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Un rapport préliminaire favorable au projet d'Hydro-Québec dans le Maine

Un pylône d'Hydro-Québec
Hydro-Québec a signé le plus gros contrat d'exportation de son histoire avec le Massachusetts. Pour le réaliser, il doit passer par le Maine. Photo: Radio-Canada
Hugo Lavallée

Le projet d'une nouvelle ligne de transport électrique reliant le Québec au sud du Maine a reçu l'appui de la Commission des services publics de cet État.

Dans un rapport préliminaire publié tard vendredi soir, la Commission estime que le projet aura d'importantes retombées locales et recommande en conséquence l'émission d'un certificat d'autorisation.

« La Commission conclut que les bénéficies associés au développement et à la mise en œuvre de ce projet pour les consommateurs et les citoyens du Maine l'emportent de manière significative sur les impacts négatifs du projet », indique-t-elle.

Selon le document, le projet réduira les coûts d’approvisionnement en énergie pour les résidents du Maine et assurera une plus grande stabilité du réseau électrique. « Les bénéfices pour les consommateurs seront substantiels », note la Commission.

Bien qu'il soit difficile de quantifier précisément les économies potentielles, l'agence réglementaire les évalue, sur la base des études qui lui ont été soumises, entre 14 et 44 millions de dollars par année.

Des centaines d'emplois seront aussi créés durant la construction de la nouvelle infrastructure, ce qui aura d'importantes retombées locales. En contrepartie, note la Commission, l'afflux d'énergie québécoise pourrait entraîner la fermeture hâtive de centrales thermiques, ce qui entraînerait des pertes d'emploi.

Des impacts négatifs sur le paysage...

La Commission des services publics analyse en long et en large l'impact qu'aura la construction d'une nouvelle ligne de transport sur le paysage de l'État, et les conséquences que cela risque d'entraîner pour l'industrie touristique et la préservation du patrimoine naturel. À son avis, l'impact sur le panorama sera « considérable et néfaste », de sorte que le tourisme et l'économie locale en souffriront.

Les auteurs du rapport préliminaire soulignent que des mesures d'atténuation ont été proposées, mais ils estiment tout de même que les coûts seront plus grands que les bénéfices pour les communautés locales.

... mais positifs pour l'environnement

Selon la Commission, le projet entraînera une diminution des émissions de gaz à effet de serre, contrairement à ce qu'avaient avancé certains opposants au projet. Elle rejette aussi les arguments selon lesquels le développement de nouvelles formes d'énergie renouvelable dans l'État du Maine serait entravé par la construction de cette nouvelle ligne électrique.

Les promoteurs se sont aussi engagés à verser des centaines de millions de dollars en compensation au cours des 40 prochaines années pour financer divers programmes de soutien local, souligne-t-elle.

D’autres étapes importantes encore à venir

Le document, préparé par le personnel de la Commission, doit encore être approuvé par les commissaires. Ceux-ci pourraient choisir d'y apporter des modifications ou d’en revoir les conclusions.

D’autres organismes réglementaires devront aussi approuver le projet avant que la construction de la nouvelle ligne de transport puisse aller de l’avant.

Le plus gros contrat de l’histoire d’Hydro

En 2016, le Massachusetts lançait un appel de propositions afin d'acquérir de grandes quantités d'énergie propre à long terme. Hydro-Québec a remporté cet appel de propositions l'an dernier. La société d’État doit en tirer des revenus de 10 milliards de dollars en 20 ans, ce qui en fait le plus gros contrat d’exportation de son histoire.

Avec son partenaire américain Central Maine Power, l'entreprise cherche maintenant à construire une ligne électrique de 340 kilomètres entre les municipalités de Saint-Adrien-d'Irlande et de Lewiston.

La gouverneure de l'État Janet Mills s'est récemment prononcée en faveur du projet, mais l'opposition demeure vive de la part des entreprises gazières bien implantées en Nouvelle-Angleterre. Des groupes environnementaux se sont aussi prononcés contre le projet.

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