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Crise des opioïdes : seuls 15 centres de prévention des surdoses seront financés en Ontario

Une fiole renfermant une dose de naloxone

Le naloxone renverse temporairement les effets d'une surdose d'opioïdes.

Photo : Radio-Canada / Fanny Lachance-Paquette

Des élus et des experts dénoncent la nouvelle stratégie de prévention des surdoses du gouvernement Ford. Seuls 15 des 21 centres de prévention qui ont soumis leur candidature pour obtenir un permis d'exploitation pourront continuer d'offrir leurs services. L'avenir de certains des six autres centres demeure incertain.

Depuis six mois, les centres existants bénéficiaient d'un sursis, mais celui-ci vient à échéance dimanche.

La ministre de la Santé, Christine Elliott, a examiné leurs demandes et a décidé que seuls 15 d'entre eux pourront poursuivre leurs opérations.

Trois des six centres qui ont été écartés sont situés à Toronto.

« Trois des six sites rejetés vont débuter un processus de fermeture progressive », dit l'attachée de presse de la ministre Christine Elliott, Hayley Chazan.

« Le permis du centre situé dans les bureaux de Santé publique Toronto, ainsi que ceux de deux centres de London ont été suspendus dans l’attente d’un nouvel examen ».

Six des « centres de consommation et de traitement » autorisés se trouvent à Toronto, en plus de trois à Ottawa, d'un à London, Kingston, Hamilton, Thunder Bay, Guelph et St. Catharines.

Ils recevront un financement provincial jusqu'au 31 mars 2020.

À Ottawa, le centre d'injection supervisée de la rue Clarence, dans le marché By, ne fait également pas partie de la liste des établissements autorisés par la province.

Donna Casey, porte-parole pour Santé publique Ottawa, dit que l'organisme est « déçu » de la décision de ne plus financer le centre d'injection supervisée de la rue Clarence.

« À court terme, Santé publique Ottawa continuera d'offrir des services au 179 rue Clarence ».

Levée de boucliers

Par voie de communiqué, le maire de Toronto, John Tory, s'est dit « profondément troublé par cette annonce subite ».

« Nous sommes en plein cœur d'une épidémie de surdose et les centres de prévention sont l'un des meilleurs outils dont nous disposons actuellement pour aider à sauver des vies », ajoute le maire qui précise n'avoir reçu « aucun avertissement au préalable ».

Même son de cloche de la part du conseiller municipal, Joe Cressy, qui préside le Conseil de la santé publique de Toronto.

Il a qualifié la décision « d'inacceptable ».

« Nous sommes en plein milieu d'une crise, nous devrions ouvrir plus de centres et non en fermer ».

La possibilité d'ouvrir 21 centres à l’échelle de la province était d'ailleurs déjà insuffisante selon plusieurs intervenants en réduction des méfaits étant donné l’ampleur de la crise.

L'intervenante en réduction des méfaits, Zoe Dodd, a exprimé sa colère sur Twitter et s'est dite « triste » d'apprendre la nouvelle.

La députée néo-démocrate et porte-parole du NPD en matière de santé mentale et de toxicomanie, Bhutila Karpoche, estime qu'il « est tout simplement inacceptable que les progressistes-conservateurs de Doug Ford mettent en danger la vie des gens en refusant l’approbation de six sites de prévention des surdoses ».

Elle prévient que les urgences des hôpitaux devront payer les frais de cette décision et offrir des soins à plus de patients victimes de surdoses. « Nous devons donner aux personnes souffrant de dépendance une chance de survivre. Pour certains, cette décision impitoyable pourrait éliminer cette chance. »

Le portrait d'une femmeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Bhutila Karpoche

Photo : Radio-Canada / CBC News

En Ontario, les morts liées aux surdoses d'opioïdes sont en augmentation constante depuis 2003.

Plus de 1 200 personnes en sont mortes des suites d'une surdose dans la province en 2017, selon Santé publique Ontario.

Plus de 600 utilisateurs d'opioïdes ont perdu la vie au cours des six premiers mois de 2018, selon les dernières données disponibles.

Par courriel, la médecin-hygiéniste en chef de Toronto, Eileen de Villa, a déclaré que son bureau venait de recevoir les détails du nouveau plan et qu'il était en communication avec le ministère de la Santé de la province.

« Dans l'intervalle, Santé publique Toronto continuera d'offrir ses services actuels de consommation supervisée et d'autres services de prévention. Les surdoses sont un grave problème de santé publique et cette crise reste urgente. »

Christine Elliott défend son plan

La ministre de la Santé parle d'un système « interconnecté ».

Nous avons donc créé un nouveau modèle de sites de consommation et de traitement qui continuera de sauver des vies en prévenant les surdoses et en orientant les personnes vers des soins primaires, un traitement, de la réadaptation et d'autres services sociaux et de santé afin de s'assurer que les personnes toxicomanes obtiennent l'aide qui leur est nécessaire.

Christine Elliott, ministre de la Santé et des Soins de longue durée
Une femme aux cheveux blonds portant une robe bleue devant un microAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La ministre de la Santé, Christine Elliott

Photo : La Presse canadienne / Tijana Martin

Les critères du ministère de la Santé

Les candidatures de sites de consommation et de traitement ont été examinées en fonction des critères du programme, dont les suivants :

  • répondre aux besoins locaux;
  • offrir des services de santé et sociaux intégrés et globaux;
  • fournir la preuve d'un soutien communautaire et démontrer un engagement en matière de mobilisation communautaire continue;
  • tenir compte de la proximité d'autres sites de consommation et de traitement, ainsi que de services de garde agréés, de parcs et d'écoles;
  • respecter les critères et les lois concernant l'accessibilité. 

Source : Ministère de la Santé de l'Ontario

Au mois d’octobre dernier, le gouvernement ontarien a adopté une nouvelle stratégie pour lutter contre les dépendances aux opioïdes et à d'autres drogues.

Ces centres de consommation et de traitement remplaceront les anciens modèles de centres de consommation supervisée et de prévention des surdoses.

Les centres de prévention des surdoses existants pouvaient faire une demande pour continuer à fonctionner selon le nouveau modèle.

Cette nouvelle stratégie continuera d’offrir des services de prévention des surdoses et de réduction des méfaits, mais les intervenants auront aussi le mandat de diriger les utilisateurs vers des services de traitement et de réinsertion.

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Toronto

Crise des opioïdes