dénoncent le blocus imposé par Israël depuis plus de dix ans à la bande de Gaza, et pour le droit à revenir sur les terres qu'eux-mêmes ou leurs parents ont dû abandonner, ou dont ils ont été chassés, à la création d'Israël en 1948.

Les haut-parleurs des mosquées ont relayé les appels à manifester, et des bus ont acheminé les Gazaouis vers la frontière de l'enclave coincée entre Israël, l’Égypte et la Méditerranée.

En soirée, cinq roquettes ont été tirées sur Israël depuis la bande de Gaza, provoquant des tirs de chars israéliens sur des postes militaires du Hamas, a indiqué l'armée.

Les tirs de roquettes n'ont pas fait de victime, précise le communiqué de l'armée.

Craintes d’un nouveau conflit

Après des semaines de tensions, et dans un contexte compliqué par l'approche des élections législatives israéliennes, la commémoration de cet anniversaire a suscité de vives craintes qu'un nouveau conflit éclate avec l'État hébreu.

L'armée israélienne avait déployé des milliers de soldats et des dizaines de tireurs d'élite, ainsi que des chars et de l'artillerie le long de la barrière.

Des affrontements ont bien éclaté, mais sans commune mesure avec, par exemple, le bain de sang qui avait coïncidé avec l'inauguration de l'ambassade des États-Unis à Jérusalem le 14 mai 2018 et qui avait fait plus de 60 morts.

À Malaka, à l'est de la ville de Gaza, la plupart des Gazaouis se sont tenus hors de portée des tireurs d'élite israéliens postés de l'autre côté de l'hermétique barrière frontalière.

Un enfant brandissant le drapeau palestinien Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un enfant brandissant le drapeau palestinien non loin de la frontière israéliennem dans l'est de Gaza. Depuis le 30 mars 2018, des milliers de Gazaouis participent toutes les semaines à des manifestations.

Photo : AFP/Getty Images / MAHMUD HAMS

Des morts côté palestinien

Mais ici comme ailleurs sur la frontière, des poignées de Palestiniens se sont approchés à quelques dizaines de mètres, ont incendié des pneus pour obscurcir la visibilité des tireurs et ont lancé des pierres vers les soldats avant de se replier en courant.

La barrière a aussi essuyé des jets d'engins explosifs, a affirmé l'armée israélienne. Les soldats ont riposté en tirant des gaz lacrymogènes et en ouvrant le feu.

Deux adolescents palestiniens de 17 ans, l'un atteint au visage et l'autre à la poitrine, sont morts, a rapporté le ministère gazaoui de la Santé. Très tôt samedi, un autre Palestinien de 20 ans avait été tué avant le début de la grande mobilisation, alors qu'il prenait part, selon des témoins, à une manifestation nocturne.

En tout, 112 Palestiniens ont été blessés, dont 23 par des tirs à balles réelles, a indiqué le ministère de la Santé.

Les manifestants déterminés

La mobilisation du jour envoie un « message très important » à Israël et à la communauté internationale, a affirmé à l'AFP Bassem Naïm, un haut responsable du Hamas : « des milliers et des milliers de personnes (se réunissent) pacifiquement pour faire entendre leur voix contre les actes d'agression et le siège » imposés par Israël.

Malgré les appels au calme des organisateurs, les manifestants étaient déterminés.

On va à la frontière, même si on doit y mourir. Nous sommes ici à Abou Safia, à l'est de Jabaliya, pour faire partir les juifs de notre terre.

Une citation de : Yousef Ziyada, 21 ans.

Depuis le 30 mars 2018, des milliers de Gazaouis prennent part toutes les semaines aux « marches du retour » le long de la frontière, presque systématiquement accompagnées de violences.

Au moins 259 Palestiniens ont été tués depuis cette date, au cours des manifestations ou dans des frappes israéliennes de représailles à des actes hostiles en provenance du territoire.

Quelques soldats israéliens et des Gazaouis qui manifestent de chaque côté de la frontièreAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des soldats israéliens mobilisés à la frontière alors que des Gazaouis manifestent pour commémorer le premier anniversaire de la «Marche du retour».

Photo : Reuters / Amir Cohen

Pressions politiques

Le Hamas et le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou semblent tous deux être réticents face à un nouvel affrontement. Mais ils sont sous pression.

Le premier a fait face récemment à des manifestations contre le marasme économique à Gaza, qu'il a sévèrement réprimées.

Quant au premier ministre israélien, confronté à une forte concurrence aux élections du 9 avril, il est accusé par ses adversaires de faiblesse face au Hamas.

Le voisin égyptien, intermédiaire traditionnel entre le Hamas et Israël, s'emploie à instaurer une trêve durable.

Ailleurs dans les Territoires palestiniens et aussi en Israël, Palestiniens et Arabes israéliens étaient appelés samedi à prendre part à la « Journée de la terre », hommage annuel à six Arabes israéliens tués en 1976 lors de manifestations contre la confiscation de terres par Israël.

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